Alors que la date de commercialisation de l’iPad hors des Etats-Unis a été reportée d’un mois pour cause de rupture de stock, le CEO de LeShop.ch nous fait découvrir sa tablette tactile.
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Quan Ly - Mis en ligne le 22.04.2010
La première demi-heure de l’entretien se passe de mots. Notre interlocuteur parle avec ses doigts. Avec l’iPad que faire d’autre? C’est que Christian Wanner, patron de Le-Shop.ch, premier marché en ligne de Suisse, fait partie des happy few non américains à avoir le Graal numérique, commandé dès la mimars aux Etats-Unis. Et il ne boude pas son plaisir: «C’est Noël au printemps!» Il faut dire qu’à peine a-t-elle été mise en vente aux Etats-Unis, le 3 avril dernier, que la tablette tactile a déjà connu son premier bug, davantage commercial qu’informatique. Plus de 500 000 écrans numériques ont été écoulées en une semaine. Une demande «bien plus forte qu’attendue» des consommateurs américains, a dû reconnaître Apple. Du coup, le groupe a annoncé le 14 avril que le lancement de l’iPad hors des Etats-Unis était repoussé d’un mois, fin mai au lieu de fin avril.
Ergonomie surprenante
Depuis la semaine dernière, Christian Wanner, lui, en est au stade de la découverte de cette ardoise tactile légèrement plus petite que le format de L’illustré. «L’ergonomie est surprenante, ainsi que la qualité du son. Par contre, elle est plus lourde que je ne le pensais.» Avec environ 700 grammes, l’iPad ne peut pas être tenu trop longtemps entre les mains. Mais le chef d’entreprise prédit que l’engin sera avant tout dédié à la famille: «Le mobile vous accompagnera partout, l’ordinateur portable restera professionnel, et la tablette remplacera l’ordinateur ménager qui, avec son imprimante et ses câbles, colonise toute une pièce.»
Il ne fait pas de doute que «l’iPad trônera sur la table du salon ou de la cuisine et se partagera en famille». Chacun y trouvera son compte: «C’est le multimédia de la maison à portée de doigts, toutes générations confondues.» Il en parle avec la joie d’un chercheur d’or qui serait tombé sur une mine: de fait, les 140 000 applications disponibles sont autant de pépites. Entre le nécessaire, le souhaitable et le possible, l’iPad sonne comme une promesse d’utilisation sans limite pour Christian Wanner. Qui joint le geste à la parole en nous faisant illico la démonstration d’une dizaine d’applications déjà téléchargées sur son écran numérique – des jeux, des BD, des livres, des recettes de cuisine, des journaux –, sans oublier des films et les photos, d’une qualité époustouflante, des dernières vacances. Se documenter sur les guerres mondiales, tout en visionnant les photos d’époque et les films d’archives: «On réinvente Gutenberg! Ce n’est pas la mort du livre pour autant; il change juste d’aspect. Aux éditeurs de se réinventer maintenant.»
«L’iPad en pâture»
la maison – où il y a déjà trois iPhone, quatre iPod, et une tablette Kindle (le livre électronique d’Amazon) –, il a, le premier jour, «jeté l’iPad en pâture» à ses deux jeunes ados. Il a fallu jouer les arbitres pour limiter le temps d’usage. Madame est partie s’enfermer dans la chambre pour lire son livre, vous savez, cet objet fait d’une matière qu’on appelle papier. «Devant un écran, mes gamins mettent instinctivement le doigt dessus; ils ne cherchent même pas l’interface clavier ou la souris. Comme l’iPhone, on utilise intuitivement la tablette, pas besoin de mode d’emploi. Elle est plus simple à utiliser que la machine à café!»
Les prouesses de l’appareil feraient presque oublier les défauts techniques (voir encadré 2). Un regret tout de même pour cet amateur de livres: «Le rétroéclairage, qui confère une qualité au niveau du graphisme, de la vidéo et de la photo, gêne cependant la lecture. Pour ça, je préfère le Kindle.» Et d’ajouter tout de suite après, comme pour s’excuser: «Mais c’est le défaut de sa qualité.»
C’est sûr, le patron du marché en ligne est conquis. Parlant de l’iPad, il sait utiliser tous les tons. Enthousiaste: «C’est le plaisir de la découverte.» Prophétique: «Avec son smartphone et sa tablette, Apple a signé le démarrage de la surface tactile populaire. Je pense que, dans cinq ans, 50% des ménages en Suisse auront une surface tactile: sur la table du salon ou sur le frigo.» Admiratif: «Le génie d’Apple, c’est la simplicité.» Nuancé: «Non, je n’ai pas conservé la boîte d’emballage; je ne suis pas fétichiste à ce point!» Regard émerveillé, sourire complice, Christian Wanner, 40 ans, cultive avec soin l’enfant qui est en lui.
L’IPAD AU QUOTIDIEN POUR CHRISTIAN WANNER
• Un potentiel pour l’apprentissage interactif, par exemple d’une langue, par les enfants, voire les pendulaires.
• Un guide de voyage qui fournit des renseignements sur les itinéraires, les hôtels, les musées, etc.
•
Un outil de travail: lors d’un déjeuner d’affaires, une présentation
Powerpoint sur la tablette est plus discrète que sur un ordinateur
portable.
• Un gain de temps pour les courses grâce au commerce en ligne.
• Un outil interactif qui, par rapport à la télévision, rassemblera davantage la famille autour d’un centre d’intérêt commun.
Premiers pas avec l'iPad
Démonstration des fonctionnalités de l'iPad par le correspondant de lexpansion.com dans la Silicon Valley qui a pu se procurer la tablette tactile le jour de la sortie aux Etats-Unis, le 3 avril 2010.
LE WEPAD, L'ALLEMAND QUI VEUT GRIGNOTER LA POMME
La
décision de reporter le lancement de l’iPad en Europe pour fin mai
pourrait être liée à la récente annonce de l’arrivée d’un sérieux
concurrent. Son nom: le WePad. Son concepteur: la PME berlinoise
Neofonie. Ses atouts, nombreux: une exploitation sous Linux (logiciel
libre) ou Android (Google), un écran plus grand (plus de 11 pouces,
contre 9,7 pour la marque à la pomme), une meilleure définition, des
ports USB et une webcam (absents sur l’ardoise d’Apple) et, surtout, le
support des technologies Flash et Adobe Air permettant de lire la
plupart des contenus d’information multimédia et vidéo sur le Net
(impossible sur l’iPad). Tout cela pour un prix annoncé comme
inférieur. Avec livraison fin avril. Les iPad killers sont lâchés.