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Caroline Zingg - Mis en ligne le 10.01.2012
Cette semaine, 2012 commence pour de bon. Il faut bien l’avouer, on peine à l’affronter en toute sérénité. Au cours des dix premiers jours de l’année, les médias ont reflété les angoisses d’une Europe asphyxiée. Nous sommes toujours aussi vaillamment hors de l’Union, mais les risques de dislocation de la zone euro donnent le vertige. Notre train de vie tient pour beaucoup à notre industrie d’exportation mais aussi aux facilités que nous accordons à des personnes et entreprises étrangères pour la gestion de leurs richesses. Sur ces deux plans, notre capacité à agir va être soumise à de fortes pressions.
On peut s’en désoler, à la façon des forces les plus conservatrices de ce pays. Mais on peut aussi y gagner en assurance en se souvenant de ce qui fait la singularité de notre identité. Car la plus grande des traditions de la Suisse, c’est de se renouveler au gré des crises. C’est ainsi qu’elle est parvenue à s’affirmer, depuis déjà quelques siècles, sur la scène internationale avec une force inversement proportionnelle à sa taille. Si notre pays existe, c’est parce qu’il a toujours innové.
Et là, les Suisses peuvent retrouver le moral. Ils continuent à avoir de bonnes idées. Ils n’ont jamais déposé autant de brevets que lors de la crise financière de 2008. Depuis, coup sur coup, ils sont arrivés en tête de deux classements réalisés par des instituts de référence qui évaluent la capacité à innover et à faire aboutir les projets qui en découlent. Première place devant 125 pays pour le nombre de brevets déposés, selon l’Indice global d’innovation. Première place et «modèle à suivre pour les 27 pays de l’Union», selon l’Innovation Union Scoreboard. Comme quoi nous ne sommes jamais aussi bons que lorsque les difficultés se présentent.
Nous avons rencontré quelques-uns de ces créatifs (lire en page 18). Ce ne sont pas des professeurs Tournesol. Ils ont su traduire une intuition en produit après être passés par les hautes écoles. Mais la créativité du pays ne se réduit pas aux concepts les plus pointus, comme le relève dans notre dossier le concepteur originel de la Swatch, Elmar Mock. Les projets plus simples contribuent aussi au dynamisme de l’économie nationale. Finalement, la capacité à affronter l’avenir tient à un climat culturel qui favorise un état d’esprit: le goût de l’aventure.
Bonne année 2012!