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DE LA TÉLÉ À LA RÉALITÉ
L’AMOUR ÉTAIT DANS LE PRÉ, POUR DE VRAI
Yoann, éleveur dans le Loiret, cherchait l’âme sœur. Emmanuelle, assistante commerciale en Suisse, était célibataire. Grâce à l’émission «L’amour est dans le pré», diffusée sur M6, ces deux-là se sont trouvés. Nous les avons rencontrés dans le Loiret où, scoop, ils vivent désormais en duo depuis un mois et demi.

Par Marie Mathyer - Mis en ligne le 17.08.2010
Que les cyniques et les blasés s’accrochent: cette histoire est de celles qui font frissonner les midinettes et soupirer les mal aimés. En novembre dernier, Yoann, 34 ans, éleveur de poulets et cultivateur de céréales dans le Loiret, est un cœur à prendre. Sur les conseils de son cousin Edouard, il tente sa chance et s’inscrit à L’amour est dans le pré, téléréalité rurale diffusée depuis cinq ans par la chaîne M6. Le concept de l’émission est simple: des agriculteurs célibataires, isolés tant géographiquement que sentimentalement, font appel à la télévision pour leur dénicher une tendre moitié. A ce jeu-là, Yoann a tout raflé. Il y a gagné l’amour d’Emmanuelle, 27 ans. La Française résidait à Tolochenaz (VD) jusqu’à ce qu’elle défasse officiellement ses cartons chez Yoann, il y a un mois et demi.

C’est là, à nonante kilomètres d’Orléans, assis devant la ferme d’Yves et Marie-Claire, les parents du jeune homme, que nous les avons retrouvés pour évoquer leur aventure. Sous un ciel bleu moucheté de nuages, entre un cageot de tomates qui finissent de bronzer et une brouette de courgettes gigantesques, la jolie brune se rappelle: «En début d’année, je regardais la télévision avec mon père à Troistorrents. Il y avait du foot, j’ai zappé, suis tombée sur la diffusion des portraits des candidats, sur Yoann. Il disait que la vie était faite pour être vécue à deux, il était franc, sensible, clair. Ça m’a touchée. J’ai dit à ma mère: «Tu vois, c’est quelqu’un comme ça qu’il me faudrait.» Elle m’a répondu «chiche» et m’a convaincue que je n’avais rien à perdre à lui écrire.»

SPEED DATING

La Suissesse d’adoption est sélectionnée par le paysan, invitée à se rendre à Paris pour un speed dating. «Et pourtant, il n’y avait rien dans ta lettre. Ni ton âge ni ton travail, se marre Yoann, regard tendre fixé sur sa douce. Tu disais juste que si je voulais te connaître, il fallait te rencontrer.» La missive sobre d’Emmanuelle l’intrigue. «Il faut dire que dans le genre bizarre, quelqu’un m’a écrit «J’aime déjà tes poulets» et une autre m’a envoyé une lettre accompagnée d’une dizaine de photos d’elle déguisée en clown, sa grande passion. Là, franchement, on se dit que des soins psychiatriques seraient plus adaptés qu’une rencontre amoureuse», hallucine le trentenaire.

Dans la Ville lumière, la rencontre fait des étincelles. L’étape suivante, une semaine dans le Loiret avec une autre prétendante, Géraldine, donne l’occasion aux deux soupirantes d’appréhender le quotidien du candidat et de vérifier si l’attirance initiale se confirme. «Ce n’était pas la vie à la ferme qui m’inquiétait, s’enflamme Emmanuelle en désignant le potager et les champs avoisinants. Mes grands-parents sont du Sud-Ouest et j’ai vécu de 7 à 24 ans à la Réunion.

