Le Neuchâtelois aura passé quatre ans à la tête du plus petit des grands festivals de cinéma. Dernière séance feu d'artifice.
Par
Sophie Winteler - Mis en ligne le 30.07.2009
Il a commencé son règne locamais de manière terriblement théâtrale:
en s'effondrant sur la scène de la Piazza Grande alors qu'il présentait
un film. «On m'en parle encore, lâche en rigolant Frédéric Maire,
directeur du festival du film tessinois. Ce n'était rien de grave,
j'étais épuisé et déshydraté.» Aujourd'hui, en guise d'adieu et avant
de reprendre cet automne la tête de la Cinémathèque de Lausanne, le
Neuchâtelois a concocté un finale festif. Au menu, ce qui fait bien sûr
l'essence même du festival depuis soixante-deux ans, une orgie de films
et de rencontres-débats avec le public. Mais aussi trois rendez-vous
(sélection subjective!). Histoire de célébrer le centenaire de la
musique de film, Vite, du Suisse Fredi Murer, ouvrira les feux le 5
août dans une version pour concert (voir «Coups de cœur»). «On a
développé le côté festif. Voir des milliers de gens danser sur la
Piazza me donne les frissons. Je suis fier qu'on ait renforcé cet
esprit locarnais fait d'un mélange de découvertes cinématographiques et
de fêtes.»
Deuxième événement, une rétrospective qui fera date
par son ampleur Manga Impact. «Cette culture a explosé partout et donné
naissance à un univers puissant. Les plus de 40 ans ont tendance à se
boucher le nez et le connaît mal. D'une richesse infinie, le manga
puise ses racines dans la mythologie.»
Et, finalement,
l’incontournable sélection de films suisses. Avec notamment en
compétition le premier long métrage du Valaisan Frédéric Mermoud,
Complices, un polar à la française avec Emmanuelle Devos, et le nouveau
film de Christoph Schaub, Giulias Verschwinden, avec Bruno Ganz et
d’après un scénario de l’écrivain zurichois Martin Suter.
LES ONZE COUPS DE CŒUR DU DIRECTEUR
5 août
«Vitus, de
Fredi Murer, projeté sur la Piazza Grande. Le jeune acteur-pianiste du
film interprétera sur scène, accompagné par l'Orchestre de la Suisse
italienne, le dernier morceau du long métrage.»
6 août
«La
rencontre entre deux maîtres du dessin animé, le père de Kirikou, le
Français Michel Ocelot, et celui de Heidi et le tombeau des lucioles,
le Japonais Isao Takahata.»
7 août
«La venue de Toni Servillo, le plus grand comédien italien, acteur notamment d'Il Divo, prix du jury à Cannes.»
8 août
«C'est
le retour de Michel Piccoli à Locarno. Il joue dans L'insurgé, premier
film de Laurent Perreau, présenté en première mondiale et en
compétition.»
9 août
«Sur la Piazza Grande, je me réjouis
de montrer le nouveau long métrage des frères Larrieu, Les derniers
jours du monde, un film catastrophe décalé, avec Mathieu Amalric.»
10 août
«La
nuit manga propose plusieurs films. On y accueille Yoshiyuki Tomino, le
créateur de Gundam, personnage mythique d'une série japonaise.»
11 août
«Pippo
Delbono, acteur et metteur en scène de théâtre, présente quelques-uns
de ses films, dont le dernier, La Paura, tourné entièrement avec un
téléphone portable.»
12 août
«La Journée du cinéma suisse:
on projette notamment sur la Piazza La Valle delle Ombre, du Tessinois
Mihály Gyôrik, un conte sombre et inquiétant, avec Teco Celio et
Jean-François Balmer.»
13 août
«Une première mondiale et
peut-être le film qui m'a le plus fait rire pendant la sélection:
L'académie de Platon, du Grec Filippos Tsitos, une comédie sur la Grèce
multiculturelle d'aujourd'hui.»
14 août
«La remise du
léopard d'honneur au réalisateur William Friedkin (L'exorciste, French
Connection). Il incarne le meilleur du cinéma américain.»
15 août
«Je
tire ma révérence! Le film de clôture. Les deux chevaux de Genghis
Khan, de Byambasuren Davaa, est un voyage musical guidé par la
chanteuse Urna.»