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HIBERNATION
BONNE NUIT... ET AU PRINTEMPS PROCHAIN!
Ciel de plomb et froid de canard, on entrerait bien en HIBERNATION nous aussi. Mais rares sont les mammifères équipés pour utiliser cette étonnante stratégie de survie à l’hiver. Petit portrait des hibernants de chez nous.

Par Mireille Monnier - Mis en ligne le 29.11.2011

Se glisser au chaud sous un bon gros duvet pour attendre le retour des beaux jours, qui n’en a pas rêvé? Mais ça, c’est l’hibernation côté fantasme humain. Côté réalité, celle des animaux, c’est pour survivre à l’hiver qu’on hiberne et le risque est gros pour les plus faibles de ne jamais se réveiller.

Les hibernants ne sont d’ailleurs pas légion. Devriezvous en citer un, là tout de suite, vous penseriez sans doute à l’ours. Et vous auriez tort. L’ours hiverne, mais n’hiberne pas, corrige Blaise Mulhauser, directeur adjoint du Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel. Il entre dans une somnolence prolongée, sa température interne baisse un peu et son métabolisme ralentit, mais reste actif – dans cet état, l’ours peut encore réagir et se déplacer, et c’est même durant l’hivernage que la femelle met bas.

UNE HEURE EN APNÉE

Chez le vrai hibernant, en revanche, température et métabolisme chutent drastiquement. «Dès le moment où l’animal entre en hibernation, la température commence à baisser pour se stabiliser au-dessous de 10 °C. Le coeur ne bat plus qu’à quelques battements par minute et la respiration ralentit très fort: chez le loir, par exemple, on a calculé des apnées de plus d’une heure. Le cerveau s’économise lui aussi et ne garde que quelques fonctions actives; on a même constaté que des synapses se déconnectaient pour la durée de l’hibernation Ainsi, si vous embêtez un loir pendant qu’il hiberne, il va savoir que vous l’embêtez, mais il ne pourra pas réagir», précise Blaise Mulhauser.

LE HÉRISSON DUPÉ

En Suisse, les vrais de vrais hibernants chez les mammifères sont le loir, la marmotte et le lérot. Si la plupart des chauvessouris hibernent aussi, certaines peuvent être parfois «actives» dans des conditions stables des grottes et l’on parle alors plus d’hivernage. Reste le cas, un peu à part, du hérisson.

«Pour survivre à l’hibernation, les animaux doivent se faire un «sac de couchage» de graisse; leur organisme a d’ailleurs la capacité de fabriquer une sorte d’antigel qui va empêcher le gras de figer dans leurs cellules sous l’action du froid. En se gavant des provisions qu’il a mises de côté, le loir parvient ainsi à doubler son poids. Le hérisson, lui, ne peut pas accumuler autant de gras et il est donc à la merci des hivers très, très longs. De plus, si février est doux, il se laisse duper: il se dit chouette, il fait beau, il quitte sa retraite et quand, ensuite, mars et avril sont très froids, c’est l’hécatombe! Les vrais hibernants ne font pas cette erreur, ils ne se réveillent que vers avril ou mai», explique le conservateur neuchâtelois.

Comment savent-ils alors que l’heure du réveil a sonné? Si l’entrée en hibernation paraît réglée par la température extérieure et l’alternance jour/ nuit, la sortie serait déterminée, en plus, par la période de reproduction: c’est une montée du taux d’hormones qui contribuerait à relancer le métabolisme des petits endormis. La sève du printemps!



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Tags: hibernation, marmotte, mammifère, hiver, loir, lérot, hérisson Aller en haut de page Haut de page

 

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