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EXPO PHOTO
ANIMAL MODÈLE
Il ne reste que quelques semaines pour découvrir, à Evian, LE BESTIAIRE IMAGINAIRE, fascinante exposition de photographies animales.

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 29.12.2010

Dès l’invention du daguerréotype (vers 1839), l’animal figure parmi les sujets de prédilection des photographes et des artistes. A la fin du XIXe siècle, les photos «d’identité» de chiens, de chats, de chevaux comptent même parmi les premiers genres à la mode… Une formidable source d’inspiration jamais tarie depuis.

DU RIRE AUX LARMES

Des célèbres photos de Eadweard Muybridge (1830-1904), qui permirent notamment de percer le mystère du cheval au galop, jusqu’aux images très actuelles du Français Didier Massard, qui sont en fait des maquettes photographiées en studio, la photographie est mise à contribution pour explorer et exprimer nos étranges relations avec la gent animale. Bêtes imaginaires (il y en a à Evian), animal menacé de disparition (voir le jeune Nick Brandt en Afrique, photo ci-dessus), animal diabolisé (les terribles natures mortes de Joel Peter Witkin) déifié par des spécialistes de mode comme Jeanloup Sieff, ou encore animal miroir dans les images humoristiques de chiens que saisit l’immense Elliott Erwitt… Les tentatives sont multiples, mais l’animal garde son secret.

POIL AUX PIXELS

Ainsi, cet accrochage d’une centaine d’images à Evian est à la fois caressant (dans le sens du poil bien sûr) et passablement déroutant. Peut-être parce que, comme écrit Antoine de Baecque dans le superbe catalogue: «Photographier l’animal, c’est faire œuvre de fiction: il y a en lui une amorce de fable...» De ce point de vue là, le portrait du grand singe ci-contre est particulièrement troublant. En installant ses modèles «sauvages» dans un studio, en les éclairant comme on le ferait pour une photographie de mode, Tim Flash donne à l’animal une humanité qui déstabilise le spectateur. Parce que c’est le singe soudain qui nous regarde et que l’on a bien du mal à imaginer ce que signifie son regard aussi net à notre égard. De 1850 à nos jours – sous-titre de l’exposition –, les techniques photographiques ont connu plusieurs révolutions. Pas sûr pourtant que les pixels d’aujourd’hui rendent mieux que le collodion d’hier cette question que toutes ces images nous renvoient, avec humour ou avec horreur: celle de la place de l’homme dans la nature.

Le bestiaire imaginaire - L’animal dans la photographie de 1850 à nos jours. Palais Lumière. Evian. Jusqu’au 16 janvier 2011.



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Tags: culture, expo, photos, animaux, «Le bestiaire imaginaire», Palais Lumière, Evian Aller en haut de page Haut de page

 

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