Elle pourrait se laisser aller, devenir aigrie ou, qui sait, péter les plombs. Ce n’est pas son genre. Installée depuis vingt-sept ans sur la planche savonneuse du show-business, Lolita Morena a eu tout loisir d’apprendre à gérer la jalousie, la méchanceté, les railleries perfides et les attaques que sa beauté, sa célébrité et son indépendance ont régulièrement provoquées. Conséquence visible, à 49 ans, n’en déplaise à ceux qu’elle agace ou qui aimeraient la voir éjectée de la scène people et médiatique, l’ancienne Miss Suisse est toujours aussi belle, aussi rayonnante et attachante. Derrière son minois mutin et son sourire éclatant, on devine un être bien dans sa tête et dans sa peau. La fille d’immigrés italiens, que vieillir n’empêche pas de dormir, incarne le charme de la maturité.
Ce bonheur, Lolita, que ses camarades d’école surnommaient jadis Marcel à cause de son allure de garçon manqué, dit l’avoir aussi gagné à travers la cruauté banale de l’existence. «Qu’on le veuille ou non, elle nous endurcit et nous rend plus fort.» Heureusement pour elle, car derrière les flonflons, rien ne lui a été épargné ces dernières années.
D’erreurs de jugement en douloureuses trahisons, de vengeances sordides en traitements méprisants, Lolita en a eu sa ration, comme on dit. A commencer par sa récente mise à l’écart des Coups de cœur d’Alain Morisod, sur laquelle elle n’entend toutefois pas s’étendre. «Je dirai juste que, dans cette histoire, les femmes ont eu bien plus de c… que les hommes.» Et basta! Quant à sa dernière rupture en date, d’avec son compagnon Christian Lüscher, le sémillant conseiller national genevois, elle préfère en rire, confessant avec humilité mais non sans ironie avoir commis une grave erreur de casting. «Comment un être simple et normal comme moi peut-il vivre avec quelqu’un possédant un QI de 190? Finalement, entre Dieu et ma liberté, j’ai choisi. Cette erreur de parcours sera sans conséquence», décrète-t-elle avec une sérénité inversement proportionnelle à celle de la relation qu’entretenait son fils Loris (17 ans), l’unique réussite majeure de sa vie à ses yeux, avec son ex-compagnon. Péripétie.
«Mon renard a été empoisonné»
«Je veux enfin vivre tranquille!» Cette injonction n’émane ni d’une quelconque volonté de repli sur elle-même ni d’une distance que Lolita, qui vit seule avec son fils, entourée de trois chiens, trois chats, un cheval, un poney et un âne, voudrait mettre avec les hommes ou avec la société. C’est simplement son souhait le plus ardent qu’elle confiait à L’illustré en avril 1999, au sortir de sa séparation d’avec Lothar Matthäus, le père de Loris, trois ans après s’être établie dans son chalet de Crans-Montana.
Autant vous le dire tout de suite: c’est raté. Pis, depuis quelques années, le havre de paix qu’elle décrivait à l’époque s’est transformé en enfer. Guerre de voisinage, rapports plus que tendus pour ne pas dire conflictuels avec la police et les autorités locales et cantonales, procédures en cours avec le fisc valaisan ainsi qu’avec son partenaire avec qui elle a tenu un bar dans la station jusqu’à Noël dernier et où elle a englouti 200 000 francs, sans oublier sa ligne de produits de soin Le baiser de la rose, actuellement en attente, création qui a exigé un investissement de 250 000 francs de sa part.
«Un chasseur a menacé ma mère avec son fusil chargé»
«Mes ennuis ont commencé il y a six ans, conte-t-elle. Un monsieur m’a apporté un bébé renard qui avait été percuté par une voiture. Avec mon fils, nous l’avons soigné avec l’idée de lui rendre au plus vite sa liberté. Vétérinaire, opérations diverses, nous l’avons sauvé puis nourrit, éduqué, vermifugé, castré. J’avais obtenu les autorisations nécessaires du service cantonal concerné. Mais Ramsès - c’était son nom - s’est habitué à la vie domestique et ne voulait pas nous quitter. Il mangeait avec mes chiens et chats, faisait les promenades quotidiennes avec nous, dormait sur mon lit. Après deux ans, nous l’avons retrouvé empoisonné. Probablement par un voisin.»
«Mieux vaut vivre seule que mal accompagnée»
Lolita Morena
Depuis cet épisode, la situation n’a jamais cessé de se dégrader entre l’ex-actrice des Pique-Meurons et certains de ses voisins. Climat délétère qui a atteint son paroxysme il y a deux mois. «J’ai reçu des menaces de mort. Anonymes bien sûr», confirme Lolita, victime d’autres graves manœuvres d’intimidation. «Un jour, un voisin a pénétré chez moi par effraction, après avoir forcé la porte du balcon. Surpris de me voir, il a déguerpi. J’ai appelé la police, mais celle-ci a refusé de procéder au constat. Un autre jour, ma mère, qui se promenait près du chalet, a été menacée par un chasseur complètement ivre qui a pointé son arme chargée sur elle. Nous avons attendu deux heures l’arrivée d’un policier qui s’est contenté de minimiser l’affaire et de la classer sans autre.»
Une légèreté et une désinvolture qui tranchent avec la détermination affichée par cette même police, quelque temps plus tard, alors que Lolita hébergeait chez elle une connaissance bulgare, venue trois mois à la découverte de la Suisse et pour apprendre le français. «Un voisin m’a dénoncée au Service des étrangers, accusant la jeune fille de travailler au noir. Trois gendarmes armés ont alors débarqué chez moi et l’ont emmenée manu militari. Elle a ensuite été interrogée en anglais, avant qu’on lui fasse signer une déposition en français, deux langues qu’elle ne parle pas. Finalement, elle a été expulsée de façon tout à fait injuste de notre pays deux jours avant la date prévue de son départ.»
«Plus on aime les bêtes, plus on est sensible aux gens»
Lolita Morena
Des pratiques que Lolita qualifie de dignes d’une république bananière. «Je me suis plu en Valais. Sa nature est incomparable et les écoles sont d’un excellent niveau. Mais je ne supporte plus la mentalité et les mœurs qui y règnent.» Résultat, elle quittera le canton en juin 2010, histoire de ne pas perturber le cycle scolaire de Loris, après avoir vendu son chalet et les 4000 mètres carrés de terrain qui l’entourent. «C’est en bonne voie. J’ai signé une promesse d’achat.» Destination Saint-Blaise ou Chaumont, au-dessus de Neuchâtel. Un retour aux sources.
«J’envisage d’y acheter une ferme avec une copine, de la transformer en chambres d’hôtes et en pension pour chiens et chats.» Lolita assouvit désormais sa passion des animaux en animant de la plus souriante et de la plus touchante des manières le site de la Protection suisse des animaux (
www.toudou.ch).