Fully (VS), puis en tournée romande, six comédiens – trois couples – jouent les vacances prolongées: «LE BÉRET DE LA TORTUE» ou les aléas de la cohabitation vacancière racontés avec l’humour décapant du «nouveau» théâtre de boulevard.
Par
Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 17.08.2010
Les plus matinaux – 6 h 30 – ont gravi la montagne pour se tremper dans
le lac de Fully. Frédéric Recrosio, Valeria Bertolotto, Brigitte Rosset,
Jean-Luc Barbezat, Pierre Mifsud et Clara Brancorsini se retrouvent à
l’heure de l’apéro. Ambiance vacances pour les six comédiens. Et c’est
précisément le sujet du Béret de la tortue, une comédie de Gérald
Sibleyras et Jean Dell, créée en 2000 au Théâtre du Splendid à Paris et
couronnée de plusieurs molières.
Soit trois couples amis se partageant
une maison au bord de la grande bleue. Répartition des chambres, choix
des activités en commun, partage des frais de nourriture: les occasions
de se bouffer le nez ne manquent pas. Durant les premiers jours, chaque
couple parvient à contenir ses critiques, ses médisances, ses colères
dans l’intimité de la chambre à coucher. Mais après la visite imposée au
musée du napperon, les yogourts bios périmés, le marché à Ploutarque...
«On est à cran, là, on est tous un peu à cran!…» Dès lors une étincelle
suffit à enflammer les esprits pour un furieux règlement de comptes
autour du repas final. A Fully, le travail a repris dans la fameuse
Belle usine, lieu électrique – une turbine fonctionne au sous-sol – mais
aussi dévolu à la culture et au théâtre. Le décor, quelques accessoires
et des fonds projetés, est sobre, graphique. «Je voulais une ambiance
BD, un peu comme du Pétillon, le créateur de Jack Palmer... Le réalisme,
ce sont les comédiens qui l’apportent», explique le metteur en scène
Etienne de Balasy. Parisien pur gaz, il s’ennuie de la grande ville.
Manque compensé par l’atmosphère locale: «Il y a une vraie folie ici! La
même folie créatrice que chez les Belges.»
Faire rire demeure
pourtant une affaire sérieuse et jouer en troupe une pièce «chorale» –
sans premier rôle, sans vedette – un «très bon exercice pour l’ego de
chacun». Dans le rôle du casse-couilles, Recrosio, tout juste de retour
de Paris, acquiesce. «Je suis casse-couilles au naturel, c’est pour ça
qu’ils m’ont proposé le rôle!» Première donc à Fully le vendredi 20
août, puis grande tournée romande et plus si entente. On se marre déjà.
MIREILLE ET LUC
Brigitte Rosset, mère au foyer, compte les jours sans
amour. Jean-Luc Barbezat peine à s’extraire de son métier de galeriste
d’art tendance abscons.
XAVIER ET MARTINE
Frédéric Recrosio, fonctionnaire intello
responsable du mobilier urbain, et Valeria Bertolotto, dans le rôle de
sa femme, assistante dentaire à la ville.
ALAIN ET VÉRONIQUE
Pierre Mifsud, vétérinaire intarissable sur les
beautés de leur lieu de villégiature. Clara Brancorsini, dans le rôle de
son épouse, récupère ses ratés: elle tient un cimetière d’animaux.
LES DATES DU SPECTACLE
Du 20 août au 5 septembre 2010 à la Belle usine de Fully (VS), www.belleusine.ch
Du 8 au 15 septembre 2010 au Théâtre du Jorat, à Mézières (VD), www.theatredujorat.ch
Le 18 septembre 2010 à la Salle CO2, La Tour-de-Trême/Bulle (FR), www.co2-spectacle.ch
Le 28 septembre 2010 au Théâtre de Grand-Champ à Gland (VD), www.gland.ch/theatre.html
Du 29 septembre au 3 octobre 2010 au Théâtre du Passage à Neuchâtel, www.theatredupassage.ch
Les 8 et 9 octobre 2010 à l’Espace Nuithonie, Fribourg, www.nuithonie.ch
Du 12 au 14 octobre 2010 aux Spectacles onésiens, Onex (GE), www.spectaclesonesiens.ch
Les 16 et 17 octobre 2010 au théâtre Le Casino au Locle (NE), www.grange-casino.ch