«J’aimerais habiter dans mon appartement que j’ai sous-loué, mais le sous-locataire refuse de partir. Que puis-je faire?» Me Pascal Nicollier, à Vevey, vous répond.
Par
Frédéric Vassaux - Mis en ligne le 24.03.2010
En sous-louant votre appartement, vous devenez bailleur du
sous-locataire avec tous les droits et obligations y relatifs. Cette
position peut se révéler problématique si votre propre bailleur résilie
le bail ou intervient d’une manière ou d’une autre sur la location,
auquel cas vous pouvez vite vous retrouver entre le marteau et
l’enclume.
Si vous avez sous-loué votre appartement pour une
durée déterminée et que le sous-locataire ne libère pas les locaux à
l’échéance, ni n’a demandé une prolongation de son bail soixante jours
avant son expiration, vous pouvez requérir son expulsion auprès de
l’autorité compétente. Pour ce faire, vous devez au moins avoir
protesté par lettre recommandée auprès du sous-locataire au plus tard
immédiatement après l’échéance du bail pour qu’il restitue
l’appartement. Si vous avez sous-loué votre appartement pour une durée
indéterminée et que votre sous-locataire refuse de restituer
l’appartement, vous devez alors lui notifier une formule de résiliation
de bail par courrier recommandé en respectant le délai de résiliation
du contrat. Cette formule est un document officiel agréé par le canton
du lieu de situation de l’appartement. Si le sous-locataire ne réagit
pas dans les trente jours, la résiliation entre en force et vous pouvez
la faire exécuter en requérant son expulsion auprès de l’autorité
compétente. Au contraire, si le sous-locataire saisit l’autorité de
conciliation dans les trente jours dès la notification de la
résiliation, vous serez cité à comparaître à une audience où le
sous-locataire pourra demander une prolongation de son bail d’un
maximum de quatre ans.
L’autorité de conciliation arbitre les
parties pour tenter de trouver un accord sur la date de résiliation du
bail. A défaut, elle tranche la question de la durée de la
prolongation. Sa décision peut être remise en cause par la saisie du
tribunal dans les trente jours. Si elles se poursuivent, ces procédures
peuvent devenir longues et coûteuses.
Vu ce qui précède, il est
donc conseillé de sous-louer son appartement par contrat écrit avec une
durée déterminée et de veiller à écrire au sous-locataire en recommandé
peu avant l’échéance pour organiser les modalités de la restitution des
locaux et de l’état des lieux. Il faut être diligent, car le défaut
d’action peut être interprété comme une volonté tacite de transformer
la durée du contrat en durée indéterminée, avec toutes les conséquences
que cela comporte.