La ministre a délaissé quelques instants l’économie pour se rendre à Carthagène, afin d’y honorer la mémoire de Mère Maria Bernarda Bütler, Argovienne comme elle et première sainte de Suisse.
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Patrick Baumann - Mis en ligne le 14.07.2009
Dans la vie d’une conseillère fédérale, il y a des rendezvous stratégiques et des rendez-vous émouvants. Doris Leuthard en sait quelque chose. Après un éprouvant marathon aux Etats-Unis, la conseillère fédérale est allée en Colombie promouvoir nos intérêts économiques et défendre l’accord de libre-échange. Elle a commencé sa visite par un émouvant hommage: dès son arrivée à Carthagène, elle s’est rendue auprès de la congrégation des sœurs franciscaines missionnaires de Maria auxiliatrice.
Sa fondatrice n’est autre que Maria Bernarda Bütler, première Suissesse canonisée l’an dernier par le pape. La première sainte, mais aussi la première Argovienne à figurer au top de la sanctification. Un point commun avec la première Argovienne devenue conseillère fédérale. La comparaison fait rire la politicienne, qui a répondu à nos questions par téléphone satellite. «Dans la région où je suis née, plusieurs institutions portent le nom de Maria Bernarda Bütler. J’ai grandi avec l’exemple de cette femme qui a toujours mis en avant des valeurs de partage, de solidarité. Cette visite avait un caractère privé mais, en même temps, je suis aussi portée par ma foi et ses principes, qui gouvernent mon action politique. Savoir donner aux autres, unevaleur très importante à mes yeux en cette période de crise et un message fort laissé par notre compatriote aux jeunes générations. En Occident, on a trop tendance à se recroqueviller sur nos problèmes!»
Doris Leuthard a rencontré la mère supérieure, la directrice de la clinique qui porte le nom de la sainte, puis partagé un jus de noix de coco avec la doctoresse Mirna Jazime Correa. Cette jeune femme est à l’origine de la canonisation de la religieuse suisse. En 2002, atteinte d’une pneumonie incurable, Mirna a été hospitalisée ici même dans un état critique. Sa mère, qui avait déjà fait appel à un prêtre, lui posera en désespoir de cause sur la tête trois images de Sœur Maria Bernarda. La guérison interviendra deux jours plus tard. Inexplicable.
La petite histoire ne dit pas si Doris Leuthard est repartie avec des images de la sainte. En économie, les miracles n’existent pas!