Vous rêvez d’un chien, mais petit, car vous pensez: petit format, petits soucis. Détrompez-vous! La taille ne fait pas le chien. L’éthologue et comportementaliste Evelyne Teroni-Decorvet nous aide à tordre le cou à quelques idées fausses.
Par
Mireille Monnier - Mis en ligne le 10.09.2010
LA PRO
EVELYNE TERONI-DECORVET
Ethologue et comportementaliste, la Vaudoise a elle-même une chienne, Ladoga, bouvier bernois croisé appenzellois. Coauteure du livre Le chien, un loup civilisé, réédité en 2004 par Le Jour éditeur, elle habite Montricher et donne des cours aux professionnels du monde canin et aux privés. Tél. 021 864 34 51. Courriel: e.teroni@bluewin.ch. Internet: www.chien-loupcivilise.com
Un chien, ça ne se choisit pas sur un coup de tête. Pour que l’un soit bien dans sa peau et l’autre dans son poil, il faut trouver celui qui nous convient et pouvoir lui offrir des conditions de vie adaptées à ses besoins. Or, parmi les critères à observer, celui de la taille, souvent le premier évoqué, est nourri d’idées fausses qui font parfois le malheur des petits chiens.
«Les avantages réels de la petite taille chez un chien? Il prend moins de place, il est plus facile de voyager avec lui, il sème moins de poils et fait de plus petites crottes», résume la comportementaliste vaudoise Evelyne Teroni-Decorvet. Les autres avantages supposés résistent mal à l’analyse. Il coûte moins cher à nourrir? Vrai, mais il peut revenir plus cher en toilettage. Il est potentiellement moins dangereux? D’accord, il ne pourra pas vous tuer, mais ce sont de petits chiens qui ont le plus mordu les enfants de 0 à 10 ans en 2009, selon les statistiques de l’Office vétérinaire fédéral. Il a besoin de moins d’activité? Tout dépend de la race, de l’individu; il y a de gros flemmards et des sportifs de poche, mais un chien de canapé, ça n’existe pas. Il n’a pas besoin d’être éduqué? Mon oeil!
«On a tendance à laisser les petits chiens faire n’importe quoi, remarque l’éthologue. Quand un gros chien grogne ou veut mordre, son maître ne l’accepte pas. Si c’est un petit, souvent on en rit. Or, c’est le même comportement! Bien sûr, il y a des chiens, petits ou grands, qui ne posent pas de problèmes, même si on les laisse faire ce qu’ils ne devraient pas, comme dormir dans notre lit. Mais, pour le bien-être du chien comme pour le nôtre, il faut les éduquer.»
Et éduquer les maîtres. Ceux qui considèrent les petits chiens comme des jouets à déguiser, ou des accessoires à porter. «Petite ou grande race, un chien a toujours les mêmes besoins, rappelle Evelyne Teroni-Decorvet. Des besoins sociaux de relation avec ses maîtres et le besoin qu’on respecte son cadre de vie.»
JACK-RUSSEL
L’AGITÉ
Celui de Dechavanne paraît bien sage à la télé, vous voulez le même. Mais Monsieur Jack est aussi un terrier. Chasseur dans l’âme, il a de gros besoins d’activité, est un peu fugueur et risque-tout!
CANICHE
LE BON ÉLÈVE
Avec sa fourrure taillable comme un buis, on le fait souvent jouer les accessoires. Or, c’est un chien très intelligent, avide d’apprendre. Et il a, en prime, la spécificité d’être hypoallergénique.
BOULEDOGUE FRANÇAIS
LE RONFLEUR
Il est tendance chez les jeunes, qui adorent sa bouille rigolote. Mais il ronfle! Comme d’autres races, de sélection en sélection, il a développé des problèmes de santé. Dites non aux extrêmes.
YORKSHIRE
LE RATIER
On le prend pour un jouet, mais c’est un vif à tendance dominante, un terrier sélectionné pour la chasse aux rats! Si vous le voulez plus calme, cherchez une lignée sélectionnée pour la beauté.