Acheter de la nourriture pour son chat? Il y a cinquante ans, on serait passé pour un fou. Aujourd’hui, le marché de la boîte et de la croquette, né aux Etats-Unis et arrivé en Europe dans les années 70, rapporte des centaines de millions rien qu’en Suisse. Mais nos compagnons achèteraient- ils vraiment ces produits? Interview.
Les aliments industriels sont-ils recommandables?
Absolument, c’est un réel plus pour l’équilibre alimentaire de l’animal. Certes, on peut cuisiner pour son chien ou son chat. Mais ça prend du temps et ça coûte trois ou quatre fois plus cher qu’un aliment industriel de qualité.
Pourtant, l’exemple de la vache folle n’est pas rassurant…
Il y a eu beaucoup de dérapages avec les animaux de rente, c’est vrai, parce qu’ils sont nourris à des fins commerciales. Pour les animaux de compagnie, le but recherché est qu’ils vivent bien et longtemps. Je peux vous assurer que les allégations nutritionnelles sur les emballages sont contrôlées et les fabricants amendables s’ils trichent.
La viande crue ne serait-elle pas meilleure?
Pour eux comme pour nous, la digestibilité du cuit est meilleure. Le cuit est assimilé à environ 80%, contre environ 60% pour le cru. Il est vrai qu’on perd notamment des vitamines avec la cuisson, mais les fabricants le savent et compensent cette perte.
Distinguer chiens et chats, n’estce pas juste commercial?
Non. Au fil du temps, le chat est resté un carnivore strict, alors que le chien est devenu un carnivore à tendance omnivore à force de nous fréquenter; d’ailleurs, un chien peut être végétalien, tandis qu’on tuerait un chat en le privant de viande. Ils n’ont pas les mêmes besoins. Par exemple, un chien peut transformer le carotène en vitamine A, alors que le chat doit ingérer cette vitamine pour ne pas être carencé. Ou encore le chien peut synthétiser l’acide arachidonique, qui est un oméga 6, à partir d’autres acides gras, alors que le chat ne peut pas. Les produits industriels contiennent donc des nutriments différents pour l’un et l’autre.
Aliment sec ou humide?
Pour le chien, sec. Ça l’oblige à croquer, c’est bon pour ses dents et donc pour sa santé. Pour le chat, plutôt un mélange des deux, car le chat est un petit buveur et il n’y a que 8 à 10% d’eau dans les croquettes contre 80% dans les boîtes. Mais, s’il a toujours de l’eau à portée, on peut se contenter de croquettes.
Quelle quantité donner?
Les quantités indiquées par les fabricants sont des moyennes. Il faut observer votre animal, voir s’il maigrit ou prend trop de poids. On devrait pouvoir palper ses côtes, sans les voir, quand on le caresse, exception faite des animaux avec une grosse fourrure. S’il y a tant d’obèses aujourd’hui, ce n’est pas à cause des produits industriels, mais parce qu’on leur donne des snacks en dehors des repas et qu’on fait passer notre affection par la nourriture.
On fait un repas ou plusieurs?
Deux repas pour les chiens, matin et soir. Pour les chats, il est dans leur nature de manger peu à la fois mais souvent; alors, c’est à discrétion s’ils sont habitués depuis tout petits ou fractionné en plusieurs repas.
Faut-il varier les marques?
Les animaux n’ont pas besoin d’une variété de goûts comme nous. Si tout va bien avec un aliment, on ne change pas une équipe qui gagne. Mais avec des produits bas de gamme, qui peuvent avoir des carences ou alors des excès, de sel par exemple, il vaut peut-être mieux varier.
Et si l’animal n’aime pas un aliment?
Avec le chien, on peut insister. Mais le chat est une tronche! Et il ne faut pas qu’il jeûne trop longtemps; au bout de trois à cinq jours sans manger, il peut déjà avoir des problèmes.