Elle aurait dû finir ses études d’économie, à Lugano, en juin dernier, mais elle a choisi d’avancer ses examens au mois de janvier. Son diplôme en poche, Xenia Tchoumitcheva, 21 ans, a aussitôt commencé une nouvelle vie, plus large, plus internationale. Toujours ancrée en Suisse, dans sa chère ville de Lugano, la belle Tessinoise d’origine russe regarde pourtant de plus en plus au-delà de nos frontières: elle travaille désormais pour l’agence de mannequins Elite, la plus glamour et la plus prestigieuse du monde, et elle vient de tourner, à Hollywood, un premier rôle dans un film américain. Nous l’avons rencontrée dans un hôtel à Berne, au lendemain d’une soirée où elle travaillait comme DJ dans une disco. Souriante, drôle, dynamique… Et séduisante, évidemment!
En entrant à l’agence Elite, vous avez commencé une nouvelle vie?
Elite, c’est bien, parce que ça veut dire qu’on a de bons contrats et qu’on peut devenir top-modèle, mais c’est un peu réducteur. Ce n’est pas toute ma vie! J’aime poser pour des photos, je suis contente d’avoir déjà fait une campagne nationale aux Etats-Unis pour une marque de maillots de bain, mais mon vrai rêve, c’est d’avoir un jour une émission de télévision où je recevrais des intellectuels, des économistes, des politiques.
En attendant, vous avez aussi décroché un rôle dans un film américain?
Oui, je suis restée dix jours à Hollywood le mois dernier, et j’ai joué un petit rôle. Je joue une fille qui est serveuse dans un bar et qui se retrouve sans rien à faire: tous les hommes sont partis à la guerre et il n’y a plus de clients. Alors, elle parle avec sa cheffe de toutes sortes de choses.
Ça doit faire un pincement au cœur, de débarquer à Hollywood?
C’était très curieux, c’était la première fois que j’y allais et j’avais un peu l’impression d’être une touriste. Mais Hollywood, ça ne me plaît pas trop, parce que c’est très superficiel, très fake. C’est un monde d’apparences! Il y a les vrais artistes, bien sûr, qui aiment ce qu’ils font et que je respecte infiniment, mais il y a aussi beaucoup de fausseté et d’illusion. Et il n’y a pas de culture, il n’y a pas d’intellectuels à Hollywood, alors que c’est ce que j’aime le plus.
Mais vous aimez être actrice?
Oui, j’avais d’ailleurs pris des cours de théâtre, pendant deux ans, quand j’étais plus jeune. J’adore danser, jouer des rôles, créer de la musique.
Vous avez aimé Los Angeles?
Oui, mais je préfère New Yok, où je suis déjà allée plusieurs fois. Si je dois dire ma ville préférée dans le monde, ce n’est pas New York, c’est Londres, où j’ai travaillé une année dans un hedge fund. Parce que Londres est aussi internationale que New York, mais qu’elle a beaucoup plus de culture et d’histoire. Par exemple, si je vais dans le restaurant le plus renommé et le plus cher de Los Angeles, je vois des serveuses qui ne sont pas stylées et qui n’ont pas de bonnes manières. Or, j’aime les bonnes manières! Je vois aussi beaucoup de gens habillés de manière vulgaire ou qui ont subi des opérations de chirurgie esthétique qui ont visiblement raté. C’est un peu caricatural.
Entre vos études d’économie et votre vie de mannequin et de comédienne, vous devez quand même choisir?
Je voudrais lier les deux! Je suis très à l’aise devant la caméra, mais j’ai aussi besoin d’un côté plus sérieux. A Hollywood, il me manque le côté finance, le côté business, le côté politique internationale. Mais si je travaillais tous les jours dans une banque, je suis sûre que c’est tout mon côté artistique qui me manquerait. Il faut que je trouve le bon équilibre!
Vous aimez vous sentir belle?
Oui j’adore! Mais mon objectif, c’est de créer une émission à moi, où je pourrais rencontrer des gens intéressants et organiser des débats d’idées. J’ai un projet qui devrait aboutir d’ici à quelques mois, mais je ne peux pas donner de détails. On commencera par des thèmes life style, comme la production, la culture, la tradition du vin. On a déjà commencé à travailler et à enregistrer des images, et on va continuer pendant l’été. Ce sera en anglais, ce sera un concept multimédia original.
«Oui, j’adore me sentir belle!»
Vous voudriez que les gens vous perçoivent comme une jeune femme à la fois belle et intelligente?
Je veux simplement que les gens me voient comme je suis! Quand ce n’est pas le cas, je ne me sens pas très bien, c’est normal.
Qu’allez-vous faire cet été?
Je vais surtout travailler! (Rire.) Ce soir je vais à Londres, demain je retourne à Los Angeles pour une nouvelle campagne de photos, pour des vêtements aussi, et je reviens dans dix jours. Je dois mixer à la Street Parade, à Zurich. Je n’ai pas prévu de vacances, mais j’espère quand même aller quelques jours à Saint-Tropez, aux Baléares, à Londres peut-être.
Quel est votre régime beauté pour l’été?
