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PATINAGE
LAMBIEL GLOBE-TROTTER
Jeune retraité, il parcourt le monde pour ses galas. Le patineur valaisan passe en coup de vent en Suisse, pour les Championnats d’Europe à Berne, où il fait ses débuts de commentateur.

Par Laurent Favre - Mis en ligne le 25.01.2011

On l’a retrouvé tel qu’on l’avait quitté. Gentil, sympa, frais, authentique. Artiste mais pas star pour un sou, impossible à joindre mais très disponible une fois présent. Toujours intéressé par la mode et patient face au photographe. Se réjouissant de la naissance prochaine du premier enfant de son jeune frère Christophe. Bien élevé, s’excusant d’avoir oublié d’amener ses patins, remuant le Bas-Valais un dimanche après-midi pour dénicher une paire de remplacement (que nous prêtera finalement fort aimablement le bar Le Quadrige, à Saxon). Capable d’acheter un smoking Tom Ford «pour l’avant-première de James Bond à Lucerne», et 128 rouleaux de papier-toilette d’un coup «parce qu’il y avait une action». Et de les faire voisiner sans gêne dans le coffre de son SUV blanc! Du pur Lambiel.

Le risque était faible, mais il y avait tout de même une possibilité de le retrouver sinon aigri, du moins amer. Une retraite sportive à 25 ans, précipitée par des blessures récurrentes et conclue sur une frustrante médaille en chocolat aux Jeux olympiques de Vancouver, en février 2010, aurait de quoi laisser insatisfait. Ce n’est pas le genre de la maison. «Je n’ai aucun regret, affirme Stéphane. J’aimais ce que je faisais, mais j’ai rempli tous mes objectifs sportifs. Après les JO, j’ai été déçu une semaine, pas plus. J’avais fait le maximum.» Confidente de toujours, sa mère Fernande confirme. «Je le trouve bien. Quand le corps dit stop, il faut savoir l’accepter. Il l’a accepté.»

CONTRAT EN SIBÉRIE

Stéphane Lambiel aurait voulu dépérir qu’il n’en aurait pas eu le temps. Passé professionnel, le double champion du monde 2005 et 2006 enchaîne les galas. Et comme les principales tournées sont américaines, russes ou japonaises… Plus Saint-Exupéry que Petit Prince, il passe son temps dans les avions. «Par chance, je dors facilement six heures sur un vol long-courrier.» Swiss, l’un de ses partenaires, l’upgrade lorsque c’est possible. «Je ne considère jamais un vol comme du temps perdu. J’en profite pour déconnecter, réfléchir. Je consulte mon agenda, j’y ajoute des notes.» «Il voyage énormément, souligne son agent, Marc Lindegger. Ces derniers mois, il s’est rendu deux fois au Japon, en Chine, en Corée, au Vietnam, au Kazakhstan, en Ukraine, en Roumanie et avait même un engagement en Sibérie, mais le gala a été annulé.»

S’il fallait une preuve de sa popularité en Asie, la voici: cet automne, un groupe de 27 fans japonais (26 filles et 1 garçon) est venu deux jours sur ses traces. Une sorte de pèlerinage organisé par un tour-opérateur nippon. Au menu, visite de la patinoire de Malley, de la boutique de mode lausannoise où Stéphane a joué les mannequins, un passage au musée olympique (il venait d’y faire don de sa combinaison zébrée des JO de Turin), un entraînement aux Vernets puis un repas avec leur idole. «Les filles ont tiré au sort le droit d’être assises à ses côtés», se souvient le photographe Lionel Flusin, témoin amusé de la scène. «Ils sont incroyables», s’étonne Stéphane, qui possède un fanclub au Japon, en Corée et en Russie.

