Tout le monde attendait Didier Cuche, grand favori de la descente de Vancouver. La Suisse entière espérait que le Neuchâtelois couronne ainsi une magnifique carrière construite de haute lutte. Mais c’est l’autre Didier, son pote Défago, qui a créé l’événement en remportant l’or de l’épreuve reine des Jeux (lire le reportage de nos envoyés spéciaux à Vancouver en page 6 et suivantes). Sacrée revanche pour le Morginois, qualifié de dernière minute qui, jeudi dernier encore, n’était pas sûr d’être autorisé à tenter sa chance. Une fois encore, il a démontré avec superbe qu’il était l’homme des grands rendezvous. L’an dernier déjà, il bluffait la planète ski en remportant coup sur coup le Lauberhorn, à Wengen, puis la Streif, à Kitzbühel. Et le voilà champion olympique, à 34 ans. Sacré Déf’!
«Sacrée revanche pour Didier Défago, qualifié de dernière minute»
Samedi, c’était super Simi qui dopait le moral des Suisses en prenant lui aussi une revanche en or sur sa contre-performance des Jeux de Turin où il n’avait terminé que 15e au grand tremplin et 38e au petit. Après cette cruelle humiliation, le gamin a mûri et, surtout, travaillé comme un fou pour retrouver sa place parmi les meilleurs. En tête de la Coupe du monde, il a déjà décroché sa plus belle médaille à Vancouver. Ebloui par tant de ténacité et de maîtrise de soi, c’est désormais le pays entier, Romands et Alémaniques réunis, qui rêve avec lui d’un second éclat d’or au grand tremplin, samedi prochain.
Ce sont de belles histoires de ce genre dont nous avions besoin après les déconvenues diplomatico-politiques à répétition que subit la Suisse depuis de longs mois. Herzlichen Dank, lieber Simi! Merci, cher Didier!
Autre combat, autre revanche. La cinglante défaite essuyée par Alinghi face à son challenger américain BMW Oracle dans la Coupe de l’America porte la signature d’un certain Russell Coutts (lire le reportage de nos envoyés spéciaux à Valence en page 22). Là, tout s’est joué bien avant les régates, dans le secret des chantiers navals. En optant pour le fameux «mât-aile», les ingénieurs américains de Larry Ellison, conseillés par le Néo-Zélandais, ont doté son trimaran d’un avantage technique décisif. A moins que la défaite ne remonte à ce jour de 2007 où Ernesto Bertarelli commit la grossière erreur de virer son barreur magique, tout en l’écartant de la compétition par avocats interposés. Engagé par le boss de BMW Oracle, ce dernier savoure aujourd’hui sa vengeance en ramenant l’aiguière d’argent en Amérique. Face au génie, ni l’argent ni les meilleurs avocats ne sauraient faire la différence.
Russell, Simi, Déf’, trois talents qui ont su prendre leur revanche avec éclat.