La semaine dernière, Michelle Nay, 19 ans, n’avait encore jamais voyagé hors d’Europe. Et cette semaine, cette grande et sportive jeune Grisonne de Rothenbrunnen, un village proche de Coire, se retrouve au large de Bornéo, à bord du Pangaea, le bateau de Mike Horn.
«C’est vraiment un rêve total! Car je me destine à la biologie marine. J’ai fait de la plongée, en Grèce et en Italie. J’ai d’ailleurs passé le certificat PADI Advanced, qui m’autorise à descendre jusqu’à 30 mètres de profondeur. Mais je n’ai jamais plongé dans des récifs coralliens comparables à ceux des mers du Sud. Et là, dans cinq jours, je ferai de la plongée à Bornéo!» Et la lauréate de nous montrer sur son ordinateur portable les espèces qu’elle espère croiser dans les eaux malaisiennes et indonésiennes, au large de cette immense île dont le Pangaea fera presque le tour en dixsept jours d’expédition. Au programme, outre l’étude des récifs et de leur faune si chers à Michelle, la déforestation, la sauvegarde des orangs-outans et l’élaboration d’un projet environnemental.
Mais comment Michelle, en tant que jeune Grisonne, a-t-elle eu connaissance de l’existence des camps pour jeunes éco-aventuriers qu’organise l’équipe de Mike Horn? «Je suis tombée sur un coupon d’inscription dans le magazine National Geographic. J’ai tout de suite pensé que j’avais ma chance, avec mon profil de scientifique. J’ai soigné mon dossier de candidature, en y ajoutant même une vidéo. Et ça a marché: j’ai reçu une invitation à passer le camp de sélection dans lequel quinze jeunes avaient été choisis parmi les centaines de postulants. Mes aptitudes physiques et psychologiques ont visiblement convaincu le team, puisque j’ai été prise parmi les huit participants. Et voilà!» Elle raconte ce petit miracle avec un sourire radieux et les yeux brillants, mais avec un calme olympien, signe d’une parfaite maîtrise de soi.
La bachelière n’est pas en reste sur le plan de la condition physique: elle fait en effet partie depuis cette année de la première équipe de volleyball féminine de Coire, active en première ligue. «Bon, on a perdu les trois premiers matchs, mais le dernier seulement 3 sets à 2.» Et, en montant sur les hauts du village par le chemin où elle fait son jogging matinal, il faut s’accrocher pour la suivre.
Erna, la magnifique et adorable maman de Michelle, n’a aucune appréhension de voir sa fille s’envoler si loin. Au contraire: «Je suis ravie pour elle. Michelle a beaucoup travaillé pour obtenir sa maturité. Elle a également fait preuve d’une grande solidité morale durant cette dernière année, qui n’a pas été facile pour notre famille. Elle mérite vraiment ce qui lui arrive.»
La rubrique Notre planète publiera prochainement le récit et les photos de la seule Suissesse du nouveau camp organisé par le team Mike Horn.