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EXPOSITION
1900 RETOUR À VIENNE
Des peintures, des dessins, mais aussi des meubles, de l’argenterie, de l’architecture: la FONDATION BEYELER expose l’extraordinaire créativité de la Vienne 1900.

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 05.10.2010

A l’aube du XXe siècle, Gustav Klimt et Egon Schiele, son jeune protégé de génie, étaient incontestablement les phares de la vie viennoise. Mais la capitale autrichienne, célèbre pour la culture de ses cafés et le dynamisme de ses cabarets, abritait une quantité d’artistes, compositeurs, architectes, décorateurs, qui œuvraient de concert à l’invention d’un art moderne.

Du théâtre à l’architecture, du mobilier aux jeux d’enfants, des vêtements et de la vaisselle, les membres de la Wiener Werkstätte – l’atelier viennois – comme les artistes de la célèbre Sécession s’emparent de toutes les techniques et entendent sortir leurs créations des cercles fermés et élitaires de l’art officiel. Cet accrochage de plus de deux cents tableaux, dessins et objets rappelle ces foisonnantes années de création.

Vienne 1900, Klimt, Schiele et leur temps. Jusqu’au 16 janvier 2011. Fondation Beyeler, Riehen/Bâle. www.fondationbeyeler.ch


 

Klimt: portrait de la suicidée

Exceptionnel: la présentation dans une même exposition des trois portraits de Ria (Maria) Munk. Le premier est réalisé en 1911 d’après une photographie. C’est une commande des parents de cette jeune femme de 24 ans, suicidée à la suite de ses amours malheureuses pour l’écrivain Hanns Heinz Ewers. Une année plus tard, Klimt reçoit une nouvelle commande pour un portrait debout. Le tableau ne plaît pas aux parents et reste dans l’atelier du peintre. Il le reprendra quelques années plus tard pour en faire l’extraordinaire Danseuse, ci-contre.

«La danseuse» (1916-1918), de Gustav Klimt.


 

Schiele: l’art scandale

Un cardinal embrassant une religieuse. Egon Schiele, mort à 28 ans de la grippe espagnole (trois jours après son épouse enceinte), ne craignait pas les thèmes jugés scandaleux à l’époque (et qui n’ont peut-être pas fini de choquer). En 1912, l’année où il peint ce tableau aussi appelé Caresse, le peintre a subi vingt et un jours de prison préventive pour «diffusion de dessins immoraux». Surpris en pleine transgression de leurs vœux de chasteté, les deux personnages expriment davantage la crainte et la culpabilité que le plaisir et la sensualité. Par sa composition verticale et centrée, le tableau renvoie pourtant directement au célèbre Baiser de Gustav Klimt. Les amants noyés dans l’or de ce dernier et les religieux tourmentés dans le noir résument les différences esthétiques des deux grands amis.


 

Schönberg: peinture et psycho

Bien avant d’imaginer la musique dodécaphonique qui le rendra célèbre, Arnold Schönberg (Vienne 1874 - Los Angeles 1951), s’essaya à la peinture avec suffisamment d’originalité pour être exposé aux côtés de Franz Marc ou de Kandinski. Dans l’autoportrait ci-contre, Regard, le peintre ne cherche pas à traduire sa physionomie mais plutôt à rendre son être profond, sa personnalité. Dans la ville où Freud invente la psychanalyse, le peintre et poète Albert Paris Gütersloh parlera de «primitivisme psychique» et de «nus cérébraux» à propos des œuvres picturales du compositeur.

«Blick», (Regard) (1910), d’Arnold Schönberg.



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Tags: art, exposition, Fondation Beyeler, Vienne, 1900 Aller en haut de page Haut de page

 

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