L’esprit de contradiction va de pair avec le caractère libertaire. C’est ainsi qu’adolescent déjà, Georges Brassens, répondant à un prof qui ne comptera pas pour rien dans son éducation poétique et littéraire (c’est Alphonse Bonnafé), s’écrie: «Dès qu’on m’impose quelque chose, je n’ai plus envie de le faire.» Nous sommes à Sète, en 1939, à l’heure où les grandes puissances s’apprêtent à «remettre ça». Georges Brassens a 18 ans, ne sait pas encore très bien s’il sera écrivain, poète ou chanteur, mais sait qu’il le fera à sa manière. Comme tous les ados, Georges est dragueur, hâbleur, charmeur, bagarreur, provocateur, glandeur, un peu voleur. Et il s’entend dire: «Qu’est-ce qu’on va faire de toi, fils?» Après avoir dérobé des bijoux, ce qui lui vaudra sa «mauvaise réputation» et déshonorera sa mère, condamné puis viré du collège (mais invité par Bonnafé à «bouffer» du Villon, du Baudelaire, du Rimbaud), il monte à Paris. La capitale, ce sera l’impasse Florimont, la rencontre avec Jeanne et Marcel, la première guitare, la pipe offerte par son père, la moustache, les carnets que l’on remplit de mots, toutes ces chansons dans la tête. Jeanne, de trente ans son aînée, l’aime, Georges écrit des vers, Marcel les écluse. Il n’y a rien à bouffer. A part la vie, les filles, l’envie. Puis il y aura Patachou, les débuts sur scène d’un géant de la chanson française…
Parmi les nombreuses émissions commémoratives qui marquent les trente ans – c’était le 29 octobre 1981 – de sa mort (Le regard de Georges Brassens, vendredi 21, TSR2; Chabada, dimanche 23; Brassens est en nous, lundi 24; Nous nous sommes tant aimés, mardi 25, tous sur France 3…), on conseillera particulièrement ce téléfilm chaleureux, simple et beau, drôle et triste comme une chanson de Brassens.
A la fin, comme l’anar pour l’art, on a envie de lever son verre et de crier: «Mort aux cons!»
Retrouvez les émissions de votre soirée sur notre site, et davantage de programmes grâce au lien www.tv8.ch