«Lavaux, c’est l’ouverture au monde»
Pascal Broulis. Quais de Cully
La place d’Armes de Cully, au bord du Léman, offre l’un des plus beaux panoramas sur Lavaux. C’est ici qu’il y a presque une année, le samedi 22 septembre 2008, s’est déroulée la fête officielle pour l’inscription à l’UNESCO du vignoble en terrasses. Une manifestation dont l’invité d’honneur était un certain Pascal Couchepin, conseiller fédéral. Mais Pascal Broulis l’assure: dans son choix, aucune volonté de s’inscrire dans le sillage du Valaisan. S’il a choisi ce lieu, c’est uniquement pour sa vue sur Lavaux. «C’est un endroit magnifique dont nous, Vaudois et Suisses, pouvons être fiers. Avec son entrée au patrimoine mondial de l’humanité, cette région transcende le canton et marque son appartenance à une terre unique. Cette ouverture est encore accentuée par ce lac international. Avec le Léman, ce sont les frontières qui s’atténuent. C’est un gage de stabilité et de paix.»
Pascal Broulis avait tout d’abord pensé faire la photo dans son bureau, au 6, rue de la Paix, à Lausanne, au Département cantonal des finances que l’ancien banquier dirige depuis 2002. «L’image aurait illustré ma volonté d’efficacité», relève le radical. Sans doute également sa fierté d’avoir été nommé en 2007 président du Conseil d’Etat, lui, le fils d’un ouvrier immigré de Sainte-Croix devenu «roi» des Vaudois. «D’ailleurs, si je n’avais pas senti les gens de mon canton derrière moi, je ne me serais pas présenté à la candidature pour le Conseil fédéral», reconnaît-il. Mais le symbole d’ouverture au monde que véhicule Lavaux l’a finalement emporté. «Le repli sur soi ne peut amener qu’à la paupérisation», précise-t-il.
Dans ce sens, Pascal Broulis aime évoquer Périclès, en particulier L’oraison funèbre, un discours où l’Athénien dresse une vibrante apologie d’une démocratie cosmopolite, ouverte et créatrice. «Il le prononce en 429 avant Jésus-Christ. C’est le début de la guerre du Péloponnèse, qui voit Athènes affronter les oligarques de Sparte.» Une admiration pour l’homme d’Etat qui rappelle les origines grecques de Pascal Broulis du côté de son père, sa mère étant Vaudoise. «Ce double héritage me permet d’avoir les deux pieds sur terre. Il me donne à la fois un équilibre et me pousse à me montrer curieux.»
A Cully, Pascal Broulis a également convié une équipe de la télévision alémanique qui réalise un reportage pour Rundschau, une émission semblable à Mise au point, sur la TSR. L’enjeu est crucial, réussir une ouverture vers la Suisse alémanique.
Pourquoi les parlementaires devraient-ils voter pour vous?
«Il y a une attente de rajeunir le Conseil fédéral. Mon atout, c’est à la fois d’être jeune et dynamique, tout en possédant une expérience, avec surtout un bilan, à la tête des Finances vaudoises.»
Carte d’identité
Age: 44 ans
Parti: radical
Domicile: Sainte-Croix (VD)
Formation: financier
Etat civil: marié, un enfant
Parcours politique: au Conseil d’Etat vaudois depuis 2002, qu’il préside pour la législature 2007-2012. Ancien député au législatif cantonal (1990-2002)
«J’ai la volonté de m’occuper de la Santé»
Urs Schwaller. Hôpital cantonal de Fribourg
Pour être honnête, ce n’est pas la photo qu’avait imaginée initialement Urs Schwaller. Le démocrate-chrétien avait tout d’abord pensé à la terrasse de l’Hôpital cantonal de Fribourg. Située au neuvième et dernier étage du bâtiment, elle offre un point de vue imprenable. «J’ai réfléchi à un endroit d’où l’on pouvait voir une bonne partie du canton. C’est une région extraordinaire, que j’aime et que je connais par cœur. Comme préfet, puis comme conseiller d’Etat, je crois être passé dans toutes les communes. Pour moi, Fribourg est bien plus qu’un cercle électoral. » Dans l’idéal, s’il avait eu davantage de temps, ce grand marcheur aurait préféré se faire photographier sur l’un des sommets qu’il se plaît à gravir été comme hiver. «Mais je ne vous dirai pas si j’aurais choisi le Moléson ou le Kaiseregg», glisse-t-il en souriant, faisant référence à la question de son bilinguisme, lui, le minoritaire germanophone dans un canton à majorité francophone. «Je suis un Fribourgeois à part entière», insiste l’habitant de Tafers.
