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Edito
Douze mois d’enfer

Par Daniel Pillard - Mis en ligne le 17.12.2009

 
Annus horribilis. A l’heure du bilan, Hans-Rudolf Merz en convient volontiers: ses douze mois de présidence ont été parmi les pires jamais vécus par le Conseil fédéral (lire l’interview-confession qu’il a accordée à Frédéric Vassaux en page 16). Crise économique, naufrage de l’UBS, enterrement du secret bancaire, sans oublier cette satanée affaire Kadhafi qui lui a littéralement pourri son règne, non, décidément, rien ne lui a été épargné. Une année noire dont il paie personnellement l’addition: rarement président de la Confédération a été aussi malmené par les médias tout comme par les sondages. Le dernier baromètre du Conseil fédéral de L’illustré voyait sa cote chuter de moitié d’une année à l’autre. Du jamais-vu! Quant aux médias, ils n’eurent pas de mots assez durs pour lui reprocher l’«amateurisme» et la «naïveté» de son expédition malheureuse à Tripoli dont il reviendra les mains vides et l’honneur en berne.

Pourtant, à l’heure où l’Appenzellois s’apprête à passer le flambeau de la présidence à sa collègue Doris Leuthard, on peut se demander s’il a vraiment mérité tant de sévérité.

Pour en juger, soulevons le couvercle de ses prétendue casseroles.

La bérézina à l’UBS? En rachetant pour 6 milliards d’actions, le gouvernement a permis de remettre la banque sur les rails: après avoir touché le fond en mars, sa valeur boursière a, depuis, presque doublé. En août, le Conseil fédéral a pu se défaire de sa participation, en réalisant au passage une plus-value de 1,2 milliard. On a vu pire catastrophe.

«Tant que les otages ne seront pas rentrés, Hans-Rudolf Merz devra porter le chapeau de cet échec»

La fin du secret bancaire? Même s’il risque bien de passer à la postérité comme le fossoyeur de ce pilier de la place financière suisse, le reproche est injuste. Ce n’est tout de même pas sa faute si le monde bancaire a préféré plonger la tête dans le sable plutôt que d’anticiper les exigences de l’OCDE. Pour sortir la Suisse de la fameuse liste grise, le patron des Finances fédérales parviendra tout de même à signer une trentaine d’accords fiscaux alors que la barre était placée à douze. Là encore, on a vu pire déconvenue.

Reste le cauchemar libyen où il s’est exposé comme aucun président de la Confédération ne l’avait fait avant lui. Tant que les otages ne seront pas rentrés, il devra porter le chapeau de cet échec. Mais est-on vraiment sûr que quelqu’un d’autre aurait fait mieux à sa place?

Au terme de cette présidence qu’il a tant voulue, malgré ses graves ennuis de santé, Hans-Rudolf Merz pourra prendre place, la tête haute, dans les gradins de la Coupe Spengler – c’est son plaisir de fin d’année. Et puis qu’il se rassure: 2010 ne sera pas pire!




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Tags: éditorial, Hans-Rudolf Merz, Doris Leuthard, Conseil fédéral, baromètre, UBS, Kadhafi Aller en haut de page Haut de page

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