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L'événement
Et la Terre se mit en colère…
Il ne s’était plus manifesté depuis 1823, mais l’Eyjafjöll s’est réveillé fin mars. Le 14 avril, il entame sa deuxième phase éruptive, projetant des millions de mètres cubes de cendres dans l’atmosphère et clouant au sol la plupart des avions européens.

Par Frédéric Vassaux, Nina Siegrist, Quan Ly - Mis en ligne le 23.04.2010

L’historique «La dernière éruption a suscité des crues gigantesques»


Une petite explosion mais un grand chambardement. L’Eyjafjöll a mis l’espace aérien européen en ébullition. Volcanologue, Thierry Basset s’est rendu six fois dans la région.

Une éruption comme les autres dans l’histoire de la volcanologie, et pourtant le plus grand chambardement de l’histoire de l’aviation: 70 000 vols annulés en Europe, des centaines de milliers de personnes en rade ou condamnées à trouver d’autres moyens de transport, jusqu’à traverser l’Europe en taxi pour certains. Jamais, même après les attentats du 11 septembre 2001, l’espace aérien n’avait été pareillement perturbé. Au temps où l’homme place des satellites en orbite, envoie des sondes et des robots sur Mars, il a suffi d’une banale éruption volcanique en Islande pour perturber la planète entière. «Paradoxalement, notre société est devenue plus vulnérable, observe le géologue et volcanologue Thierry Basset. Le Genevois s’est rendu six fois sur les volcans islandais ces dernières années. «En 4,6 milliards d’années, la Terre en a vu d’autres. Pour elle, c’est un tout petit phénomène par rapport à ce qu’elle peut produire. Ce sont nos avions qui sont trop fragiles.»

Un phénomène courant

Le réveil de l’Eyjafjöll, 15 kilomètres de diamètre culminant à 1600 mètres d’altitude, dans le sud de l’Islande, le 20 mars puis le 14 avril, est géologiquement parlant un phénomène commun, les éruptions sous-glaciaires étant courantes là-bas. «La dernière a eu lieu en 1996, sous la calotte du Vatnajökull, et a suscité des crues gigantesques, ce qu’ils appellent là-bas des jökulhlaup, soit des boues glaciaires qui se déversent sur la région.» Si l’éruption actuelle a des conséquences bien au-delà des frontières islandaises, c’est qu’elle se double d’un phénomène météorologique: des vents soufflant vers le continent.

Mais, à part affecter nos avions, ce que d’ailleurs certains contestent (lire ci-après), le nuage qui s’est déplacé jusqu’en Europe n’a pas d’influence. «Non, l’éruption n’est pas assez puissante. Mais cela a été le cas par le passé. Le volcan du Laki, une faille de 28 kilomètres en Islande, est entré en éruption en 1783, mais avec une activité explosive beaucoup plus violente générant un panache de fumées montant à 25 kilomètres d’altitude, soit jusque dans la stratosphère. Or, dans la stratosphère le soufre contenu dans les fumées se transforme en aérosol d’acide sulfurique. Le brouillard qui se forme alors peut faire plusieurs fois le tour de la planète en retenant une partie du rayonnement solaire. L’éruption a duré huit mois, jusqu’en février 1784, et a tellement affecté les cultures que cela a provoqué famines et mécontentement. A tel point que certains historiens lui attribuent une influence importante dans les événements qui ont amené à la Révolution française.»

C’est malgré tout l’Islande qui a le plus à craindre du réveil de l’Eyjafjöll. «Les retombées de cendres alentour comportent une forte concentration d’acides chlorhydrique et fluoridrique, poursuit le volcanologue. Si le bétail en ingère, il peut en mourir. Par ailleurs, les craintes se portent beaucoup sur les crues glaciaires. Une partie de la route 1, sur la côte sud, qui est une route importante économiquement pour l’île, a déjà été emportée. Pour sauvegarder les ponts, les routes surélevées comportent des brèches pour laisser passer l’eau, mais cela ne suffit pas toujours. Autre préoccupation: les îles Vestmann, en face, sont ravitaillées par un tuyau qui se trouve au sud du volcan. Si ce tuyau était endommagé, la situation deviendrait alors difficile pour les habitants de l’archipel.»

Durée indéterminée

Personne ne peut dire jusqu’à quand l’éruption durera, mais tant qu’elle dure et tant qu’il y aura une interaction avec l’eau du glacier, un panache se formera, susceptible, si le vent le porte, de troubler encore l’espace aérien européen. L’eau, en s’évaporant au contact du magma à 1200 degrés, augmente la quantité de gaz du volcan et le rend ainsi plus explosif. «La dernière éruption, en 1823, a duré un an. Par ailleurs, on redoute que l’éruption de l’Eyjafjöll ne déclenche à son tour l’explosion du volcan voisin auquel il est relié, le Katla.» Or, le Katla serait à l’origine de l’une des plus grosses éruptions volcaniques de l’histoire humaine, vers l’an 934.