Le panorama n’est évidemment pas la seule raison qui a incité Urs Schwaller à opter pour l’hôpital cantonal. «Il n’est pas exclu que le successeur de Pascal Couchepin reprenne le Département de l’intérieur, relève celui qui préside la commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des Etats. Le cas échéant, j’ai la volonté, ainsi que les compétences, de m’occuper dès le premier jour de l’évolution des coûts de la santé. Il y a urgence. Nous avons un des meilleurs systèmes du monde, qui permet à chacun un accès à des soins de qualité. Mais nous devons faire attention à la hausse des primes maladie.»
Urs Schwaller est un homme prévoyant. La veille de la séance photo, il a pris soin de demander l’autorisation au directeur de l’hôpital, Hubert Schaller, un ami de longue date. Ils se sont connus à la fanfare du collège, où le politicien jouait de la trompette, puis du cornet. Mais ce que l’élu PDC n’avait pas prévu, ce sont les énormes blocs de béton entourant la terrasse du bâtiment et qui gâchent la vue. Après la séance photo, le Fribourgeois se laissera tenter par une autre variante, cette fois devant l’entrée principale de l’hôpital. Il acceptera de jouer avec la silhouette de la statue Pièce d’eau, réalisée en 1989 par le sculpteur plasticien Claude Magnin. Urs Schwaller hésitera entre les deux images, estimant que cette seconde pose met trop l’accent sur sa personne. Puis de lancer en guise d’au revoir: «Faites le meilleur choix!»
Pourquoi les parlementaires devraient-ils voter pour vous?
«Pour mes compétences. Je connais les rouages, je sais conduire un dossier et rassembler les gens autour d’une solution. Et, comme Fribourgeois, j’ai le respect des minorités.»
Carte d’identité
Age: 56 ans
Parti: PDC
Domicile: Tafers (FR)
Formation: avocat
Etat civil: marié, trois enfants
Parcours politique: au Conseil des Etats depuis 2003. Ancien conseiller d’Etat fribourgeois (1992-2004) et préfet du district de la Singine (1986-1991)
«Ce pont est le lien entre les cultures»
Dominique de Buman. Pont de Berne, Fribourg
Pour réaliser le cliché sur le pont de Berne, il faut bloquer quelques minutes le trafic, très dense en cette fin de journée. Les automobilistes acceptent de patienter sans broncher, reconnaissant leur ancien syndic. «Souriez, monsieur de Buman!» lance un jeune homme, qui juge bon de préciser: «Je le connais un peu.» Ici, en Basse-Ville, berceau de la cité des Zaehringen, le démocrate-chrétien est sur ses terres. «Je suis enraciné à Fribourg, confirme Dominique de Buman. C’est ma ville d’origine, j’y suis né. J’ai vécu mon enfance dans le quartier de Pérolles et aujourd’hui j’habite dans le Bourg.»
«Oui, je crois que l’on peut dire que je suis très Fribourgeois, ajoute, amusé, Dominique de Buman. Mais cela ne m’empêche pas d’être ouvert sur les autres cantons, notamment Vaud, par ma mère originaire de la Riviera. Je ressens aussi un fort attachement à mon grand-père maternel. C’était un industriel hors pair, il a fondé la cimenterie d’Eclépens (ndlr: dans la région de Cossonay). Il possédait un sens du partenariat social très développé. Avec lui, il n’y avait pas besoin de syndicat. Avec cinquante ans d’écart, nous avons la même vision politique, cette volonté de rassembler, de ne pas exclure.»
