Et si vous vous mettiez au télémark, cet hiver? Ancêtre du ski alpin, il fait de plus en plus d’adeptes. La championne du monde de la discipline, la Valaisanne Amélie Reymond, décortique LA TECHNIQUE DU VIRAGE rien que pour vous.
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Sophie Winteler - Mis en ligne le 03.11.2010
Avouons-le d’emblée, quand on voit passer un «télémarkeur» enchaînant ses virages tout en souplesse, le genou effleurant la neige, on a un petit sourire en coin. Le style un tantinet désuet de la discipline amuse. Mais épate, aussi. Car des cuisses, il en faut, et dans leur version béton, de préférence, pour boucler un virage en évitant de finir le nez dans la poudreuse. Sans parler de l’équilibre, tout aussi essentiel pour maîtriser ses skis. Alors, oui, on sourit, et en même temps quelle élégance! Ancêtre du ski de piste - la discipline est née en 1868 en Norvège -, le télémark attire tranquillement de plus en plus de skieurs en quête de nouvelles sensations. «Jusqu’en 2006, je faisais du ski alpin en compétition, raconte Amélie Reymond, multiple championne du monde de la spécialité. Histoire de varier les entraînements, j’ai testé le télémark et j’ai adoré ce jeu d’équilibre ainsi que le sentiment de proximité avec la neige. Et de gagner la même année le titre junior au championnat suisse m’a définitivement convaincue de continuer.»
Comme la Sédunoise de 23 ans, de plus en plus d’adeptes de la glisse craquent. Même si la notion de succès est relative suivant les avis. Chez Yosemite, spécialiste en sports alpins à Lausanne, on ne parle pas franchement d’un boom comparable à celui qu’ont connu le snowboard et le carving. Mais le magasin vend de plus en plus de skis de randonnée avec fixation télémark, pour s’éclater hors piste. A contrario, le guide Thierry Bionda, propriétaire de l’enseigne Défi Montagne, à Peseux, rigole quand on prononce le mot de boom: «Ça fait vingt ans que je l’attends! Mais il est vrai que j’en vends régulièrement. C’est un sport très physique, avec un bémol pour ceux qui recherchent la vitesse: on ira toujours plus lentement qu’en carvant.» Quoiqu’en regardant descendre Amélie Reymond… Elle ajoute que le télémark est aussi une affaire de station: «On en voit pas mal à Verbier, Ovronnaz, Bruson, Montana et aux Portes du Soleil.»
Enthousiaste, elle dit aussi que, oui, les cuisses souffrent les premières descentes, mais cet inconvénient passager est vite contre-balancé par un sentiment inédit de liberté, dû au pied qui se lève. «Et il n’y a aucune crainte à avoir pour ses genoux. En outre, on est plus actif que sur des skis alpins, plus alerte. Et, dans la poudre, le plaisir est décuplé, même si c’est plus dur techniquement. En revanche, sur une neige en carton, les skis filent encore plus facilement au fond de la neige et on déguste!»
PORTRAIT
AMÉLIE REYMOND
Age: 23 ans.
Origine: habite Sion (VS) mais est originaire de la vallée de Joux (VD).
Club: Mouch’Paba Télémark («Ne tombe pas», en patois valaisan), Thyon - Les Collons.
Palmarès: en quatre saisons, 37 victoires en Coupe du monde, 9 globes au classement de fin de saison (général, géant, sprint, classic) et 2 titres de championne du monde (géant, classic).
Etudes: bachelor en sciences du mouvement. Fait un master en biomécanique à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
Rêve: «Que le télémark devienne un sport olympique. Peut-être d’ici à deux ans…»
LA CHAMPIONNE VOUS MONTRE COMMENT RÉUSSIR UN BON VIRAGE...
1 POSITION DE BASE
Pendant les trois phases, le corps est droit et le poids réparti sur les deux jambes. Au début et à la fin du virage, mettez une chaussure d’écart entre les deux pieds. Au départ, l’appui est sur les orteils du pied arrière (gauche) et sur le talon sur celui de l’avant (droit). Pensez à écraser le talon et les orteils pour rester en équilibre. Le genou avant est aligné au-dessus du pied (s’il passe plus loin, on déguste la neige!).
À ÉVITER Ne mettez pas tout le poids sur le ski extérieur (gauche) et ne vous tenez pas trop en avant (comme en ski alpin).
2 TRANSITION
Quand vous amorcez le virage, faites une extension comme si vous vouliez vous relever. Avancez la jambe gauche afin qu’elle passe en avant. Le changement doit s’effectuer avec le plus de fluidité possible, imaginez que vous faites un pas glissé. Pensez à garder le tronc stable en serrant les abdominaux.
À ÉVITER Ne vous penchez pas en avant, restez en position centrale.
3 FIN DU VIRAGE
Continuez à pousser le ski gauche en avant. Et n’oubliez pas de mettre également du poids sur le ski droit. Pour ne pas bouger avec le torse, imaginez que vous avez des lampes sur vos épaules et vos hanches: le but est d’éclairer continuellement votre chemin, direction le bas de la piste.
À ÉVITER Ne faites pas une surrotation du haut du corps. Si les hanches tournent trop, vous partez dans le décor!