Pour l’heure, toutefois, l’éruption de l’Eyjafjöll reste un événement volcanique modeste. Rien à voir avec celle du Tambora, en 1815, qui a perturbé le climat dans tout l’hémisphère nord. Le temps y a alors été si mauvais qu’on a surnommé 1816 l’année sans été et qu’on a constaté une baisse de la température de 1 degré pendant trois ans.

Par comparaison, l’éruption du Pinatubo, aux Philippines, en 1991 et du mont Saint Helens, aux Etats-Unis, en 1980 ont généré une explosivité cent fois supérieure à celle développée aujourd’hui par le volcan islandais. 



Texte: Nina Siegrist (Schweizer Illustrierte) - Traduction et adaptation: Jean-Luc Ingold

Au pied du volcan «On ne peut rien y changer»


Suisse et islandaise, la famille Strupler-Ragnarsson vit tout près du volcan en éruption. Mais n’en reste pas moins sereine.

Margrit Strupler se fait du souci. Il y a plus de quarante ans, elle qui en a aujourd’hui 63 a émigré de Weinfelden (TG) en Islande, la magnifique île de feu et de glace où la nature dicte encore ses volontés. Là, elle a élevé cinq enfants et déjà connu quelques éruptions volcaniques. Mais ce que vit maintenant sa famille fait connaître à cette robuste paysanne des nuits agitées.

«Gudni, mon aîné, travaille comme paysan à Gudnastadir, au pied de l’Eyjafjöll. Ces derniers jours, sa famille a dû être évacuée plusieurs fois. Alors ma belle-fille Arna m’a apporté deux caisses de documents et d’albums de photos, au cas où ça deviendrait vraiment sérieux», raconte-t-elle. Son deuxième fils, Magnus, travaille comme policier dans la même région. «Il sort d’une période de quarante-huit heures au cours de laquelle il a évacué des gens et surveillé les rivières gonflées par les eaux du glacier. Une crue soudaine a emporté un pont et l’a empêché de rentrer chez lui.» Par des voies détournées, il a quand même réussi à revenir à la maison, mais les paroles de quelques témoins évacués le poursuivent. «En plein jour, c’était un jeudi, c’est devenu si sombre que les gens n’arrivaient même plus à voir leurs mains devant leur visage. Et la cendre qui tombait était aussi lourde que du ciment», raconte notre Islando-Suisse dans un suisse-allemand parfait.

Deux évacuations de suite

Comme policier, il a été l’un des premiers à être mis au courant de l’éruption volcanique qui menaçait: d’abord, un avion a signalé de la fumée au-dessus de l’Eyjafjöll, puis une rivière jaillissant du glacier a gonflé, et la terre tremble légèrement à tous moments. Finalement, mercredi, au beau milieu de la nuit, il a été décidé d’évacuer les fermes autour du volcan. Magnus a commencé par appeler son frère aîné Gudni qui, à son tour, a réveillé sa femme et ses trois enfants Arnpor, 8 ans, Porsteinn, 7 ans, et Isak, 4 ans. Ensuite, le paysan s’est assuré que ses voisins étaient également avertis avant de s’occuper de ses 200 bêtes, de les nourrir et de traire ses 60 vaches. Avec quelques habits et ses biens essentiels, ils ont trouvé refuge dans un village voisin où les familles de paysans évacuées ont été regroupées dans une école. «Le jeudi à 15 heures, nous avons été autorisés à retourner à notre ferme, mais à 19 heures, par mon portable, nous avons déjà reçu l’ordre d’évacuer à nouveau. Pourtant, nous avons quand même pu passer la nuit chez nous, raconte Gudni. Mais mes enfants sont morts de fatigue, ça ne peut pas continuer éternellement comme ça…» Le vendredi soir, finalement, il les a emmenés à Reykjavik, chez leurs grandsparents.

«Nous, les Islandais, nous sommes des solides»

Depuis lors, Gudni a vidé sa grange pour pouvoir y mettre à l’abri toutes ses bêtes: le fluor contenu dans les cendres pourrait les intoxiquer. Parallèlement, il a récolté de l’eau de pluie dans des réservoirs, car l’eau potable de la ferme vient du glacier et sera certainement bientôt polluée par la cendre. «Si nous devons partir d’ici, on ne pourra rien y changer. Mais attendons quand même de voir», estime Gudni. Il espère simplement que le volcan d’à côté, pour l’instant inactif, ne va pas se réveiller, «car alors ça deviendrait sérieux».