Ce désir de réunir n’est pas étranger au choix du pont de Berne. Datant de 1250, puis régulièrement rénové, l’ouvrage est l’un des plus anciens de Suisse, le premier en ville de Fribourg permettant de franchir la Sarine. Tout un symbole. «Ce pont est le lien entre les deux principales parties linguistiques du pays, raconte ce féru d’histoire. Quand, en 1481, Fribourg devient le premier canton romand, ce pont, à l’époque défendu par des remparts, symbolise alors l’ouverture de l’ancienne Confédération sur la Suisse romande.» Franchir le pont de Berne, c’est, surtout pour celui qui a été dix ans durant le syndic d’une commune bilingue, aller vers l’autre. «Il ne faut pas avoir peur. Il n’y a pas de fossé entre Romands et Alémaniques. Il y a des différences, bien sûr, mais ce sont elles qui font que l’on se sent bien en Suisse.»
Plusieurs automobilistes s’arrêtent à la hauteur de Dominique de Buman, lui glissant un petit mot d’encouragement. «Je suis aimé dans ma ville, non?»
Pourquoi les parlementaires devraient-ils voter pour vous?
«Chaque candidat a ses qualités, met en jeu son profil. Le mien est celui d’un rassembleur, d’un Romand ouvert sur le monde alémanique, d’un politicien jeune avec une forte expérience.»
Carte d’identité
Age: 53 ans
Parti: PDC
Domicile: Fribourg
Formation: juriste
Etat civil: célibataire
Parcours politique: au Conseil national depuis 2003, vice-président du PDC suisse. Ancien syndic de Fribourg (1994-2004) et député au législatif cantonal (1986-2003)
«Le lac permet de voir très loin»
Didier Burkhalter. Port de Hauterive
Didier Burkhalter n’aime pas les photos. Ou, pour être plus juste, il n’aime pas être pris en photo. Aux projecteurs des médias, le Neuchâtelois privilégie le travail de l’ombre, faire avancer des projets, imaginer des solutions, rassembler des points de vue divergents. Symbole de la méthode Burkhalter: la construction du complexe multifonctionnel de la Maladière, dont le radical, alors membre de l’exécutif communal, a été l’une des chevilles ouvrières. Sans faire de vagues, Neuchâtel réalisera en à peine quatre ans (2002-2006) le nouvel antre du Xamax. «Personne n’y croyait», lâche non sans fierté l’économiste, dont l’un des tours de force a été de faire s’entendre associations écologistes et promoteurs immobiliers. Il faut dire que pendant la même période, dans d’autres villes suisses – Zurich pour n’en citer qu’une –, les projets de stades de football ont viré au psychodrame. De cette aventure, Didier Burkhalter a tiré un livre, publié en 2007, intitulé La Maladière, un sentiment d’éternité. L’élu l’a apporté avec lui. L’ouvrage représente, selon lui, une synthèse de sa vision politique, l’exemple d’un partenariat réussi entre le public et le privé.
Mais comme il faut bien faire une photo, Didier Burkhalter a opté pour le bord du lac de Neuchâtel. «Je suis un lacustre, reconnaît cet ancien nageur. Dès que je suis loin, il me manque quelque chose. Je suis né les pieds dans l’eau à Auvernier. Mon grand-père était pêcheur professionnel. Je l’accompagnais souvent pour installer ou relever les filets.» Aujourd’hui encore, ce matinal aime se promener tôt au bord du lac. «Vers 5 heures, ce sont des heures fantastiques, magiques. Il n’y a personne. On sent la présence de la nature, changeante, mais toujours présente.» Il poursuit: «Le lac, c’est également un appel au large, au voyage. Il permet de voir très loin. Rien ne restreint la vue.»
Didier Burkhalter n’a pas choisi n’importe quel endroit. Il a souhaité être photographié au port de Hauterive. «C’est ici que j’ai fondé ma famille avant que nous déménagions à Neuchâtel pour un logement plus grand. Le premier de mes trois fils est né ici en 1988. C’est également à Hauterive que, la même année, j’ai commencé ma carrière politique en entrant au législatif communal.» Dans les histoires, Didier Burkhalter préfère toujours le début: «A ce moment, on peut encore tout imaginer.» Il confie qu’il aimerait un jour écrire des romans. L’inspiration, il la trouvera sans doute en déambulant aux petites heures de l’aube au bord de son lac.
Pourquoi les parlementaires devraient-ils voter pour vous?
«Je ne donnerai pas de raisons. J’ai proposé ma personnalité, mon projet, celui de la concordance. Le Parlement doit choisir le meilleur pour le pays. C’est à lui de décider s’il me fait confiance.»
