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«Copenhague aboutira à un bon résultat»
Thomas Kolly dirigera la délégation suisse au Sommet international de l’ONU sur le climat qui se tient à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009. Ce négociateur reste positif malgré les grandes divergences d’intérêts entre les nations du globe.

Par Philippe Clot - Mis en ligne le 10.12.2009

 
Il a le physique de l’emploi, avec sa silhouette de marathonien. Une silhouette que ce juriste de 51 ans doit notamment aux deux heures de vélo quotidiennes qu’il effectue, «qu’il pleuve ou qu’il neige», entre son domicile et l’Office fédéral de l’environnement. Depuis son arrivée, il y a quatre ans, à l’OFEV, Thomas Kolly dirige, en tant que chef de la division Affaires internationales, la délégation helvétique dans les innombrables négociations sur le climat.

Dès la fin de cette semaine, ce fils de charpentier d’origine fribourgeoise et ses collaborateurs joueront, avec leurs homologues de près de 200 nations, à la plus importante partie de poker-carbone jamais organisée depuis le Sommet de Kyoto de 1997. Le but initial consistait à redistribuer de nouveaux objectifs pour chaque nation après l’échéance, en 2012, du Protocole de Kyoto. Les ambitions ont été revues à la baisse et ces quinze jours de tractations surmédiatisées (on attend près de 20 000 personnes) n’accoucheront pas d’un nouveau protocole gravé dans le marbre. Essayons, avec l’aide de notre ambassadeur climatique, de deviner ce qui sera obtenu dans la capitale danoise.

Un sommet voué à l’échec?

Depuis des semaines, les spécialistes annoncent que Copenhague sera un fiasco. Thomas Kolly n’est pas de cet avis: «Il faut rappeler que le processus de négociation n’a jamais cessé de progresser, ce qui est déjà positif. Et, s’il est vrai qu’il ne faut pas s’attendre à un résultat miracle à Copenhague, je m’attends à un accord qui parvienne à intégrer tous les pays, c’est-à-dire les pays développés bien sûr, mais aussi et surtout les pays émergents comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud ou encore l’Indonésie. Car le changement climatique demande une réponse globale. Il serait insuffisant que les Européens demeurent seuls à faire des efforts financiers et de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Je suis convaincu que Copenhague aboutira à un bon résultat. Cela pourrait être un political commitment, un engagement politique. Mais les pays européens et la Suisse insisteront pour en faire un engagement non seulement politique mais aussi un engagement juridique contraignant.»

Qui réduira quoi?

A Copenhague, on parlera sans doute plus d’argent que de CO2. Or, le grand public attend de la part des 192 nations réunies à la table de négociations des engagements de réduction de GES. Thomas Kolly nous aide à y voir plus clair: «Pour les pays les plus actifs dans la politique climatique, c’est-à-dire les pays de l’Union européenne, la Norvège et la Suisse, la référence en matière de réductions est scientifique: c’est le GIEC (Groupe intergouvernemental d’étude sur le climat mis en place en 1992 par les Nations Unies et Prix Nobel de la paix en 2007) qui nous indique quel taux de réduction de GES nous devrions atteindre. Nous devrions les diminuer entre 25 et 40% d’ici à 2020 par rapport à la date de référence de 1990. La Suisse est prête à atteindre 30%, si les autres pays industrialisés et les pays émergents prennent également des mesures importantes. Et, comme l’UE, la Suisse est prête à réduire ses émissions de 20% indépendamment de ce que font les autres pays. Rappelons que les Etats-Unis promettent du bout des lèvres 2 à 3% d’ici à 2020…

Les résultats seront sans doute plus nets à Copenhague pour ce qui concerne le long terme: «Le GIEC a également proposé une réduction globale, toutes nations confondues, de 50% d’ici à 2050, rappelle Thomas Kolly. Dans cette même étude de 2007, le GIEC a parlé de 85 à 90% pour les pays industrialisés.»

La Suisse a-t-elle un rôle à jouer?

Un pays comme la Suisse ne serat- il qu’un pion face aux grandes puissances qui marchanderont leurs efforts et leurs sacrifices climatiques? «La Suisse est un petit pays, mais il est bien considéré, dans la mesure où nous respectons nos engagements de Kyoto, ce qui n’est pas le cas de tous les signataires. Nous bénéficions aussi d’une bonne visibilité dans ces négociations, notamment par ma fonction de coach des négociations dans un des quatre dossiers, celui de l’adaptation, c’est-à-dire dans tout ce qui concerne la prévention et l’adaptation aux risques naturels dus au réchauffement climatique comme les inondations au Bangladesh. Cela nous donne accès au cœur des décisions.»

Croyez-vous au réchauffement?

Depuis quelque temps, à l’approche de Copenhague, les médias relaient des avis sceptiques en tous genres sur le réchauffement climatique. Quel est l’avis personnel de l’ambassadeur de la Suisse dans ce dossier? «Je suis catégorique: oui, malheureusement, je suis convaincu que le problème climatique est une réalité absolue. Je n’ai pas le moindre doute sur les conclusions du GIEC, organisme qui regroupe des milliers de scientifiques des meilleures universités du monde. Les informations récoltées et leur analyse sont solides. Le réchauffement climatique est un danger et un défi majeurs que les dirigeants du monde entier ont le devoir de prévenir et de relever.»




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Tags: Planète, Thomas Kolly, Sommet de Copenhague, ONU, climat, Obama Aller en haut de page Haut de page

 

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