«La dernière fois, en 1821, l’Eyjafjöll est resté en éruption pendant deux ans, raconte Margrit Strupler. Nous, les Islandais, nous sommes des solides.» Puis, à voix un peu plus basse: «Mais j’espère que ça va quand même s’arrêter bientôt.»



Texte: Quan Ly

Cointrin Le jour où l’on entendait le chant des oiseaux sur le tarmac


L’éruption du volcan islandais a bloqué la quasi-totalité des aéroports européens. Genève n’échappe pas à la règle. Visite, dimanche dernier, de l’aéroport international comme vous ne l’avez jamais vu. Bienvenue dans le monde du silence.

«Profitez du calme, je crois que c’est la première et la dernière fois que vous assisterez à ça», plaisante Nicolas Gaspoz, membre de la direction de l’Aéroport international de Genève (AIG). «Ça», c’est la fermeture de tout l’espace aérien européen, perturbé par le nuage de cendres formé par l’éruption d’un volcan dans le sud de l’Islande. A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Du coup, c’est le calme plat dans les aéroports. Du jamais vu dans l’histoire de l’aviation moderne.

Les pas rapides de notre guide résonnent dans les grands couloirs vides de l’aire de transit. Rideaux métalliques des magasins et des cafés baissés, immenses salles d’attente vides, longs tapis roulants stoppés, toute la zone est figée dans une demi-pénombre. Seuls les chuchotements de deux agentes d’entretien perturbent la tranquillité inhabituelle des lieux.

Grosses pertes

Le temps n’est pas le seul à avoir suspendu son vol. Sur le tarmac, le silence est encore plus frappant. Une dizaine d’avions sont cloués au sol. La piste principale, elle, est balayée pas le vent. Le bruit assourdissant des réacteurs a fait place au ronronnement des moteurs des véhicules de la sécurité et au chant des oiseaux. Surprenant. On a l’impression de voir des plans fixes successifs d’un film hollywoodien sur la fin du monde, avec des rues désertées et des habitations abandonnées au vent. Et dire qu’en temps normal «l’aéroport enregistre une moyenne de 40 000 à 45 000 voyageurs par jour, ce qui représente près de 350 vols, arrivées et départs», détaille Nicolas Gaspoz. Avant de conclure: «C’est calme, mais il ne faudrait pas que la situation dure. Juste pour l’AIG, c’est un demi-millions de francs de perte par jour ouvrable.»

«En trente-cinq ans de métier, c’est la première fois que je vois ça», reconnaît Peter Sommer, responsable des opérations de Skyguide à Genève. Au centre de contrôle régional, on vit également au ralenti. Moins d’une dizaine de contrôleurs aériens assurent la permanence devant des écrans où seuls de petits avions de vol à vue (VFR) et des planeurs apparaissent en minuscules points. «En temps normal, dans notre zone de surveillance, qui va de Berne à Lyon et de Dijon au Mont-Blanc, nous enregistrons environ 2000 mouvements par jour en ce qui concerne principalement les vols aux instruments; aujourd’hui, c’est zéro», confie Peter Sommer, surnommé pour le coup chef du vide absolu par ses collègues.

«L’agence nous a dit de nous débrouiller»

Si le trafic aérien normal a bel et bien disparu du ciel en pleine journée, les voyageurs, eux, n’ont pas totalement abandonné l’aéroport. Pas le choix. Par groupes ou en solitaire, ils errent comme des âmes en peine avec leurs bagages dans la zone d’enregistrement. Un peu déboussolés et inquiets face aux guichets qui affichent tous «Fermé/ Closed». Certains photographient les panneaux sur lesquels sont affichés tous les vols annulés. La plupart se rabattent alors sur les agences de voyages pour changer ou annuler leur billet.

«C’est la galère!»

Chacun échafaude sa stratégie. Il y a Rhonda, une Américaine quinquagénaire venue avec son mari au Symposium mondial des dentistes, qui attend patiemment et garde le sourire. Pas pour longtemps. L’annonce de la prolongation de la fermeture de l’espace aérien suisse jusqu’au lundi 19 avril à 14 heures tombe comme un couperet. Une décision de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC). Fatiguée et désespérée, Edit Baleda envisage de rentrer chez elle, en Hongrie, par le train. C’est précisément par ce moyen que Marie a débarqué à Genève. La Française n’est pas près d’oublier son premier voyage hors de France, qu’elle s’est offert pour ses 50 ans: «Je suis parvenue à trouver un train malgré la grève à Paris. J’étais dans les délais pour ne pas rater mon vol à destination du Caire. Et voilà que les avions sont bloqués.» Avec un groupe de 18 personnes en provenance de France et de Navarre, elle dort dans un Formule 1. «Les frais sont à notre charge. Notre agence de voyages nous a dit de nous débrouiller. Tout le monde s’en lave les mains. C’est la galère!»

