La source oubliée
ENTRE FARINET ET COURBET
C’est une histoire rocambolesque. Alors qu’on ne présente plus les bains thermaux, la source d’eau chaude ellemême, connue depuis les Romains, est tombée dans l’oubli. Même les Valaisans l’ont délaissée, alors que vers 1870 c’était l’attraction de la région avec le casino de Saxon. Les touristes anglais arrivaient en calèche, les gens du coin venaient faire trempette après le labeur sous la cascade, plus tard dans des vasques de bois.
La source marque la sortie des gorges de la Salentse, celles-là mêmes où l’on a découvert le corps de Farinet. Mais c’est un autre illustre personnage qui est intimement lié à cet endroit paisible: le peintre Courbet. En 1977, une toile de Courbet, disparue pendant cent ans, réapparaît sans titre lors d’une grande rétrospective à Paris. Personne ne sait où le peintre a installé son chevalet pour peindre ce paysage et on soupçonne le chantre du réalisme d’avoir puisé dans son imagination pour créer cette œuvre fantastique: une roche en forme de tête gigantesque qui garde l’entrée d’une gorge. Pendant ce temps, en Valais, depuis longtemps on se demande où est passé le tableau de Courbet peint lors de l’exil de l’artiste franc-comtois, réfugié dans le moulin de Saillon dès 1873.
Il faudra toute la ténacité d’un instituteur du village pour élucider l’énigme en 2002 et faire le lien avec l’œuvre qui se trouve au Musée de Picardie, à Amiens.
UN GÉANT DE TUF
L’eau thermale, en jaillissant à l’air libre libère du CO2 et favorise un processus de pétrification: les mousses sont peu à peu transformées en tuf: une roche légère très solide. C’est ce tuf qui a pris la forme d’une tête de géant. La source jaillit au sommet du crâne et coule le long de sa nuque.
On accède à la source en 40 minutes de balade: s’adresser à l’office du tourisme pour les indications, car ce site reste méconnu des Valaisans. Fin mai, une via ferrata reliera la source à la passerelle à Farinet.
Dans une aspergière
C’EST LA RÉCOLTE!
Le limon sablonneux amené par le Rhône est un terrain apprécié par les asperges. Après la maladie qui anéantit les aspergières de Charrat dans les années 80, Saillon a vu huit agriculteurs se mettre à cette culture et produire 35 à 40 tonnes d’asperges, principalement blanches. Et, depuis peu, ouvrir la porte de leurs serres aux groupes pour une visite matinale: les asperges se cueillent à la gouge entre 7 et 9 heures, avant que la chaleur ne soit trop élevée. Il faut trois ans aux racines pour devenir adultes et produire le légume printanier. Tous les restaurants de Saillon proposent un menu spécial asperges de mi-mars à fin mai, voire mi-juin. Les asperges sont en vente directement chez les producteurs ou dans les petits commerces du village. Attention la récolte est dépendante de la météo.
Aspergières, visites par groupe et inscriptions à l’office du tourisme.
Marbre convoité
DE LONDRES À PARIS
Découverte en 1832, la carrière de marbre cipolin (veiné comme un oignon) va donner un beau marbre que l’on s’arrachera en Europe, du British Museum, à Londres, à l’Opéra Garnier, à Paris, en passant par la basilique de Fourvière, à Lyon, ou le Palais fédéral, à Berne. Hélas, les difficultés d’acheminement des blocs jusqu’en plaine, par funiculaire et téléphérique, soit 1000 mètres de dénivellation plus le franchissement du Rhône, signeront la fin de l’exploitation de la carrière en 1975.
A Saillon, on remarque sa présence dans l’église paroissiale, au cimetière, sur des maisons privées en encadrement de porte, escaliers ou décorations. Une pièce est exposée à l’office du tourisme.
Les bons marcheurs peuvent encore accéder à l’entrée de la carrière en suivant les indications fournies par l’office du tourisme. Cet été, deux randonnées commentées sont organisées sur les traces des marbriers jusqu’aux sites d’exploitation.
Sur les traces des marbriers, 9 juillet et 6 août, inscription à l’office du tourisme. Temps de marche: 3 h 30.
PRATIQUE
SÉJOURNER
TABLE D’HÔTE Au Créneau gourmand, un lieu plein de cachet, dans l’ancienne boulangerie, avec accueil et bons petits plats en prime.
CHAMBRE D’HÔTE Un appartement tout juste rénové, pour une nuit dans le bourg.
Au Créneau gourmand, table d’hôte avec appartement pour 2 à 4 personnes: dès 120 fr. la nuit. www.au-creneau-gourmand.ch Forfait spécial asperges: 1 nuit dans l’appartement d’hôte avec petit-déj’, menus gourmands avec boissons (valeur 85 fr.), visite de l’aspergière et entrée aux bains: 290 fr. tout compris pour deux personnes.
S’INFORMER
L’OFFICE DU TOURISME se trouve sur le parking du centre thermal.
027 743 11 88. www.saillon.ch
Y ALLER
PAR LA ROUTE ou alors en train et car postal depuis Martigny.
BONUS WEB
D’autres bons plans :
La Via Farineta
Une via ferrata de 1010 mètres pour les sportifs équipés de baudriers, de difficulté moyenne. Inauguration le 21 mai. Accessible dès le 22 mai. Départ est situé aux Bains à 540 m. et arrivée en amont de la Passerelle à 875 m. soit 335 m de dénivellation.
Le sentier des amandiers
L’amandier, qui fleurit en février –mars, assez fréquent sur les coteaux entourant Saillon, symbolise bien le climat doux de la cité. Un sentier lui est dédié, pour admirer les bouquets de fleurs blanches. On aperçoit aussi quelques oliviers et figuiers.
Sentier des amandiers, brochure à disposition à l’office du tourisme.
Les fêtes médiévales
Le bourg devient un véritable décor pour des fêtes médiévales chaque quatre ans. Prochaine édition : du 7 au 11 septembre 2011. Mille figurants, tournois de chevalerie, spectacles, dégustations, fauconnier, un événement !
www.medievales.org
La passerelle à Farinet
Personnes souffrant du vertige s’abstenir ! On y monte à pied, en car ou en voiture via le hameau des Places. La passerelle longue de 92 m.. culmine à 136 m. au-dessus des gorges de la Salentze. Beau panorama sur la plaine du Rhône. Contre la falaise on aperçoit la colombe de Hans Erni.
Informations à l’office du tourisme ou sur le site www.saillon.ch
Le musée de la fausse monnaie
Plongée dans l’univers des billets et des pièces. Les contrefaçons de toutes époques, mais aussi l’histoire de la monnaie, les techniques de sécurité, les vieux billets de notre enfance… Et un espace dédié à Farinet bien sûr.
Musée de la fausse monnaie, rue du Bourg, tél. 027 744 40 03, ouvert le week-end en hiver et dès le 1er avril du mercredi au dimanche de 14 h à17 h.