Par
Michel Jeanneret - Mis en ligne le 29.11.2011
Quelle claque! Au final, Christoph Blocher, Toni Brunner, Caspar Baader, Jean-François Rime, Guy Parmelin et les autres ténors lancés par l’UDC dans la course au Conseil des Etats ont tous mordu la poussière. Pour justifier pareille défaite alors qu’ils avaient affiché de grandes ambitions, les représentants de la droite nationaliste rejettent la faute sur l’ensemble de la classe politique qui se serait liguée contre eux. L’excuse n’est pas totalement fausse, mais elle ne parvient pas à cacher la crise dans laquelle se retrouve une Union démocratique du centre sans programme concret, sans personnalités pour assurer la relève et, surtout, prisonnière d’un style qui ne passe plus mais dont elle ne peut s’affranchir car il est désormais ancré dans ses gènes.
Posture dénonciatrice perpétuelle, stigmatisation des étrangers, manipulation des statistiques, simplification de la réalité, attaques personnelles mâtinées d’une ironie malsaine, langage guerrier et slogans réducteurs: l’UDC a tenu sa ligne avec tant de rigueur et d’application que s’en détourner pour adopter un profil plus policé reviendrait à nier l’essence même du parti, contrairement à ce qu’affirme l’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi (lire son interview en page 38). Car la raison d’être de l’UDC, son unique vocation est de fédérer les mécontents dans un mouvement qui ressemble à celui que fait le poing lorsqu’il tape sur la table. Qu’elle civilise son discours, nuance ses positions et l’UDC égarera ses supporters les plus radicaux dans les rangs d’une droite encore plus dure. Qu’elle maintienne contre vents et marées son style agressif et elle s’effritera encore au profit des nouvelles formations conservatrices et de la droite traditionnelle. Difficile de sortir de l’impasse.
La défaite de l’Union démocratique du centre, c’est la victoire de la politique. La reconnaissance de celles et ceux qui s’impliquent pour essayer de trouver des solutions à travers un véritable engagement. La démonstration, si besoin était, que la politique ne se fait pas à coups de slogans. Et qu’à force de tout stigmatiser l’UDC a fait d’elle-même un cliché. Un cliché aujourd’hui éculé.