Faire du sport! Je fais du fitness toute l’année et, en été, quand j’ai le temps, je fais un peu tous les sports: beach volley, natation… Je sais que je devrais faire attention à ce que je mange, mais pour l’instant je ne fais pas très attention. Parce que je suis trop gourmande! (Rire.) Et puis j’aime bien le vin! Je n’en bois pas beaucoup, mais j’aime déguster de bonnes bouteilles. Le vin, d’ailleurs, on dit que c’est bon pour la santé!
Les hommes vous draguent beaucoup?
Hum, je ne sais pas. (Rire.)
Votre beauté les intimide?
Hum, pas tous. Hier soir, j’ai travaillé comme DJ dans un club et, après la soirée, on est allés boire quelque chose avec l’organisateur. Il m’a demandé: «Ça ne te dérange pas que tous les mecs te regardent?» Mais je suis tellement habituée que je ne le vois même plus! De toute façon, si un mec a confiance en lui, il n’aura pas de problème à venir me parler. Je ne suis tout de même pas le seul mannequin au monde!
«Mon mec, il doit absolument être intelligent»
Comment est le mec idéal, pour vous?
Il doit absolument être intelligent et avoir une très grande affinité intellectuelle avec moi. Il doit être ambitieux, aimer la vie, être optimiste, positif…
Il doit être beau?
C’est une bonne question! Quand j’étais plus petite, c’était important. Mais ça ne l’est plus aujourd’hui. Ce qui est important, c’est le charme: il faut qu’il y ait une espèce d’énergie intérieure…
Il doit aussi être riche?
Non, mais il doit être ambitieux. S’il est pauvre et ambitieux, ça va. Mais s’il est pauvre et qu’il veut rester pauvre, alors non! (Rire.) Parce que ce ne serait pas fun!
Etes-vous amoureuse en ce moment?
Non. L’amour, en ce moment, ce n’est pas la chose principale pour moi. J’ai beaucoup d’amis, j’ai mes parents qui sont très importants, je suis connectée avec beaucoup de gens… Je suis tellement focalisée sur ma vie professionnelle que je n’ai pas le temps de construire une relation sentimentale. Et puis l’amour, c’est toujours imprévisible! (Rire.)
Vous aimez aussi la mode?
J’adore! Je suis une esthète, j’adore les belles choses, le fashion, l’art. Je vais souvent au musée. Quand j’était petite, je dessinais aussi des tableaux. J’en fais encore, de temps en temps, quand j’ai un peu de temps. Mais ce que j’aime le plus, c’est lire! J’ai toujours des journaux et des livres avec moi. Je dis d’ailleurs à tout le monde: «Lisez, lisez, lisez!»
Que lisez-vous en avion?
Le Wall Street Journal, l’International Herald Tribune, les journaux locaux… Et des romans. J’ai bien aimé Le maître et Marguerite, de Boulgakov, j’adore Dostoïevski…
Mais Dostoiëvski, c’est le sens tragique de la vie, alors que vous cultivez plutôt le sens heureux de la vie.
Oui, mais j’aime aussi me confronter à d’autres réalités. Ça me fait réfléchir.
Vous êtes parfaitement heureuse, aujourd’hui?
Je pourrais dire que je suis heureuse à 80-85%. Je serai à 100% quand j’aurai trouvé ma voie précise, c’est-à-dire quand j’aurai mon émission de télé! (Rire.) Je voyage, je suis bookée, je suis très sollicitée. J’aime cette adrénaline que tout cela provoque, c’est un stress positif. Je sais que j’en ai besoin pour me sentir bien! Quand je suis à Lugano, le premier jour je suis contente, le deuxième je trouve que c’est un peu calme et le troisième je ne sais plus que faire.
Vous aurez 22 ans le 5 août prochain. Il y a deux ans, vous m’aviez dit que vous angoissiez à l’idée d’avoir 20 ans. Le temps passe trop vite?
Oui! J’ai une vie très intense, je fais beaucoup de choses, mais je voudrais faire davantage. J’essaie de vivre dans l’instant, de vivre pleinement chaque instant.
DANS SON BUREAU
MES TROIS INCONTOURNABLES…
MES CHAUSSURES CHANEL
«J’adore les chaussures, j’en ai des dizaines et des dizaines. Chanel, c’est très classique, ça donne une touche d’élégance à tout ce que l’on met. J’ai aussi des chaussures de Louboutin, elles sont très sexy».
MON AUTEURE PRÉFÉRÉE
«Ayn Rand est d’origine russe, mais a immigré très jeune en Amérique. Elle a écrit plusieurs romans où elle explique sa philosophie, qui est fondée sur la liberté, l’ambition, le droit d’être heureux dans la vie. C’est mon idéal! Il y a 1300 pages, je lis lentement pour faire durer le plaisir! (Rire.)»
L’ALLIANCE DE MA MÈRE «
«Quand mes parents se sont séparés, ma mère m’a offert son alliance. C’est moi qui la lui ai demandée, en fait, et elle me l’a donnée. Comme l’alliance est trop grande pour moi, je la porte avec une bague que j’avais déjà.»