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ÉCOLE
VOTRE ENFANT EST LE SOUFFRE-DOULEUR DE LA CLASSE? VOICI COMMENT L'AIDER
Tête de Turc, bouc émissaire… les noms varient mais cachent la même souffrance, celle du REJET, de la violence verbale, parfois physique. Pour ces jeunes, l’école est devenue un enfer. Sans aide, difficile de trouver une issue.

Par Céline Fossati - Mis en ligne le 12.10.2010

 

Romain a 13 ans. A l’école, il rase les murs. La récréation est pour lui un vrai calvaire. Petit, timide, émotif, il est le souffre-douleur de ses camarades. Dans la cour, on le traite de «petit merdeux». En classe, on plaint ouvertement ceux qui sont amenés à travailler en groupe avec lui. Totalement dévalorisé, il lui est devenu impossible de s’intégrer. Les cas de discrimination dans les écoles ne sont pas rares. C’est un phénomène social qui, poussé à l’extrême, peut mener des jeunes au suicide. Il n’est donc pas à prendre à la légère. Comment s’extraire de cet enfer?

 

CHANGER D’ÉCOLE?

Pour la psychologue et psychothérapeute française Isabelle Filliozat, changer le jeune d’école n’est, très clairement, pas la solution. «C’est une issue parfois nécessaire quand le corps enseignant ne veut pas entendre. Mais elle ne résout rien. La victime, blessée, a besoin d’être réhabilitée. Elle souffre, et prendre la fuite l’humiliera encore davantage.» Il y a d’autres inconvénients au départ de la victime. Ils impliquent l’école: «Le souffredouleur part. Les élèves de la classe, eux, restent avec un sentiment de honte sur les bras. Ce qui ne présage rien de bon pour leur apprentissage futur, commente cette spécialiste des relations sociales. Sans oublier que le ou les harceleurs seront, par ce départ, confortés dans leur sentiment d’avoir eu raison. On ne peut dès lors pas exclure que le film ne se rejouera pas à l’avenir.» Coach et psychologue pour adolescents à Nyon et à Genève, Pascale Roux est également d’avis qu’il est préférable que le jeune malmené reste dans son école. «Le changer d’environnement reviendrait à dire que les autres sont les uniques responsables de la situation. Cela renforcerait son sentiment de n’être qu’une victime, et il pourrait en conclure qu’il n’a rien à modifier à sa manière de fonctionner. Il est ainsi quasiment assuré de se retrouver dans la même situation.»

IMPLIQUER LES MAÎTRES

Si extraire le jeune en souffrance de son guêpier n’est pas l’idéal, que faire? La solution serait dans la confrontation des sentiments de tous les acteurs en jeu: le ou les agresseurs, la victime et les témoins. Tel est l’avis d’Isabelle Filliozat. «Arrêtons de faire porter la responsabilité de la situation à la seule victime. Lui demander de s’affirmer ne sert à rien. Quant aux «bourreaux», ils n’ont souvent pas conscience de la gravité de leurs actes.» En faisant parler chaque élève de son ressenti, les enseignants ont de fortes chances de pouvoir crever l’abcès et, dans bien des cas, d’améliorer la situation. «D’après mon expérience, il n’est d’ailleurs pas rare que tous se mettent à pleurer de concert.» Et de conclure: «Si quelqu’un doit s’affirmer face à un cas de souffre-douleur à l’école, c’est le corps enseignant. La victime, elle, a besoin d’être entendue et respectée pour guérir.»

REDONNER CONFIANCE

Pascale Roux, qui travaille quotidiennement avec des adolescents, pense qu’un travail sur l’affirmation de soi reste absolument nécessaire à la victime pour qu’elle retrouve l’estime de soi. Parce que la victime est très souvent un jeune introverti, timide, discret, pour ne pas dire transparent et qui a de la peine à trouver sa place. «La reconstruction de la confiance en soi par l’accumulation de petites réussites, de défis remportés, d’objectifs atteints (sports, activités artistiques, réussites scolaires…) lui permettra de sentir qu’il a toujours de la valeur.»

 

Isabelle Filliozat est psychologue et psychothérapeute en France, auteur de «Les autres et moi - Comment développer son intelligence sociale», Ed. Lattès et Marabout Psy, 246 p.: 13 fr. 10.

Pascale Roux est psychologue et coach pour adolescents à Genève, auteur de «Les ados: le mystère expliqué», Ed. Favre, 189 p.: 28 fr.

 

 


 

LES SITES QUI AIDENT À COMPRENDRE

Pour les jeunes: http://www.ciao.ch/f/violences/infos/

Pour tous: http://www.harcelement-entre-eleves.com

Pour les enseignants: http://www.santebernoise.ch/

Témoignages: http://lesvoixdelaverite.skyrock.com



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Tags: école, classe, enfant, souffre-douleur, tête de Turc, bouc émissaire, éducation Aller en haut de page Haut de page

 

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