Cette histoire est celle d’une jeune femme à qui tout sourit. Tatiana Blatnik, qui ravit aujourd’hui 25 août le cœur de l’un des derniers célibataires de sang bleu d’Europe, incarne la beauté, l’élégance et la réussite. Des qualités qui ont pour racine son éducation en Suisse, à la JFK International School de Saanen et à l’Aiglon College de Villars.
FIANCÉE PARFAITE
La rumeur dit que le prince Nicolas de Grèce serait tombé amoureux d’elle en 2003 sur les pistes de ski de Gstaad, où vit toujours la mère de Tatiana. Il avait alors 34 ans, elle en avait 23. Depuis lors, le couple n’a cessé de s’afficher publiquement, à l’occasion de nombreux mariages et baptêmes princiers de la famille étendue de Nicolas (lire l’encadré). Belle, cultivée, discrète, financièrement indépendante et toujours bien habillée – elle travaille pour la styliste Diane von Fürstenberg –, Tatiana a le profil idéal d’une princesse du XXIe siècle. Pas étonnant donc qu’elle ait tout de suite fait rêver les fanatiques des royals sur les forums internet et suscité la curiosité en raison de son passé mystérieux.
La presse internationale a eu beau chercher, pas grandchose sur elle n’a encore été révélé. Née au Venezuela et arrivée en Suisse à l’âge de 3 ans, elle y a effectué toute sa scolarité avant de partir étudier la sociologie à la prestigieuse Georgetown University de Washington DC. Après avoir suivi, à nouveau en Suisse, une formation en relations publiques, elle vit et travaille aujourd’hui à Londres comme porte-parole pour la styliste Diane von Fürstenberg. Afin d’en savoir davantage sur elle, L’illustré est allé sur les lieux de son enfance.
CHARMANTE, DISCRÈTE ET ZÉLÉE
«C’était une enfant adorable», se souvient Bryce Lovell, fils du couple de propriétaires et directeurs de la John F. Kennedy International School, à Saanen, près de Gstaad, où elle a séjourné de 5 à 14 ans. «Elle a toujours été polie, discrète et très mignonne. Elle skiait tous les jours et très bien!» poursuit celui qui a grandi au côté de la nouvelle princesse de Grèce, dans cette école primaire réputée des milieux anglo-saxons.
Du côté de l’Aiglon College, où Tatiana a vécu de 14 à 18 ans (promue en 1998), même son de cloche. Le directeur de l’établissement, Richard McDonald, ne tarit pas d’éloges à l’égard de son ancienne élève. «Elle était charmante, pas vraiment timide, mais très discrète. Grande travailleuse, elle avait d’excellents résultats et a même été sacrée première élève de sa promotion.» Candidate au ALevel, une sorte de baccalauréat international prestigieux qui offre une étude approfondie de quatre matières à choix, elle a obtenu la meilleure note en français, en espagnol, en histoire et en théâtre. «Elle n’était pas excessivement sportive, contrairement à son frère Boris qui passait son temps à skier, mais qui n’avait pas du tout son zèle pour l’étude», témoigne encore Richard McDonald. Adolescente, avait-elle déjà un goût prononcé pour la mode? «Elle se distinguait en créativité, répond-il. Elle était notamment très douée pour le théâtre et a joué l’un des rôles principaux dans la grande pièce annuelle.» Dans The Importance of Being Earnest, la fameuse comédie d’Oscar Wilde, elle interprétait Gwendolen avec talent.
LE PRIVÉ SUISSE, UNE ÉCOLE DE VIE POUR NANTIS
Pas spécialement de prédispositions à la mode donc, mais bien aux relations publiques, à en croire Richard McDonald: «Très impliquée dans la vie du collège, elle était membre du comité des activités sociales, une association d’élèves qui organisait diverses fêtes et événements au cours de l’année.» En plus de ses professeurs, elle était très appréciée des élèves. Dans un rapport datant de son internat, il est écrit qu’elle était «solide comme un roc»: «Quand tout autour d’elle dégénère en hystérie, poursuit le rapport, elle reste toujours calme, sensible et mature.» Plus inattendu, la jeune fille s’impliquait aussi pour les enfants de Villars, en s’étant portée bénévole pour entraîner l’équipe de foot du village.
Car selon son directeur, l’Aiglon College a la vocation d’ouvrir les yeux de ses élèves sur la réalité du monde. Outre l’exigence académique et sportive, l’école inculque le sens de la responsabilité à des enfants qui viennent pour la plupart de familles prestigieuses. L’Aiglon College est d’ailleurs une des six écoles fondatrices de Round Square, une association internationale d’écoles privées qui promeut les principes pédagogiques du Dr Kurt Hahn. Par un joli hasard, l’association est codirigée par Sa Majesté Constantin II, le beau-père de Tatiana, ce qui l’a amené à prononcer le discours de la remise des diplômes à l’Aiglon en 1994, année d’entrée de la future princesse au collège. «Dans ce cadre, il est aussi venu dîner plusieurs fois chez moi», se réjouit Richard McDonald. Fort de cette amitié avec la famille royale grecque, le directeur de l’Aiglon College se voit-il aussi éduquer les futurs enfants de Tatiana et de Nicolas? «Ça, ce sont eux qui le décideront!»
UNE ROYAUTÉ «TRANSEUROPÉENNE»
La famille royale grecque est parente avec les cours du Danemark, de Suède et d’Espagne.
Pour ceux à qui cela aurait échappé, Nicolas est l’un des quatre enfants de l’ancien roi Constantin II et de l’ancienne reine Anne-Marie de Grèce, qui ont été condamnés à l’exil depuis le coup d’Etat des Colonels en 1967. Réfugiés à Rome dans un premier temps, ils y donnent naissance à Nicolas en 1969. Quatre ans plus tard, la monarchie hellène est abolie par un double référendum. Depuis, ils vivent en Angleterre, où Constantin II, par ailleurs membre du Comité international olympique, est conseiller en relations publiques de plusieurs sociétés. Avant d’avoir le coup de foudre pour Constantin II à 18 ans, Anne-Marie était princesse de Danemark. Troisième et dernière fille du roi Frédéric IX de Danemark et de la reine Ingrid de Suède, elle est aussi la cousine de Charles XVI Gustave, actuel roi de Suède. Par conséquent, Nicolas et ses quatre frères et sœurs ont tous le titre de «prince(sse)s de Grèce et de Danemark». Et Constantin II étant le frère de la reine Sofia d’Espagne, qui a épousé le roi Juan Carlos Ier, le prince Nicolas et le prince Felipe sont également cousins. Cet arbre généalogique est certes un peu compliqué, mais il a au moins donné l’occasion au prince Nicolas de balader sa dulcinée dans toutes les cours d’Europe avant d’en faire une princesse.