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Au pays des merveilles?
Avec Johnny Depp dans le rôle du chapelier fou, sortie cette semaine du «Alice» déjanté revu par Tim Burton. Drôle d’histoire…

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 18.03.2010

 

Soit une fraîche et ravissante jeune fille anglaise promise à un homme laid et dont on sent immédiatement qu’il sera un goujat. A l’heure des fiançailles célébrées en grande pompe, Alice – car c’est bien d’elle qu’il s’agit – est soudain saisie d’un terrible doute.

Laissant tous les invités en plan, la diaphane s’enfuit sur les traces d’un lapin blanc surgit fort à propos pour lui rappeler qu’elle est encore une petite fille et qu’il est peut-être des mondes plus merveilleux que celui promis par son soupirant.

Lunettes 3D sur le nez, c’est ainsi que le spectateur dégringole à travers le grand terrier jusqu’au pays des merveilles. Un royaume de dingues où une reine rouge hydrocéphale terrorise ses sujets en donnant de son armée de cartes à jouer. Il faudra à Alice toute sa malice, le coup de main du chapelier et le courage de tous les pions du jeu d’échecs pour rendre à chacun sa liberté et donner à Alice le courage de refuser son mariage arrangé.


 

Publié pour la première fois en 1863, ce conte de Lewis Carroll se lit aujourd’hui encore comme un sommet (si l’on arrive au bout) de la bizarrerie, de l’absurde, du non-sens. Et l’on imagine facilement ce qui a pu séduire le réalisateur de Charlie et la chocolaterie dans cette nouvelle adaptation cinématograpique.

Admirez les images ci-dessus, clinquantes, fluorescentes ou pour une fois vraiment hallucinantes, elles constituent le meilleur du film. Les yeux (et seulement les yeux) surdimensionnés du chapelier, la bonhomie numérique des jumeaux Tweedledee et Tweedle-dum, les roses à visage humain, les amanites géantes, l’énorme tête de la méchante reine sont autant de visions qui s’impriment durablement dans la mémoire.


 

Pour le reste, l’histoire manque terriblement d’histoire. Il ne se passe vraiment pas grand-chose au pays merveilleux. Les scènes se succèdent sans jamais induire le moindre suspens, où l’on ne rit jamais non plus, où le réalisateur, malgré (ou à cause de) son armée d’ordinateurs, ne parvient pas une seule fois à insuffler le moindre souffle d’émotion.

Question: les œuvres très littéraires du XIXe siècle passées à l’accélérateur des nouvelles technologies de l’image (motion capture, 3D, etc.) sont-elles encore en mesure de faire vibrer les enfants (et les adultes) des années Wii? Dans le bien trop dénigré Drôle de Noël de Scrooge, d’après Charles Dickens, réalisé l’année dernière, Zemeckis parvenait à muscler cette vieille histoire à coup d’informatique. Dans ce grand clip d’Alice sans queue ni tête, même la musique n’a rien de captivant.



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Tags: Alice au pays des merveilles, Tim Burton, Johnny Depp Aller en haut de page Haut de page

 

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