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Le coup de cœur de Jean-Charles Simon
«Ces enfants du Burkina me bouleversent»
Cinq ans après avoir failli succomber à une attaque de neuropaludisme, le coanimateur d’«Aqua concert» s’est risqué à retrouver l’Afrique. Un voyage éclair au Burkina Faso, pour soutenir un projet de construction d’école.

Par Christian Rappaz - Mis en ligne le 08.09.2009
Emporté par le joyeux tohubohu d’une classe primaire de la banlieue de Ouagadougou, Jean-Charles Simon peine à dissimuler son émotion. C’est pour ces enfants, l’emmenant dans un tourbillon bigarré, l’observant avec des yeux curieux, que l’animateur de la Radio suisse romande a effectué ce long déplacement au cœur de l’Afrique de l’Ouest.

Vingt-quatre heures de voyage pour quelques minutes de bonheur intense. Périple harassant, entre deux émissions d’Aqua concert, que l’ancien conseiller national PDC (61 ans) a consenti spontanément, à la demande de la Fondation humanitaire montreusienne Tenakourou: un nom inspiré du point culminant du Burkina (747 m).

Un coup de cœur surtout: le parrainage d’un projet de construction d’un vaste complexe d’enseignement secondaire censé accueillir, à l’horizon 2011, 2000 enfants de ce pays classé parmi les plus pauvres de la planète (le SMIG est à 62 francs par mois). «C’est le genre de projet auquel on adhère sans réfléchir. Tout ce qui concerne l’éducation me passionne. Ces enfants me bouleversent, dégagent quelque chose d’extrêmement émouvant. Si ma petite notoriété peut les aider, j’en serais ravi et honoré», se réjouit l’illustre citoyen de Domdidier, dont la récente paternité n’est pas étrangère à cette passion.

«Avec Léonard (3 ans) et Maxime (8 mois), j’ai le bonheur d’être au cœur de la question», souligne celui qui est aussi le père de Julien (37 ans), son premier fils, né du premier de ses trois mariages.

«Je suis déjà mort une fois»

L’Afrique. Jean-Charles Simon aurait eu une bonne raison de l’éviter. En janvier 2004, deux semaines après son retour de Madagascar, il est terrassé par une attaque de paludisme cérébral. La forme la plus sévère de la maladie. Hospitalisé d’urgence au CHUV, il est déclaré cliniquement mort. L’infection le plonge pendant dix jours dans un profond coma. «J’avais une chance sur trois de mourir, et autant de ne jamais sortir du cirage», explique- t-il avec cette touche de drôlerie et de dérision qui le caractérise.

Le destin choisira finalement la troisième voie. Un coup de dé qui ne l’empêche pas d’en tirer une philosophie. «Je suis déjà mort une fois. Ça change la vie», entonnet- il. Cinq ans après sa renaissance, comme il l’appelle, il s’enthousiasme de vivre, esquisse un tas de projets et caresse autant de rêves inassouvis. Comme celui, une fois retraité, de consacrer quelques mois de son existence, et même plus si entente, à l’enseignement bénévole dans ce collège qu’il parraine.

«Une expérience assurément magnifique pour toute la famille», suppute l’ancien pharmacien de Lutry, dont on peine à croire qu’il quittera définitivement le strapontin des médias en juin 2010, lorsque Aqua concert, qu’il anime avec son vieux complice Patrick Lapp, s’arrêtera. «J’ai des projets», confiet-il, avouant avoir esquissé quelques idées avec les patrons de La Télé, la nouvelle chaîne valdofribourgeoise. Mais chuuut!

Les élèves du futur collège de Bankuy, quartier particulièrement défavorisé de la capitale burkinabée, attendront un peu avant de voir peut-être débarquer le professeur Simon. Dans ce pays de 15 millions d’habitants, où le tiers des 2,5 millions d’enfants n’est pas scolarisé, où à peine 20% des autres atteignent l’école secondaire, ils ne sont plus à une année près.