Finalement, ce qui a le plus changé, ce sont les rapports humains. Moins athlète, plus artiste, il voit un peu moins Majda Scharl, sa préparatrice physique, et un peu plus sa chorégraphe, Salomé Brunner. Il a appris à apprécier son vieux rival Evgueni Plushenko. «Depuis Vancouver, nous partageons l’affiche de presque tous les galas. Il est très ouvert, très proche des enfants. On s’entend vraiment bien désormais.» Il a aussi appris à mieux connaître son corps. «J’ai trouvé la routine qui me permet de m’entraîner sans me blesser.» Cela ne signifie pas qu’il évite les sauts. «Je tente toujours le quadruple et le triple axel. Celui-là, quand je le réussis, ça me donne encore des frissons.» Souvent, Peter Grutter n’est pas très loin. Le vieux maître n’est plus son entraîneur, mais il demeure un guide. «Je vois M. Grutter chaque fois que je vais à la patinoire des Vernets, où il entraîne de jeunes patineurs. Sa présence me fait du bien. Quand il n’est pas sur la glace, ça me fait drôle.»

Comme il doit lui faire drôle de se retrouver aux Championnats d’Europe à Berne. Stéphane Lambiel y est pour la semaine le consultant de la TSR. «J’ai envie de montrer le côté sportif du patinage à des gens qui pensent souvent que c’est facile ou qui ne comprennent pas pourquoi des patineurs chutent. Je ne sais pas si cela sera matériellement possible, mais j’ai très envie de descendre en zone mixte pour réaliser des interviews à chaud de certains athlètes. Je sais ce que l’on ressent dans ces moments-là et j’aimerais le faire partager aux téléspectateurs.»

Le dimanche, il descendra sur la glace et patinera lors du gala de clôture. Un honneur normalement réservé aux médaillés. Il endossera alors son véritable costume: celui de showman. «Enfant, je rêvais d’être un champion, mais j’imaginais aussi la suite. Je me souviens d’être allé voir Le fantôme de l’opéra à la patinoire de Sierre. Je crois bien que c’est le premier spectacle que j’ai vu de ma vie. Ça m’avait profondément marqué.» Devenu adulte, Stéphane Lambiel est revenu à Sierre. Il s’est demandé comment il avait bien pu trouver de la magie dans cette patinoire, mais la fascination du spectacle ne l’a jamais quitté.

Championnats d’Europe, à Berne jusqu’au 29 janvier. Gala le 30 janvier.
Art on Ice, à Malley Lausanne, les 8 et 9 février. www.artonice.ch Location au 0900 800 800 ou www.ticketcorner.ch
Remerciements: Bernard Karrer et l’aéroport de Sion, Thierry Vouillamoz et le Phenom Club, Freitag, Levi’s, Globus, Yakisté, Pomp it up.

 



 

STAR EN ASIE, LE PLUS ARTISTE DE NOS SPORTIFS A PRIS SON ENVOL. LIBRE COMME L’AIR

 

DEUX TOURS DU MONDE

Stéphane Lambiel ne cesse de voyager depuis l’arrêt de sa carrière amateur en mars 2010. Principale destination: l’Asie. première A Berne, pour les Championnats d’Europe de patinage artistique, il fera ses débuts de consultant au micro de la TSR.

ZÉRO Depuis sa retraite, il n’a plus été blessé.

NEUF Vedette du spectacle Art on Ice, il patinera six fois à Zurich, une fois à Saint-Moritz et deux fois à Lausanne, les 8 et 9 février.

QUARANTE-HUIT Un groupe de vingt-sept fans japonais est venu le voir en octobre pour un pèlerinage express de 48 heures. Les fans (95% de filles) ont tiré au sort l’honneur d’être assis à côté de lui à table.

SIX En avion, il est capable de dormir six heures de suite. Une chance sur les vols long-courriers.

VINGT-SIX Il aura 26 ans le 2 avril prochain.



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Tags: Stéphane Lambiel, patineur, Valais, galas, commentateur, TSR, Championnats d'Europe Aller en haut de page Haut de page

 

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