«Le cinéma, c’est bien ma voie: il n’y a pas photo! Je sais que j’y arriverai. J’ai une vision très claire de ce que je veux obtenir et ça va marcher », affirme Lauriane Gilliéron qui, à 25 ans, poursuit ses rêves de comédienne à Los Angeles, la Mecque des acteurs. Venue cinq jours en Suisse, le temps de participer à un défilé à Signy, l’ex-Miss Suisse apparaît radieuse, comme habitée. «Je ne me stresse pas, insiste-t-elle, je suis relax. Je n’ai jamais été aussi heureuse. » Dans sa voix, pas un souffle d’arrogance, mais une certitude tranquille. Lauriane Gill, comme on l’appelle à Los Angeles, la ville où elle étudie depuis trois ans, est sûre d’avoir sa chance au cinéma.
Lauriane s’est faite rare en Suisse, le pays qui la couronna miss en 2005. Sa vie, elle ne l’envisage plus ailleurs qu’à Los Angeles. Pas question d’envisager un retour, sinon «pour fêter Noël en famille». A L.A., la belle Vaudoise a trouvé ses marques. Elle se donne à fond. Là, elle vient justement de changer d’école. Après deux ans au sein de The Lee Strasberg Institute, elle a signé pour deux mois de cours chez Larry Moss. Une manière de se remettre en question, de progresser.
Besoin d’être bousculée
Lauriane Gilliéron avait besoin de changer de cadre, pour rompre avec un certain confort, pour être bousculée, aussi. Chez Lee Strasberg, l’ex-reine de beauté a appris l’humilité. «Là-bas, personne ne me parle de mon physique», souligne-t-elle. Il faut dire que les jolies filles sont légion. «De toute façon, je ne fonctionne pas avec les compliments», renchérit-elle, comme si durant son règne de Miss Suisse, la Vaudoise en avait trop entendu.
«Quel intérêt j’aurais à payer un prof qui me répète sans cesse: «Tu es parfaite!» Aucun! poursuit Lauriane. Chez Strasberg, j’ai eu un prof sévère, qui m’a vraiment fait avancer, mais c’est un travail sur soi-même. Il faut savoir accepter le rejet. N’oublions pas que 90% des acteurs qui se lancent échouent. Si l’ego est plus fort que l’envie, tu oublies! Seuls le travail et la persévérance paient.»
Derrière ses jolis yeux noisette, Lauriane Gilliéron a changé. Oubliée, la miss! Elle réagit en comédienne, dans l’émotion. La beauté n’est plus son arme absolue. «L’éclat, le brillant, c’est parfait pour le tapis rouge, mais j’en suis encore très loin», reconnaît-elle en souriant. Lauriane s’est étoffée, nourrie par ses lectures, ses cours, bien sûr, et les films qu’elle a vus. Elle a désormais bien plus à offrir qu’un physique. «J’ai appris à me sortir les tripes, avoue-t-elle. Mais tu peux être le plus talentueux des acteurs, ça prend du temps.»
Plus que jamais, la Suissesse caresse l’ambition de réussir au plus haut niveau. «Je ne crache pas sur les petits jobs que j’ai faits», confiet- elle, faisant principalement allusion à son apparition dans le feuilleton Days of Our Lives, mais dans son esprit c’est le cinéma et rien d’autre. Pressentie pour un petit rôle dans Les experts: Miami, Lauriane Gill a eu moins de chance qu’une autre ex-Miss Suisse, la Grisonne Nadine Vinzens, elle aussi installée à L.A., qui a décroché une scène dans Les experts: Manhattan, mais elle ne s’en formalise pas. La télé ne la fait pas fantasmer. Son cœur battait bien plus fort lorsqu’elle a fait un essai pour un long métrage avec Julia Roberts…
Sevrée de publicités
La publicité, en revanche, ne l’intéresse pas. «Franchement, depuis Miss Suisse, je sature un peu», avoue-t-elle. En gros, elle ne consentira à tourner une pub qu’en cas de besoin, «pour payer les factures». «Bien sûr, si c’est Esthée Lauder, je foncerai, nuance-t-elle aussitôt, mais je ne le ferai pas pour une brosse à récurer!» Financièrement, Lauriane s’en sort bien. Elle n’a pas besoin de travailler. «Je ne dépense pas grand-chose: je paie mes cours, le loyer, les assurances, la voiture et c’est tout. Ça fait maintenant trois ans que je vis sur ce que j’ai gagné à Miss Suisse et, franchement, je suis une telle fourmi que j’ai encore de la marge.»
Elle poursuit donc ses cours, espérant passer un maximum de castings dans un marché actuellement désespérément morose. Elle bosse dur, afin d’être prête le jour J. «Ai-je le choix? interroge-t-elle. Imaginez qu’on me confie un vrai grand rôle et que je n’assume pas: je serais finie avant d’avoir commencé…»
A Los Angeles, Lauriane Gilliéron a trouvé son eldorado. Elle s’est parfaitement acclimatée à cette ville pourtant rongée par la violence et les gangs. «Les quartiers où il ne faut pas aller sont clairement définis. Il suffit donc de les éviter, assure-t-elle. Moi, je me sens plus en sécurité là-bas, où tout est éclairé, que dans certains coins de Lausanne. Les magasins sont ouverts, il y a du roulement. Si tu fais un peu gaffe, L.A. est une ville très sûre.» Lauriane Gill s’est «californisée», elle l’admet: «C’est vrai que maintenant, quand je vais à L.A., je rentre chez moi.»
Amours discrètes
En juin dernier, elle a déménagé pour s’installer seule, dans un studio, «petit, mais joli». «Je n’y suis pas souvent», ajoute-t-elle, plus malicieuse. Depuis quelques mois, Lauriane est amoureuse. Elle ne tient pas à en dire beaucoup plus. «Il est comédien, précise-t-elle simplement, et d’âge mûr. Dans ce milieu, c’est vraiment quelqu’un d’admirable…» Dans un éclat de rire, elle ajoute: «Si je parle, je me fais tuer. C’est quelqu’un de très privé. On verra si ça dure. Aujourd’hui, tout ce que je gagnerais à dévoiler publiquement son nom, c’est de frimer. A quoi bon?»
Le 25 juillet, la Vaudoise a coiffé sainte Catherine. Elle a eu 25 ans. A l’initiative de ses parents, de passage à Los Angeles, Lauriane a consenti à marquer le coup au cours d’un repas au restaurant, mais on lui a un peu forcé la main. «Déjà que de manière générale je n’aime pas fêter mon anniversaire, là, je voyais encore moins de raisons de le faire… Pour célébrer quoi? Le chômage? Non, le jour où je ferai la fête, c’est que j’aurai décroché quelque chose de grand!» Faisons-lui confiance.