Cent vingt élèves par classe!

La remarque tiendrait du cynisme absolu si elle ne sortait pas de la bouche d’Issa Tapsoba, naba de la région, à la fois syndic, juge, préfet, conseiller et gestionnaire des terres. «L’important, c’est que la volonté de faire changer les choses existe, car aujourd’hui, quels que soient leurs efforts, à peine 10% des enfants peuvent rêver au bac», rapporte-t-il, le doigt pointé en direction de l’école du quartier. S’y pressent chaque jour 600 élèves pris en charge par… sept enseignants, dont le directeur de l’établissement, Ernest Boussim. «Certaines classes comptent jusqu’à 120 élèves», se désespère ce dernier, fier malgré tout de souligner que 19 d’entre eux ont brillamment décroché leur sésame pour l’école secondaire. «Mais pour combien de temps? Certains doivent se lever aux aurores, à 5 heures du matin, et faire 17 kilomètres à vélo pour se rendre au lycée.»

«Nos enfants, c’est notre éternité»

Cette volonté de briser le cercle vicieux de la misère dont parle le naba, Marata Carroz, présidente et fondatrice de la Fondation Tenakourou International School, en a à revendre. Et pour cause: originaire de la capitale du Burkina Faso (littéralement, le pays des hommes intègres), elle a ellemême connu l’exclusion. «Si les parents d’une amie ne m’avait pas hébergée et payé mon écolage, j’aurais quitté l’école à l’âge de 10 ans.»

La première pierre du lycée Tenakourou sera posée en novembre prochain. Marata, épouse d’un promoteur immobilier valaisan, entend bien offrir ce rêve encore inaccessible au plus grand nombre. «L’éducation est le moyen le plus efficace pour sortir de la pauvreté», assène-t-elle, devant l’immense parcelle de 45 000 m2 mise à disposition par la commune.

C’est là, sur ces terres encore en friche, que son ambitieux projet, devisé à 1,5 million de francs, verra le jour. «Il sera moderne, doté d’un enseignement bilingue françaisanglais, tolérant, puisqu’il mélangera chrétiens et musulmans, et solidaire dès lors que les familles d’élèves jugées aisées paieront pour les plus pauvres», explique avec une pointe de fierté celle dont tout le quartier est précisément très fier.

Plongé dans le descriptif du projet, Jean-Charles Simon s’arrête sur une phrase de Robert Debré, médecin français considéré comme l’un des fondateurs de la pédiatrie moderne: «Nos enfant, c’est notre éternité.» «C’est exactement pour ça que je suis là…»


Grande soirée de solidarité

Le 24 septembre au Casino de Montreux, Philippe Rochat et Roland Pierroz mettront leur talent au service de la noble cause.

Un million et demi de francs. Le prix du rêve pour les 2000 futurs élèves du collège de Ouagadougou. Une somme à la fois importante et dérisoire, que la fondation Tenakourou espère réunir au plus vite. Par des parrainages, mais également via un grand souper de soutien que l’institution organise le 24 septembre prochain au Casino de Montreux.

Une soirée prestigieuse placée sous le signe de la gastronomie avec, aux fourneaux, deux grands chefs mondialement réputés: Philippe Rochat et Roland Pierroz. Grande dame de la chanson africaine, la star malienne Oumou Sangaré s’associera également à cette soirée de la solidarité, animée par Jean-Charles Simon. L’animateur de la RSR tiendra notamment le rôle de commissaire-priseur pour la vente aux enchères d’exceptionnels objets d’art contemporain africains.

Fondation Tenakourou, soirée et repas: 650 francs par personne. Inscription: www.tenakourou.com



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Tags: Jean-Charles Simon, Burkina Faso, Radio suisse romande, RSR, Afrique, Fondation humanitaire Tenakourou, Patrick Lapp, Aqua concert Aller en haut de page Haut de page

 

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