Les photographes naturalistes sont, par leurs images, d’irremplaçables DÉFENSEURS DE L’ENVIRONNEMENT. Le Fribourgeois Michel Roggo, un des rares maîtres mondiaux des photos en eau douce, donne trois conseils pour débuter.
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Philippe Clot - Mis en ligne le 09.02.2011
«Avant de donner le moindre conseil à vos lecteurs, je veux qu’ils sachent qu’il est aussi difficile de gagner sa vie avec la photographie naturaliste qu’avec la musique ou le tennis, par exemple.»
Michel Roggo, 59 ans, a pourtant réussi cet exploit alors qu’il n’a commencé à photographier qu’à l’âge de... 30 ans. «J’étais instituteur. Un copain m’a prêté un jour un énorme téléobjectif pour que j’essaie de photographier les chevreuils près de chez moi. J’ai réussi à faire quelques mauvais clichés, mais la passion était née. J’ai tout de suite acheté mon propre téléobjectif, un 600 mm, un monstre, et je suis parti au Kenya sans avoir jamais voyagé, sans connaître rien.» Ce premier contact avec la faune sauvage est épique, voire burlesque et aurait pu se terminer dans la gueule d’un lion ou d’une hyène. Cinq ans et des milliers de photos plus tard, en 1986, le Fribourgeois abandonne ses élèves pour ne vivre que de ses images, quitte à manger des yogourts bradés pour cause de date limite.
«Ce qui m’a permis de survivre dans ce job, c’est de m’être spécialisé dans la photographie subaquatique en eau douce, un genre très peu pratiqué. Pourtant, ces écosystèmes sont absolument capitaux et abritent des merveilles. C’est la vision sublime des saumons rouges écarlates dans une eau cristalline en Alaska qui m’a fait tomber amoureux des rivières. Si vous faites les oiseaux, les migrations de gnous, les ours blancs ou les singes japonais dans la neige, vous n’aurez quasi aucune chance de vendre un cliché.» Son deuxième conseil est sans pitié: «Le truc le plus important dans notre matériel, c’est la poubelle, réelle ou informatique. Il faut jeter toutes ses photos, sauf celles, exceptionnelles, qui tutoient la perfection.»
Enfin, le meilleur entraînement selon lui, c’est de photographier les animaux dans des jardins zoologiques. «Mais je conjure tout le monde de ne pas harceler les derniers tétraslyres ni de suivre à la trace les chamois dans la neige. Il faut laisser en paix le peu qu’il reste de nature sauvage.»
Son site internet: www.roggo.ch