Prenez déjà date: l’événement aura lieu dans quinze jours. Le 29 octobre, dès 18 heures, s’ouvrira sur l’internet ce qui est appelé à devenir le plus vaste et le plus fabuleux panorama de l’histoire de Suisse romande. Une sorte de musée interactif et virtuel, en perpétuel développement, où chacun pourra accéder gratuitement pour y publier des photos, des vidéos, des sons ou des commentaires ayant trait aux mille et une facettes de l’histoire de ce coin de pays, ou simplement y consulter les documents que d’autres auront postés.
La création de cette nouvelle plate-forme internet s’inscrit dans la continuité du projet de sauvegarde et de numérisation des archives de la TSR, lancé en 2005. A ce jour, grâce au travail parrainé par la Fondation pour la sauvegarde du patrimoine audiovisuel de la TSR (FONSAT), 15 000 heures d’émissions réalisées depuis les débuts de la TV romande ont pu être numérisées, donc protégées des dégradations du temps, et mises en bonne partie à la disposition des internautes sur le site www.archives.tsr.ch.
Maintenant, c’est vers le public et ses propres archives que se tourne la FONSAT, en collaboration avec la TSR, L’illustré et la Radio suisse romande. Le principe de cette nouvelle plate-forme part de l’idée que depuis des décennies les Romands accumulent des photos, des films et des documents sonores qui reflètent une part de notre histoire mais sommeillent dans des cartons, des boîtes à biscuits ou de vieilles armoires. L’internet permet aujourd’hui de mettre ces trésors en partage, de les classer par groupes d’intérêt, de les commenter, de les compléter comme dans une mosaïque en constante expansion.
Vous êtes de longue date un passionné de la course Morat-Fribourg et en avez photographié les temps forts? Vous faisiez partie d’un groupe de rock yéyé dans les années 60 et en gardez un bout de film ou de son? Vous étiez fan de Jo Siffert et ne manquiez pas de tirer son portrait à Fribourg ou sur les circuits? Vous avez encore des images de votre classe d’école prises il y a trente, cinquante ou huitante ans? Tous ces documents, si vous avez envie de les partager, seront plus que bienvenus sur www.notrehistoire.ch. L’illustré vous encourage à revenir fouiner dans vos archives photo ou celles de vos parents et grands-parents, pour sélectionner celles dont vous estimez qu’elles vaudront la peine d’être postées sur le site à partir du 29 octobre.
«Des possibilités infinies»
En pratique? La plate-forme sera pilotée par Françoise Clément, cheffe de la documentation et des archives de la TSR. C’est elle, avec l’éditeur web Claude Zurcher, qui la supervisera et veillera à ce qu’elle se développe sans accroc ni dérapage. La TSR, comme certaines médiathèques et archives cantonales associées à l’opération, vont d’ailleurs alimenter elles aussi cette plate-forme avec des films et des images tirés de leurs propres fonds.
Sur la page d’accueil, vous trouverez une première sélection de photos que vous pourrez compléter avec les vôtres en suivant un mode d’emploi élémentaire pour tout internaute. Des exemples? Voici le groupe d’intérêt «Les cafés romands», ou cet autre sur l’«Expo 64». Chacun d’eux forme comme une salle de musée virtuelle où figurent déjà quelques photos, films ou documents sonores avec une brève légende explicative. Vous pouvez y ajouter vos propres images, compléter un commentaire, apporter une précision ou poser une question. Ce pourrait être: «J’ai trouvé cette photo d’un ancien bistrot, apparemment jurassien. Qui se souvient de lui et des gens qu’on voit assis à la terrasse?»
Mais libre à chacun de créer son propre groupe d’intérêt. Il suffira de s’inscrire – avec son vrai nom – puis d’amorcer la pompe en postant les premiers documents en quelques clics. «Et, là, disent Françoise Clément et Claude Zurcher, les possibilités seront infinies. Lieux, personnalités, événements, faits de la vie quotidienne, le site touchera tous les domaines de notre histoire. On peut imaginer des groupes d’intérêt sur le «Jura libre», «Ma première voiture», «Les paysans suisses émigrés au Canada», «Ernest Ansermet», «La construction des barrages», «Le disco», «Lôzane bouge», «Les jeux d’enfants», «Le FC Sion et la Coupe suisse». L’idéal serait que les Romands s’emparent de cette plateforme pour en faire leur propre chose. On va bien sûr la piloter, mais en souhaitant qu’elle nous échappe!»
Reste le décalage des générations: ceux qui ont pris des photos ou filmé en super-8 il y a des décennies ne sont pas forcément ceux qui manient l’internet avec le plus d’habileté. «C’est pour cela qu’on compte beaucoup sur la nouvelle génération, dit Françoise Clément. On espère que les jeunes iront ouvrir la boîte à biscuits de leurs parents et de leurs grands-parents puis se chargeront eux-mêmes de scanner, numériser et expédier par courrier informatique les documents intéressants qu’ils y trouveront.»
Avant même d’être une plateforme d’échange entre internautes romands, www. notrehistoire.ch pourrait ainsi jouer le rôle de lieu de rencontre, de discussion et de découverte entre générations et membres d’une même famille.
A vérifier dès le 29 octobre à 18 heures.