Un avis que partage Antoine, 45 ans, un Suisse qui travaille et vit au Brésil. Il était venu avec son fils. «On a des obligations professionnelles et scolaires. Si la situation se prolonge, je vais descendre en train ou en bus jusqu’en Espagne où j’espère trouver un vol.»



Texte: Frédéric Vassaux

La polémique «Les mesures d’interdiction de vol me paraissent totalement exagérées»


Pour Luc Trullemans, météorologue, les responsables de l’aviation civile ont poussé le principe de précaution à son paroxysme et ont généré un effet domino qui a cloué au sol la majorité des avions en Europe.

«Honnêtement, je suis très étonné par l’ampleur des mesures d’interdiction de vol prises. Cela me paraît totalement exagéré.» Atteint dans son chalet dans la région de Château- d’OEx, le météorologue belge Luc Trullemans se dit pour le moins surpris. C’est lui qui, il y a dix ans, a conduit le ballon de Bertrand Piccard autour du monde, lui qui a récemment permis au Français Jean-Louis Etienne de survoler le pôle Nord. A l’Institut royal météorologique de Bruxelles, il a aussi développé un modèle mathématique permettant de calculer le trajet du nuage de Tchernobyl. Alors, les déplacements d’air, Luc Trullemans connaît.

«Le nuage s’est totalement disloqué, les particules sont diffuses, on ne voit rien sur les images satellites. On a régulièrement des tempêtes de sable au-dessus de la Méditerranée, poussées par le sirocco, qui me paraissent au moins aussi dangereuses et, là, on ne fait rien. Il y a eu par le passé des explosions similaires à l’Etna ou au Stromboli et on n’a pas fermé l’espace aérien pour autant. Que l’on évite de passer dans le panache dans un rayon de 200 à 300 kilomètres, je comprends, mais pas après la diffusion du nuage sur des milliers de kilomètres.»

Des vols effectués sans passagers par certaines compagnies comme KLM ou Lufthansa, qui ont pu voler sans constater aucun dommage à leurs appareils, tendent à prouver que le météorologue belge a raison. «Je ne suis pas ingénieur en aéronautique mais, à mon avis, les responsables de l’aviation ont eu un peu peur. Et ensuite il y a eu un effet domino.»

«C’est du délire»

Dès lors qu’un aéroport puis un pays ferment leur espace aérien, il devient difficile pour les pays voisins de ne pas faire de même. En cas de tragédie, les autorités seraient immédiatement pointées du doigt. Pourtant, lors de l’éruption du Pichincha, à 10 kilomètres de Quito, en Equateur, en 1999, l’aéroport a été fermé à peine douze heures. Le personnel de l’aéroport balayait les cendres sur la carlingue de l’avion et l’appareil repartait. «Quand j’entends des spécialistes disant qu’il faudrait, ici en Suisse, fermer la fenêtre pour éviter l’inhalation des particules, c’est du délire lorsqu’on sait la quantité de pollens actuellement en suspension.»

Pour le météorologue, le principe de précaution a cette fois été poussé à son paroxysme. Face aux coûts générés par le clouage au sol des avions, on parie que la polémique enflera au moins autant que le panache de l’Eyjafjöll. 




Les conséquences L’éruption en chiffres


6400

mètres. L’altitude à partir de laquelle l’espace aérien suisse était encore fermé lundi soir. Les avions avaient l’autorisation de traverser l’espace aérien mais ne pouvaient pas atterrir en Suisse.

70 000

Le nombre de vols annulés en Europe entre vendredi et lundi, dont 850 au départ de Genève et de Zurich.

150

millions d’euros, les pertes journalières de recettes pour l’ensemble des compagnies aériennes en raison de l’éruption de l’Eyjafjöll.

30

Le nombre de pays européens qui ont fermé tout ou partie de leur espace aérien.

800

personnes ont été évacuées préventivement en Islande.

0

Pour l’heure l’éruption n’a heureusement fait ni morts ni blessés.

187

ans. C’est la durée qui sépare 1823 d’aujourd’hui, soit le laps de temps entre les deux dernières éruptions de l’Eyjafjöll.

140

millions de m3, l’estimation des matériaux expulsés par le volcan les trois premiers jours. Soit une moyenne de 750 tonnes de magma par seconde.

130

Le nombre de volcans actifs que compte l’Islande, soit autant d’éruptions potentielles…

7

millions de voyageurs ont été bloqués à travers le monde.

170 000

Le nombre de réservations que n’a pas pu honorer la compagnie Swiss.

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Tags: Islande, Europe, Suisse, aéroport, Genève, volcan, Eyjafjöll, nuage de cendres, avions, vol, espace aérien, météo Aller en haut de page Haut de page

 

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