Le 25 juillet prochain, ils vont faire leur entrée sous le chapiteau en ville de Lucerne. Pas encore pour présenter un numéro, 10 mois c’est un peu tôt, mais pour être baptisés par le prêtre du cirque Knie. Un grand moment, assurément, pour Nina Maria Dora et Timothy Charles Knie, nés le 18 septembre à Lausanne. Une naissance discrète, et des débuts de vie tout aussi secrets, puisque aucune photo des derniers-nés de Franco Knie n’avait paru jusqu’à ce jour.
«Avec Tim et Nina, je vis plus consciemment mon rôle de père que je ne l’ai vécu avec mes trois premiers enfants»
Franco Knie
«Les premiers mois de la vie d’un bébé sont très particuliers. Franco et moi avions envie de les garder pour nous, de vivre notre intimité avec eux, d’attendre un peu avant de les présenter à la presse!» explique Claudia Knie avec un sourire et un charmant accent italien. Si cela n’avait tenu qu’à elle, cette ancienne responsable marketing aurait encore préservé un peu ses enfants de la curiosité des médias. Mais il y a le baptême, agendé cet été, et puis quand on appartient à l’illustre famille Knie vient tôt ou tard le moment d’entrer dans la lumière.
Voilà donc nos jumeaux se taquinant sous l’objectif du photographe pour leur première apparition publique. Qui s’est déroulée dans la suite Quincy Jones du Montreux Palace. Un lieu symbolique pour leurs parents. «Je devais accoucher à Zurich dans un premier temps, explique Claudia, mais finalement Nina et Timothy sont venus au monde au CHUV, à Lausanne. Le cirque se déplaçant par la suite sur la Riviera, la solution la plus simple était de nous installer avec Franco à Montreux. Je n’oublierai jamais l’accueil que nous a fait le Palace. La chambre avait été transformée en vrai nid, j’étais émue quand j’ai ouvert la porte. Oubliant très vite que nous n’étions pas à la maison! On a vécu ici six semaines d’intense bonheur.»
«Nous voulons élever nos enfants dans la tolérance, l’honnêteté et la joie»
Claudia et Franco Knie
«UN VRAI CADEAU»
Aujourd’hui, Claudia et Franco n’ont pas encore réintégré leur caravane, ils profitent de la tournée du cirque en Suisse alémanique pour habiter leur maison de Wollerau (SZ). D’où le directeur technique du cirque s’échappe chaque matin pour se rendre au travail. Claudia: «Nous rejoindrons pleinement le cirque à Berne. Les enfants sont plus grands, plus autonomes, cela sera plus facile!»
Inutile de dire qu’il y en a un qui sera heureux de retrouver Nina et Timothy: c’est Chris Rui, 4 ans, le petit-fils de Franco. L’arbre généalogique de la dynastie Knie est ainsi déployé que l’oncle et la tante sont plus jeunes que le neveu. «Ce qui ne pose de problème à personne», s’amuse Claudia, qui parle à ses jumeaux dans sa langue maternelle, l’italien. Et sept ans passés à Paris expliquent pourquoi elle maîtrise si bien celle de Molière. La vie culturelle, le théâtre, le cinéma, les petits week-ends impromptus, c’est la seule chose qui manque parfois à cette femme épanouie dans sa nouvelle vie pleinement choisie.
Comme elle a choisi de faire un enfant à 42 ans. En toute franchise, la perspective d’en avoir deux à la fois l’a-telle un instant effrayée? «Au contraire, j’étais ravie! Un vrai cadeau, même si, évidemment, c’était et cela reste très fatiguant (rire) d’avoir deux enfants en même temps. L’avantage, c’est que, vu mon âge, j’étais dispensée de me dépêcher pour en faire un deuxième!»
Quant à Franco, 55 ans, déjà père de trois grands enfants (Franco, Doris et Anthony, nés de deux mariages différents), il a pris lui aussi cette double apparition comme un cadeau du destin. «J’avais 22 ans à la naissance de Franco junior. Et les circonstances de la vie ont fait que je n’ai pas toujours pu être très présent pour mes trois enfants ni les voir pleinement grandir. Avec Nina et Timothy, je veux jouer au foot et pourquoi pas à la Barbie!»
DEUX TEMPÉRAMENTS
En attendant que le dresseur aligne les poupées comme les éléphants, Franco s’émerveille chaque jour de voir grandir ses enfants. Nina, qui vient d’arracher la tétine de la bouche de son frère, semble avoir du caractère.
«Indépendante et curieuse, c’est moi tout craché», assure Claudia. «Tandis que Timothy, plus doux et rêveur, ressemble plus à son père. Son mari ne la contredira pas. Lui qui avait affirmé à la naissance de son petit-fils n’être plus dans l’éducation mais dans la dégustation, va devoir néanmoins se remettre au boulot. Celui à qui les animaux obéissent au doigt et à l’oeil ne se décrit pourtant pas comme un père sévère, mais trouve important «de poser des limites précises aux enfants». «Grandir au milieu d’animaux et de différentes nationalités est une chance extraordinaire. Nous avons à coeur également de leur inculquer les valeurs d’ouverture, de respect, notamment vis-à-vis de ceux qui n’auront pas les mêmes chances qu’eux», précise Claudia. «Et d’être capable d’apprécier son bonheur», renchérit Franco.
A la question de savoir comment a réagi Anthony, son deuxième fils, qui vit à Genève et souffre d’autisme, il répond avec beaucoup de profondeur: «A cause de sa maladie, il n’exprime pas beaucoup ses émotions, mais lorsqu’il a rencontré les jumeaux pour la première fois, il s’est caché le visage derrière les mains et a esquissé un sourire. Ce fut incroyablement émouvant pour moi!»
LE PRÊTRE DU CIRQUE
C’est le prêtre attitré du cirque Knie, Ernst Heller, qui baptisera, le 25 juillet prochain, sous le chapiteau du cirque, à Lucerne, les jumeaux de Claudia et Franco. Un bonheur tout particulier pour cet homme d’Eglise, qui a luimême une sœur jumelle et qui avait déjà béni le mariage de Claudia et Franco le vendredi 13 mai 2005 au château de Rapperswill. On se souvient que Franco Knie avait rencontré, trois ans plus tôt, lors d’une soirée entre amis, Claudia Uez, une jeune et jolie Italienne établie à Lausanne, où elle préparait une thèse de français. La jeune femme, œuvrant dans le marketing, était totalement étrangère au monde du cirque mais a su parfaitement s’intégrer dans son nouvel univers. Même si elle n’imagine pas un jour se produire sur la piste!