Suzanne Vallières est Canadienne, psy, et elle a des trucs. Des clés de compréhension et des pistes d’actions pour amener nos bouts de chou de 3 à 6 ans à passer en douceur les caps importants de leur évolution.
Qu’est-ce qui caractérise le bambin de 3 à 6 ans?
Son monde imaginaire! A 3 ans, l’enfant ne fait pas la distinction entre le réel et l’irréel. Le Père Noël existe vraiment dans sa tête, mais aussi les monstres cachés sous son lit. C’est le grand retour des cauchemars dans son sommeil. Ce qui peut l’aider à dompter sa peur au moment du coucher, c’est d’installer dans sa chambre un piège à cauchemars, objet d’origine amérindienne que l’on trouve aujourd’hui facilement en Europe. On peut même le construire avec son enfant.
A 4 ou 5 ans, il entre à l’école, et pas toujours avec bonheur. Comment l’y préparer?
En lui permettant, avant, de développer le plus possible son autonomie. Pas besoin de savoir lire ou écrire avant l’heure. En revanche, il est très important qu’il puisse se sentir à l’aise: qu’il sache mettre ses pantoufles seul, boutonner sa veste… pour ne pas être celui que l’on doit toujours attendre. Apprenez-lui aussi à utiliser les bases de la politesse: bonjour, merci, s’il te plaît… permet d’entrer en contact avec ses camarades, de faire partie du groupe. C’est très important puisque, en maternelle, l’enfant va à l’école surtout pour être avec ses copains.
S’il doute de lui, que faire?
Le valoriser. C’est la première arme contre la mauvaise image de soi. L’estime de soi d’un enfant est fragile, mise à mal dans la cour de récréation. Et, si un enfant est victime de moquerie à répétition, ne pas hésiter à se déplacer pour en parler à la maîtresse. Elle est souvent plus outillée que les parents pour faire face à la discrimination. On peut aussi donner une pierre de courage aux plus timides. En serrant fort sa pierre dans sa main, votre enfant pourra peut-être dire à sa copine ce qu’il pense de son attitude, avec politesse.
Les chicanes entre frères et sœurs, sont-elles évitables?
Elles sont monnaie courante dans toutes les familles. Moqueries, chamailleries, jalousie mettent à mal les nerfs des parents. Ils rêveraient que leurs enfants vivent toujours en parfaite harmonie, mais c’est un leurre. La rivalité fraternelle est normale, voire bénéfique. Elle leur permet de construire leur personnalité en s’affirmant, en se différenciant. L’occasion, pourquoi pas, de leur apprendre la tolérance, le respect de l’autre, la négociation par l’argumentation.
Quand faut-il réagir? Et comment?
Avant que la querelle ne dégénère en insultes, humiliations ou violence physique, mais pas avant. Ne jamais prendre parti à l’emporte pièce, mais leur donner la responsabilité de trouver la solution à leur désaccord. Et n’hésitez pas à recourir à l’humour. Un éclat de rire devant une querelle vaut souvent mieux qu’un hurlement autoritaire.