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FILS DE GAYS

Par Daniel Pillard - Mis en ligne le 08.06.2010

 
Faut-il autoriser les couples homosexuels à devenir parents? Pour cela, faut-il leur permettre d’adopter un enfant ou de recourir à la procréation médicalement assistée? La loi sur le partenariat enregistré du 1er janvier 2007, qui a pourtant accordé aux couples homosexuels pratiquement les mêmes droits que les couples mariés, l’interdit expressément. Ce qui n’a pas empêché de nombreux couples gays, pacsés ou non, de la contourner (lire les témoignages recueillis par Marie Mathyer en page 36).

Du coup, les cas de ces enfants hors la loi se multiplient. Combien sont-ils aujourd’hui dans notre pays? Impossible à déterminer avec précision, faute de statistique. Si les associations gay estiment leur nombre à quelque 20 000, d’autres le situent plutôt autour de 8000. Dans le fond, peu importe: leur existence même est une invitation à adapter la législation à cette nouvelle réalité. C’est dans ce but que les associations homosexuelles de Suisse déposeront une pétition, le 15 juin prochain, à Berne. Une manière de tenter d’imposer ce thème délicat dans l’agenda politique.

Voilà pour les faits.

L’idée que deux personnes du même sexe puissent élever un enfant dérange. En brisant le triangle père-mère-enfant, elle ébranle le modèle familial de nos sociétés occidentales, déjà fort mis à mal par le phénomène des familles recomposées. En séparant procréation, conjugalité et parentalité, elle remet en question le primat biologique qui est à la clé de notre système de valeurs. Du coup, la notion même d’homoparentalité apparaît comme contre nature. Forte est alors la tentation de la rejeter dans un réflexe viscéral: pour se développer harmonieusement, l’enfant a besoin d’un père et d’une mère, pardi! Pourtant, les nombreuses études scientifiques consacrées ces dernières années à l’évolution des enfants élevés par un couple gay démontrent qu’ils ne se développent ni mieux ni moins bien que les autres. Inutile, donc, d’appeler la science à la rescousse de la morale.

Du strict point de vue de l’intérêt de ces enfants, il faut bien admettre qu’une libéralisation de la loi faciliterait leur acceptation sociale et donc leur développement. C’est au nom de cette évidence que plusieurs pays européens ont déjà franchi le pas.

En Suisse, ce sera peut-être un jour au peuple de trancher. Un sondage publié par L’Hebdo en 2006 révélait que quatre citoyens sur dix n’étaient pas opposés à autoriser les couples gay à adopter un enfant ou à recourir à l’insémination artificielle. Pourtant, les associations homosexuelles ont eu toutes les peines du monde à recueillir 20 000 signatures de soutien à leur pétition qui ne demande rien d’autre. Sans doute le signe que l’idée n’est pas encore mûre dans notre pays. Mais leur action a au moins le mérite d’ouvrir le débat.



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Tags: éditorial, homoparentalité, couples homosexuels, gays, pacs, parents, enfants, adoption, procréation médicalement assistée Aller en haut de page Haut de page

 

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