Vous les voyez enfin, les photos du mariage à Bâle de Mirka et Roger Federer (page 14). Elles ont la chance du soleil, la douceur élégante des pétales tombant à l’instant des serments. Ce grain du glamour aussi, élégance et atours chics, un sommet de photos dites «people», et nous sommes fiers de vous les montrer.
Nous sommes fiers parce que ce magazine fait métier depuis toujours de vous proposer des images inédites, fortes, parfois exclusives, émouvantes, drôles ou tragiques. Elles sont même, de temps en temps, historiques ou importantes. Pas toujours, évidemment, car elles racontent d’abord une région, la vôtre, des personnalités, leurs aventures, amours et faits divers. Cela, au fil des décennies, finit par raconter une Suisse romande, composée en ses soubresauts divertissants et dramatiques. Réguliers et toujours nombreux sont ainsi les chercheurs de l’histoire de ce pays à s’intéresser à nos collections d’archives.
C’est aussi la raison qui nous a fait replonger cette semaine dans les milliers d’images de Roland Schlaefli (voir page 28). Photographe de presse romand, fameux parmi ses pairs, il a pris son premier cliché pour un journal en 1949. Soixante ans plus tard, il demeure, même retraité, un artisan obstiné, toujours prêt à cadrer, passionné par la photo, l’événement, la simple et belle idée d’être là, au bon endroit, quand il se passe quelque chose.
Témoigner d’un moment, ce n’est pas juste prendre une photo, c’est prendre, avec modestie, celle qui compte ou raconte
Pour L’illustré, il a replongé dans la chambre chaude de ses souvenirs. Ils sont innombrables. Il a parcouru la Suisse en tout sens, lancé ASL, agence de photographes, rapporté les grandes comme les toutes petites choses, pris les coups du garde du corps d’un despote africain, accompagné Richard Nixon sur un marché lausannois. Demeure cet œil ouvert, exemple d’opiniâtreté. Aller, regarder, saisir. Un magazine comme le nôtre a existé et existe grâce à l’abnégation, au sens de l’instant de photographes comme Roland Schlaefli. Ils sont l’honneur d’une profession que la folle multiplication des images, aujourd’hui, rend d’autant plus nécessaire: témoigner d’un moment, ce n’est pas juste prendre une photo, c’est prendre, avec modestie, celle qui compte ou raconte.
Nous tentons de faire perdurer et de renouveler ici cette forte tradition chaque semaine. De faire vivre ce lien, du noir et blanc des images anciennes d’ASL au chic numérique du mariage d’une célébrité tennistique. Parce que L’illustré, c’est un beau titre de journal. Et aussi notre engagement.