Mille cent postes supprimés chez Novartis, 500 au Credit Suisse, 400 à l’UBS, 225 postes biffés chez Alpiq, 182 emplois coupés chez Swissmetal à Soleure, près de 700 qui passent à la trappe en Argovie chez Alstom, 55 aux Forces motrices bernoises, 90 chez Kudelski, 200 chez SR Technics à Zurich, 30 à l’Union bancaire privée à Genève... Il n’est quasiment pas un jour sans une nouvelle annonce de licenciements. La liste est longue (lire ci-contre) sans compter tous ceux qui ne parviennent jamais aux oreilles du public. En à peine six mois, on a ainsi relevé plus de 4600 postes supprimés dans notre pays. Des hommes et des femmes qui se voient mis soudain à la porte de leur entreprise. Mais quand l’hémorragie va-t-elle s’arrêter? «On estime que le taux de chômage va s’élever à 3,7% à la fin de l’an prochain», estime Serge Gaillard, chef de la division du travail du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). Une augmentation de près de 1% qui représente 40 000 demandeurs d’emploi de plus dans notre pays. «Deux facteurs déterminants président à cette situation, poursuit l’économiste. D’abord le franc fort. Même si la BNS a établi un plancher à 1 fr. 20 pour 1 euro, le franc s’est tout de même apprécié de 20% par rapport à fin 2009. Ensuite, l’incertitude quant à la conjoncture européenne s’est fortement aggravée ces derniers mois, désécurisant l’ensemble des entreprises.»
MALAISE
Reste un certain malaise lorsque le simple citoyen suit la courbe des licenciements tout en constatant que le Credit Suisse, par exemple, annonce tout de même un rendement de près de 12% ou que Novartis réalise 28% sur les neuf premiers mois de l’année. «Les banques se trouvent sous une pression énorme, constate Serge Gaillard. D’une part, elles subissent l’effet du franc fort avec des coûts en francs suisses et des recettes majoritairement en euros ou en dollars. D’autre part, elles doivent s’adapter aux nouvelles législations qui vont avoir un effet amincissant sur leurs marges. Cela dit, je ne veux pas justifier les licenciements.» Pour les spécialistes, le secteur financier est aujourd’hui assez clairement surdimensionné. «On constate que les volumes d’affaires sont en diminution, remarque Michael Gerber, analyste dans la société financière genevoise Fundana SA. Dès lors, il apparaît normal que l’industrie financière s’adapte à cette nouvelle donne. Par ailleurs, les taux de rendement ne disent rien de la situation future. Les entreprises cherchent à mettre sur pied une structure de coûts qui leur semble la plus adaptée possible pour l’avenir.»
Il s’agit plutôt d’une question d’équilibre: jusqu’où une rationalisation est-elle suscitée par les perspectives conjoncturelles et structurelles du secteur ou par la volonté des entreprises de paraître meilleur élève que ses concurrents en effectuant des coupes pas forcément nécessaires mais visant à plaire aux investisseurs? Si faire le tri est fort ardu, dans l’intervalle, on ramasse les employés sur le carreau à la pelle...
SUPPRESSIONS DE POSTES EN SÉRIE DEPUIS SIX MOIS
1100 chez Novartis (industrie pharmaceutique)
500 au Credit Suisse
400 chez UBS
182 chez Swissmetal, à Soleure (métallurgie)
200 chez SR Technics, à Zurich (maintenance d’avions)
90 chez Kudelski, à Cheseaux (VD) (gestion de système d’accès)
225 chez Alpiq en Argovie (société énergétique)
580 chez Huntsmann, à Monthey et à Bâle (chimie)
700 chez Alstom en Argovie (société énergétique)
200 chez Swissprinters, à Saint-Gall et à Zurich (imprimerie)
55 aux Forces motrices bernoises
25 chez Cotecna, à Genève (inspection et certification)
70 chez Manor
30 à l’Union bancaire privée, à Genève
41 chez Landqart, dans les Grisons (papier de sécurité)
42 chez Saber Swiss Quality Paper à Soleure (papier)
9 chez Bien-Air à Bienne et à Saignelégier (instruments médicaux)
8 à la Banque Pictet, à Genève
8 chez Contrinex, à Givisiez (FR) (fabricant de capteurs)
Par ailleurs, on attend l’annonce d’une centaine de licenciements dans la banque Julius Bär.