Là-bas, c’est le grand air, la liberté, limite l’esprit terroir.» L’enjeu est donc de savoir si Yoann sera «le bon». La réponse s’impose: Yo et Manue, leurs surnoms respectifs, partagent les mêmes envies. Et à les voir aujourd’hui, gamins déchaînés, se lancer des poignées de grains, initialement prévus pour nourrir les poulets, on devine que le ciment du couple réside aussi dans son sens de l’humour. A l’écran, le couple vit donc ses premiers émois devant les deux caméramans, les deux preneurs de son et la journaliste de M6. Et devant Géraldine, fragile et compliquée, râleuse et difficile. Des sentiments sincères mais qui naissent dans une configuration artificielle.

«On se ressemble: on a le même caractère taquin et optimiste»
Emmanuelle

«D’abord il y a l’équipe de tournage et les caméras, énumère Emmanuelle, entre deux baisers à son chéri. On m’avait dit: «Tu verras, tu les oublieras.» N’importe quoi! C’est plutôt l’inverse qui se produit. Les gars de l’équipe deviennent des potes et ça n’a rien de normal de flirter avec le mec qui te plaît devant témoins!» Sans oublier la concurrence. «J’avais peur que Yoann joue sur les deux tableaux, je voulais qu’il se décide rapidement.» La semaine est intense. «J’ai eu une facture de téléphone énorme! J’avais besoin d’appeler ma mère pour débriefer. Je me réjouissais aussi de rentrer chez moi pour prendre du recul et voir s’il me manquerait, de retour dans mon cadre de vie normal, avec mes repères.»

LES COULISSES DU SHOW

Ce sont ces racines-là que l’agriculteur est venu découvrir en Suisse, la semaine suivante. Au programme: visite de la Gruyère et de Montreux, «les quais sont magnifiques», et surtout balade avec vue panoramique depuis le Goldenpass, «à cause du vertige, j’en garde un souvenir... impérissable». Clou du voyage, la rencontre avec les parents d’Emmanuelle: «Des gens charmants. Logique, les chiens ne font pas des chats.»

A voir certaines situations, à la limite du cliché, le téléspectateur se demande si la production scénarise les séquences. «Non, assure Yoann, soudain sérieux, mais il arrive que le preneur de son demande de répéter ce qu’on vient de dire, s’il n’a pas tout saisi.» «Et c’est surtout au montage qu’ils prennent des libertés», renchérit sa belle. Si le couple se reconnaît dans les épisodes et apprécie que la production ait épargné certaines séquences humiliantes pour Géraldine, éconduite au bout de deux jours, il s’étonne de certains raccourcis. «Ils coupent des bouts de phrases, sortent les propos de leur contexte. Par exemple, on croit que je dis «chouette» quand Géraldine s’en va, alors que je répondais à un ami de Yoann, dont la question a été coupée», décrypte Emmanuelle.

Et puis avec la médiatisation, viennent les rumeurs qui bourdonnent comme les guêpes sur le melon du goûter de cet après-midi d’été. Les candidats seraient payés par M6. Le couple serait factice ou déjà marié. Il n’aurait besoin d’elle que pour la seconder dans l’exploitation. Elle aurait quitté la Suisse parce que tous les hommes y sont des goujats.

CONFIANT DANS L’AVENIR

Bien dans ses baskets, un verre de sirop de cassis maison à la main, Emmanuelle s’en contrefiche. Pour l’amour de Yoann, elle a quitté Tolochenaz, démissionné de son travail chez Gétaz Romang malgré la promesse d’une promotion. Ni l’un ni l’autre n’ont touché un centime de la production. Sur les marchés, tout le monde les reconnaît et les parents d’Emmanuelle, venus passer quelques jours de vacances dans le coin, ont été accueillis comme des célébrités. Le couple est confiant, tout cela va passer. A la ferme, Emmanuelle a pris ses marques, remarquablement naturelle. Elle apprend à cuisiner avec Marie-Claire, plaisante avec Yves, ne quitte pas son chéri d’une semelle de botte. Bientôt, elle trouvera un travail comme assistante commerciale dans la région. Et peut-être alors, ils se marieront et auront beaucoup d’enfants. Car c’est comme cela que se terminent tous les contes, ceux des villes comme ceux des champs.




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Tags: L'amour est dans le pré, M6, speed dating, Loiret Aller en haut de page Haut de page

 

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