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PEINTURE
IMPRESSIONS D'ESPAGNE
La peinture espagnole à l’aube du XXe siècle: la Fondation de l’Hermitage révèle vingt artistes aussi méconnus que passionnants. Parmi lesquels JOAQUÍN SOROLLA Y BASTIDA, peintre solaire mûri sous le soleil de Valence.

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 09.02.2011

Entre Goya (mort en 1828) et Picasso (né en 1881), qui peut citer le nom d’un seul peintre espagnol? Alors que dès cette époque les airs de Carmen ou du Boléro donnent au monde entier une certaine «image» de l’Espagne, les peintres et les dessinateurs demeurent largement absents du paysage culturel et imaginaire du pays. Sans doute paient-ils leur part la situation politique et sociale de l’Espagne du XIXe siècle: un gouvernement instable – 34 tentatives de coups d’Etat entre 1814 et 1874, 12 réussies –, la liquidation de son empire avec la perte de Cuba, la royauté en déliquescence ont encore une fois isolé l’Espagne dont Voltaire disait, il n’y a pas si longtemps, qu’elle «ne méritait pas d’être connue».

PAUVRE ESPAGNE

Pourtant, au moment où, à Paris, l’impressionnisme fleurit dans un bouquet irrésistible, à Barcelone et à Madrid aussi de jeunes artistes inventent un art nouveau, un langage qui traduit leur époque pleine de bouleversements. Après l’escarmouche, titre Antonio Fillol Granell son tableau dépouillé d’un massacre de grévistes… Plus loin, des paysages sombres à l’horizon et des paysans indigents rappellent que l’Espagne est à l’époque le pays le plus pauvre d’Europe. Une centaine de tableaux, 20 artistes témoignent de ce Modernismo qui porte encore les traces des grands anciens (Vélasquez, Goya) mais annonce aussi le cubisme de Picasso, Miró et Dalí. Il aurait sans doute mérité une exposition à lui seul, Joaquín Sorolla y Bastida, qui fut l’un des rares, de son vivant, à être exposé et reconnu à l’étranger. Peutêtre parce que son art rayonnant de lumière le rapproche immédiatement des impressionnistes. Né à Valence en 1863, il perd deux ans plus tard son père et sa mère dans une épidémie de choléra… Peintre dès l’adolescence, il séjournera plusieurs années en Italie, où il parfait son art du paysage – en 1906, il en expose 500 dans une galerie parisienne! Plus tard, à Londres, il trouvera le mécène qui le fera travailler jusqu’en Amérique. Chaque été, pourtant, il reviendra fidèlement sur ces plages de Valence où il peignait, directement à l’huile sur la toile, ces lumineuses scènes de bord de mer.

El Modernismo - De Sorolla à Picasso, Fondation de l’Hermitage, Lausanne. Jusqu’au 29 mai. www.fondation-hermitage.ch



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Tags: Fondation de l’Hermitage, peinture, Espagne, El modernismo, Joaquín Sorolla Aller en haut de page Haut de page

 

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