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PLANÈTE
EXPLORATEUR, UN JOB D'AVENIR…
On pensait que le développement des transports et des moyens de communication allait envoyer à la retraite les successeurs de Cook et de Livingstone. Mais non. Les explorations prolifèrent en ce début de millénaire. Et elles sont pour la plupart peintes en vert. Petit classement par genre.

Par Philippe Clot - Mis en ligne le 13.05.2010

On pensait que le XIXe siècle avait marqué la fin des explorations. Le cœur de l’immense Afrique avait enfin dévoilé ses secrets. Au XXe siècle, il ne restait guère que les régions les plus invivables du monde, les deux pôles, à visiter. Puis ce fut au tour de l’espace de monopoliser l’attention, car la Terre était décidément devenue toute petite. Seuls quelques coins d’Amazonie et de Papouasie n’ont pas encore été visités par un appareil de photo. La liste des nouvelles tribus de «sauvages» n’ayant jamais vu le moindre T-shirt a fini par ne plus s’allonger. Qu’allait-on bien pouvoir encore découvrir?

En fait, c’est l’essoufflement écologique de la Terre qui a à nouveau stimulé les esprits aventuriers. Après Cousteau.

LES SCIENTIFIQUES

En fait, les vrais explorateurs du XXIe siècle, ce sont les milliers de biologistes, de biochimistes, de botanistes, de physiciens, de géologues, d’épidémiologistes, de virologues, d’anthropologues qui travaillent sur les cinq continents, en toute discrétion et dans des conditions souvent difficiles. Ils ont même le sixième continent à leur entière disposition: grâce à un accord international, l’Antarctique, malgré les richesses de son soussol, n’accueille que des bases scientifiques. Financés par les budgets publics, ils n’ont pas besoin de convoquer les médias, car ils n’ont aucun logo de sponsor à montrer.

Cela n’empêche pas certaines de ces expéditions purement scientifiques d’être plutôt sexy, telle celle de la goélette Tara, qui sillone les mers avec des équipes qui se relaient. Autre exemple: les tribulations de l’équipe internationale d’Ibisca en Arboglisseur au-dessus des forêts d’Auvergne. Cette équipe internationale dresse l’inventaire de la biodiversité, du sol jusqu’à la canopée.

Au fond, alors que des pans entiers de nature disparaissent sous la pression économique et démographique humaine, jamais on n’aura autant étudié le fonctionnement ultrasophistiqué de la physique et de la vie terrestres. Pour s’informer sur ces discrets successeurs de Darwin et sur leurs travaux, il faut le plus souvent se reporter sur la presse de vulgarisation scientifique, comme l’excellent Science & Vie, qui consacre d’ailleurs son dernier numéro hors série aux expéditions actuelles.

LES MÉDIATIQUES

Leur première raison d’être, c’est leur visibilité. On veut parler des explorations qui bombent le torse devant les caméras. La dernière en date, c’est le saut de puce en ballon au-dessus de l’Arctique par le «savanturier» Jean-Louis Etienne. Elle a permis à une maison d’assurances, dont le nom s’étalait sur toute l’enveloppe du ballon, de rappeler au monde entier qu’elle existe. Quant aux mesures de quantité de CO2 que le ballon était censé faire, on peut penser qu’elles ne seront pas d’un grand intérêt, surtout depuis que des satellites truffés d’instruments spécialisés scannent quotidiennement l’atmosphère terrestre. Les projets suisses ou d’origine suisse sont bien représentés dans cette catégorie, avec l’avion Solar Impulse et le catamaran PlanetSolar. Les plus-values purement scientifiques de ces deux engins sont marginales. Leur raison d’être consiste avant tout à démontrer au monde entier que les énergies renouvelables, ça marche. Un trimaran solaire pourrait d’ailleurs voler la vedette à PlanetSolar. Construit et assemblé à Nantes, Solar Odyssey/ Lemer Pax a été dévoilé en avant-première au 1er Salon du multicoque de Lorient. Il devrait effectuer le premier tour du monde 100% solaire en 2011.

Il y a encore, dans la même catégorie, mais avec plus de valeur scientifique, le fantasmatique Sea Orbiter, conçu par un architecte français. Cet étrange et gigantesque gadget flottant est censé dériver sur les courants océaniques avec un bataillon de scientifiques à bord.

ESPACE: LE RETOUR SUR TERRE

Quand le Russe Gagarine accomplit son embryon d’orbite en 1961 autour de la Terre et quand, huit ans plus tard, Neil Armstrong posa la semelle de sa botte lunaire sur la surface désolée de la Lune, tout le monde en était certain: l’humanité s’apprêtait à coloniser l’espace. Mars allait devenir une sorte de banlieue habitée d’ici à l’an 2000, puis l’Univers ne résisterait pas aux assauts des vaisseaux pouvant défier les lois de la physique. On en est revenu. Les vols spatiaux habités sont plus que jamais considérés comme des gouffres à milliards au service avant tout de la propagande d’une nation. Barack Obama vient donc d’annoncer officiellement l’abandon des projets de retour sur la Lune et de conquête martienne. Trop cher et inutile. Les sondes et les robots sont bien plus appropriés pour faire ce job d’explorateur de notre tout petit coin d’espace. Les Chinois seront donc les seuls explorateurs spatiaux des années 2020. L’Empire du Milieu a encore besoin de faire comprendre qu’il est devenu une grande puissance.

En fait, la seule exploration spatiale par l’homme qui progresse à toute allure, c’est une exploration assis dans un fauteuil: l’astronomie et le perfectionnement des instruments d’observation font des bons de géant année après année. En moins d’un siècle, la compréhension de l’infini a fait des progrès infinis. Et de futurs télescopes gigantesques, terrestres et spatiaux, promettent des découvertes qui pourraient bouleverser la connaissance des origines de notre Univers.



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Tags: écologie, planète, Terre, explorations, Jean-Louis Etienne, XXIe siècle Aller en haut de page Haut de page

 

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