PROMENADE
RANDONNÉE AU PORTE-À-PORTE
Deux itinéraires (2 h ou 4 h) mais on peut aussi se perdre une journée entière à travers ces 660 000 m2 de forêt et de prairie.
DEPUIS L’ENTRÉE OUEST
Une courte marche à travers la forêt, et l’on découvre l’ancienne administration du parc, une imposante maison d’habitation de 1872, désormais dévolue aux expositions temporaires: cette année, les costumes et la musique traditionnelle. Et l’on débouche sur une vaste prairie, au coeur du Moyen Pays bernois. Des champs de céréales, le fournil de 1796 où le pain frais cuit tous les matins et une exceptionnelle maison paysanne de 1709 tout enfumée: c’est là que les saucisses et le lard pendus au plafond subissent leur dernier apprêt. Après la droguerie (1778) et son didactique jardin d’herbes médicinales, on peut laisser les enfants s’essayer à toutes sortes d’anciens outils et même se déguiser avec quelques vieilles nippes, un passage obligé avant d’attaquer la montée jusqu’à la maison paysanne de La Chaux-de-Fonds, construite en 1630 et isolée comme sur un alpage jurassien. En profitant de quelques superbes points de vue sur le lac de Brienz, on glisse en douceur jusqu’à la ferme vaudoise construite à Villars-Bramard en 1800. Une savoureuse odeur de soupe aux légumes nous guide jusqu’à la cuisine. On peut s’asseoir à la grande table et en déguster un bol. Il est juste midi.
DEPUIS L’ENTRÉE EST
Départ en montée et brève halte dans la petite chapelle autrefois à Rarogne. Nous sommes en Valais, parmi des raccards accrochés à la pente et des moulins alimentés par l’eau d’un bisse. Le long du chemin creux qui grimpe vers une immense étable d’alpage grisonne, des tapis de pervenches violettes peu communes. Dans le langage des fleurs, elle évoque un souvenir tendre et mélancolique, tout à fait de circonstance.
Dans la forêt de feuillus à travers laquelle on descend vers le groupe de maisons du Moyen Pays, de grandes pierres, blocs erratiques dressés comme des menhirs ajoutent à la magie du chemin. On découvre l’extraordinaire maison vigneronne construite en 1780 à Richterswil (ZH) et on se laisse glisser jusqu’au petit lac de Wyss, une réserve naturelle où l’on peut guetter les salamandres et les oiseaux rares.
ANIMAUX
BEAU COMME DES BÊTES
D’un bout à l’autre du parc, les animaux de ferme assurent l’animation. Pour les enfants (mais pas seulement eux), c’est un must! Des abeilles au dindon, particulièrement en voix le jour de notre visite (il glougloute!), ils ont trouvé leur place dans le parc. Des ânes braient autour des raccards valaisans ou dans la pente dévolue au Tessin. Des cochons bien roses grognent devant une grande maison paysanne fribourgeoise, les colombes roucoulent devant le colombier de la superbe ferme genevoise. Et puis des chevaux, des vaches rhétiques comme dans les Grisons et d’irrésistibles lapins dans leur clapier traditionnel. En tout quelque 250 animaux vivent aux quatre coins du parc. Tout le contraire d’un jardin zoologique: ils s’ébattent dans les règles de l’élevage traditionnel.
ARCHITECTURE
RÊVER LE PASSÉ
Vue à travers le pavillon en bois construit à Sarnen en 1909, une maison d’habitation de Sachseln, dans le même canton d’Obwald. Certaines de ses parties datent de 1600, du Moyen Age! Comme les quelque 100 bâtiments que compte le musée, elle a été soigneusement démontée, étudiée, restaurée et remontée de la cave au grenier. A l’intérieur, sur le poêle de la «chambre chaude», daté de 1832, les initiales MHD sont celles d’un maître fumiste de Sarnen, Heinrich Dillier.
En 1788, c’est un certain Joseph Guillierme qui, après une vie aventureuse de soldat, transforme un pavillon de vigne en ce qui deviendra l’imposante maison paysanne de Lancy, canton de Genève. En se glissant librement dans les maisons, en les parcourant pièce par pièce – la table est mise, la robe de la mariée est prête, le petit dernier a abandonné ses jouets, l’uniforme du père prend la poussière derrière la porte –, on songe irrésistiblement à la vie de ceux qui y ont vécu. En découvrant les aménagements successifs – du feu ouvert comme dans une grotte au fourneau à plusieurs feux –, on voit aussi défiler des morceaux de civilisation. C’est un plaisir bien particulier à ce musée qui possède à la fois le charme des vieux greniers mais aussi la force des lieux longtemps habités. Attention à arriver tôt ou à traîner jusqu’à la fermeture.
Musée suisse de l’habitat rural, Brienz. Maisons ouvertes tous les jours du 15 avril au 31 octobre de 10 à 17 h (parc de 9 à 18h). Tél. 033 952 10 30; www.ballenberg.ch
VISITE ACTIVE
STAGES
Forger son propre couteau, fabriquer une paire de chaussures, construire un cor des Alpes ou s’initier à la marqueterie. Tout au long de l’année, Ballenberg organise des dizaines de cours d’initiation (d’une demi-journée à une semaine) à différentes techniques.
www.ballenbergkurse.ch
GOURMANDISES
Les places de pique-nique sont nombreuses et le bois de feu à disposition. On peut préférer l’un des quatre restaurants du site (+ une pinte vaudoise). Coup de coeur pour la magnifique auberge Degen (Zoug, 1891), dans laquelle on sert les fameux macaronis du montagnard avec leur indispensable purée de pommes. Tout aussi typique, la saucisse maison avec sauce aux oignons et rösti. Deux plats finement réalisés et à prix doux.
Auberge Degen, spécialités suisses à l’ancienne. All’Osteria, vins et spécialités du Tessin.
SOUVENIRS
De la droguerie historique (grand choix de tisanes et autres potions magiques) à la Chocolaterie, en passant par le fromage maison et les charcuteries (testez l’agneau fumé): grand choix de souvenirs gustatifs. Admirez aussi les animaux sculptés en bois, un art de la région de Brienz.
Haus und Handgemachtes, dans une maison d’Ostermundigen construite en 1797, 033 952 10 26.