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Daniel Pillard - Mis en ligne le 17.08.2010
L’euro chute, inexorablement. Depuis début 2008, la monnaie européenne a perdu 17% de sa valeur face au franc. Et c’est parti pour durer: certains analystes la voient même se stabiliser autour de 1 fr. 30 d’ici à la fin de l’année.
Bon pour les vacances sur les routes d’Europe. Et, théoriquement du moins, bon pour le porte-monnaie du consommateur suisse. Mais pour cela, encore faudrait-il que les détaillants répercutent à mesure cette baisse sur les produits qu’ils importent de l’Union. Or, malgré quelques effets d’annonce marketing bien exploités, rien ne bouge à l’étalage ou presque. La Suisse reste un îlot de cherté où le même produit peut se payer jusqu’à la moitié plus cher que dans les pays voisins. L’exemple de la Fiat 500 payée 47% de plus dans nos garages que de l’autre côté des Alpes a fait florès. Loin d’être isolé, il révèle que les distributeurs suisses fixent leurs prix en tenant compte avant tout de la supposée supériorité du pouvoir d’achat de la clientèle helvétique.
Cette situation, difficilement explicable autrement que par la tentation des détaillants d’engranger eux-mêmes les bénéfices d’un taux de change favorable, choque Stefan Meierhans, alias Monsieur Prix (lire l’interview qu’il a accordée à Christian Rappaz en page 24). Avec son look de pop star, il s’est régulièrement distingué en appelant une arnaque une arnaque. Tout en reconnaissant son impuissance en la matière, le domaine étant de la compétence de la COMCO (Commission de la concurrence), il n’hésite pas à encourager les Suisses à aller faire leurs emplettes outrefrontière. Et voilà la Fédération romande des consommateurs débordée sur sa gauche par un fonctionnaire fédéral!
Depuis le 1er juillet, celle-ci a une occasion en or de se racheter en surveillant comme elle l’a promis les effets de la simplification des procédures d’importation, mieux connue sous le nom de principe du Cassis de Dijon: les produits dont la vente est autorisée dans l’Union européenne ne doivent désormais plus être recontrôlés par l’administration fédérale. Un assouplissement qui, selon le SECO (Secrétariat à l’économie), devrait générer une économie de quelque 2 milliards de francs par an! Avec les autres organisations de défense des consommateurs suisses, la FRC a déjà obtenu la mise en place d’un observatoire des prix qui mettra sous sa loupe les étiquettes de quelque 150 produits susceptibles de baisser à la suite de cette libéralisation douanière.
Hélas, il y a fort à parier que les effets de cette dernière ne soient guère plus spectaculaires que ceux que l’on pourrait légitimement attendre d’un euro installé à la baisse. Réponse dans quelques mois.