C’est un thriller qui parle d’argent, de passion, de soumission, de trahison… Dans sa nouvelle pièce de théâtre, «Affaires privées», Dominique Ziegler explore à sa manière, très drôle et très cruelle, les éternels jeux de l’amour et du pouvoir.
Par
Robert Habel - Mis en ligne le 09.09.2009
Sa nouvelle pièce, Affaires
privées, est un huis clos torride et angoissant qui se passe dans le
milieu, infiniment discret et obsessionnellement soucieux de
respectabilité, des banquiers privés genevois. Dominique Ziegler, fils
de Jean, a l’esprit critique de son père, mais aussi l’humour délirant
et absurde, c’est-à-dire hyperréaliste, d’un Ionesco ou d’un Becket…
«Je
m’intéresse aux relations de pouvoir entre les gens, à l’emprise d’un
individu sur un autre, à la manière dont les gens se soumettent ou se
révoltent. J’ai conçu Affaires privées comme un thriller
ethnologicopolitico-économico-psychologico-érotique. Les choses
commencent par un cas de mobbing dans la tribu des banquiers privés
genevois; on va voir ensuite comment les requins se bouffent entre eux…
Leur histoire a une portée universelle.»
Faux amour et vraie
perversité, promesses fictives et bénéfices sonnants et trébuchants -
il faut dire tout de même que la vie, chez ces gens-là, ne se déroule
pas tout à fait selon l’éthique commune… «Je ne crois pas tellement aux
partis politiques, mais à la transformation des consciences, note
Dominique Ziegler. Je me sens assez anarchiste…»
«J’écris dans une espèce de transe»
C’est
sa septième ou huitième pièce, il ne sait pas vraiment car il n’a pas
l’esprit comptable ou administratif… Depuis N’Dongo revient, en 2002,
une satire d’une lucidité impitoyable et d’un comique féroce sur les
relations entre la France et ses ex-colonies africaines, jusqu’à
Affaires privées, à l’affiche dès le 7 septembre, Dominique Ziegler n’a
cessé d’écrire à un rythme fou.
Résultat, l’éditeur Bernard
Campiche publie aujourd’hui le premier tome de ses œuvres complètes, un
pavé de 600 pages intitulé N’Dongo revient et autres pièces - Théâtre
2001-2009.
«L’écriture, c’est un peu mystérieux, remarque
Dominique Ziegler, qui vient de fêter ses 39 ans le 25 août. Je n’écris
pas tous les jours, de manière régulière, comme certains amis de mon
père, par exemple Max Gallo, qui se lève à 5 heures tous les matins.
Pour moi, c’est comme une espèce de transe.
Je laisse les idées
venir, ça flotte, j’ai plein de trucs dans la tête, c’est comme une
sorte de magma… Et puis, quand je sens que ça me démange, je sais qu’il
faut que j’y aille. Ça arrive toujours, en fait, quand j’ai cinq nœuds
dramatiques en tête, cinq rebondissements qui vont rythmer la pièce.»
Il
écrit alors partout et n’importe où, dès qu’il a un moment de libre.
«Ça peut être dans un bistrot glauquissime, dans un parc ou chez moi.
Je suis dans ma bulle, j’ai l’impression d’avoir un spectateur sur
l’épaule qui me dit au fur et à mesure: «Là, c’est bien; là, c’est
chiant…»
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«Affaires privées»
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De Dominique Ziegler
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Images :
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