Carte d’identité
Age: 49 ans
Parti: radical
Domicile: Neuchâtel
Formation: économiste
Etat civil: marié, trois enfants
Parcours politique: au Conseil des Etats depuis 2007. Ancien conseiller national (2003-2007), député au législatif cantonal (1990-2001) et membre de l’exécutif de la ville de Neuchâtel (1991-2005)
«Ici est née ma passion de la politique»
Christian Lüscher. Palais fédéral
Le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz vient de monter les marches, accompagné d’un huissier. Il faut encore patienter quelques minutes. Un groupe de visiteurs occupe tout l’escalier. Ecoutant les explications de la guide, ils admirent l’imposante statue des Trois Confédérés, réalisée en 1914 par James André Vibert, un élève de Rodin. Une fois ce petit monde parti découvrir le reste de la vénérable bâtisse, Christian Lüscher peut enfin se positionner au sommet des marches de l’entrée principale du Palais fédéral. Lui, le pur Genevois, ne pouvait imaginer être photographié ailleurs qu’à Berne: «On a tort de cantonaliser les candidatures. Celui qui sera élu au Conseil fédéral sera avant tout un citoyen suisse et devra œuvrer dans l’intérêt de tout le pays.»
«Le Palais fédéral ne me laisse pas indifférent, poursuit Christian Lüscher, une fois la photo faite, attablé au café Vallotton, la cafèt’ des parlementaires. C’est un lieu chargé d’histoire. En tant que politicien, je suis ému à chaque fois que je pénètre dans le bâtiment, que je passe devant cette statue des Trois Confédérés. C’est impressionnant, dans le sens de «mettre la pression», celle de ne pas décevoir. Siéger ici est un privilège.»
Reste que le choix d’un lieu si solennel étonne de la part d’un homme très à l’aise avec son image et la peopolisation du monde politique. Ne s’est-il pas récemment fait prendre en photo en train de pratiquer du ski nautique pour le quotidien Le Matin? Il y a quelques années, jouant dans la pièce Les dix petits Nègres, n’était-il pas monté sur scène vêtu de son seul caleçon? «C’est vrai, j’étais presque nu, se souvient-il. Mais c’était dans un autre cadre. Je n’ai aucun problème à me montrer lors de mes activités, le sport ou le théâtre.» Mais là, en vue d’une galerie de portraits des politiciens en lice pour le gouvernement, le libéral a voulu se présenter avant tout dans son rôle de candidat. «En politique comme en droit, la forme doit être au service du fond. En tant qu’élus, nous nous devons d’avoir une apparence irréprochable par respect pour les électeurs. »
Après avoir salué un collègue PDC du Conseil des Etats et pris rendez-vous avec une journaliste de la TSR qui lui demandait une réaction sur une éventuelle candidature de Fulvio Pelli, Christian Lüscher conclut: «C’est véritablement ici, à Berne, qu’est née ma passion pour la politique.»
Pourquoi les parlementaires devraient-ils voter pour vous?
«J’ai une grande expérience dans le privé. Avocat depuis vingt-deux ans, j’ai appris à défendre des causes. Et je suis conscient des conséquences des décisions politiques sur l’économie.»
Carte d’identité
Age: 45 ans
Parti: libéral
Domicile: Genève
Formation: avocat
Etat civil: divorcé, deux enfants
Parcours politique: au Conseil national depuis 2007. Ancien député au législatif cantonal (2001-2007)
«La montagne, c’est l’enfance et la famille»
Martine Brunschwig Graf. Crêtes du Wispile
Dans la télécabine qui monte au sommet du Wispile, Martine Brunschwig Graf s’émerveille. Le paysage qu’offre l’Oberland bernois est saisissant, la journée splendide. La politicienne genevoise ne boude pas son plaisir. Pull sur les épaules, la tenue se veut décontractée. «Je voulais montrer aux gens comment je suis au naturel, quand je suis en vacances.» Elle a emmené son neveu de 19 ans, Jérémie. La séance photo se transforme en excursion. Une balade sur les traces de son enfance. Petite, la libérale venait souvent pique-niquer en famille sur cette montagne qui surplombe Gstaad. «Jeune, j’ai passé presque tous mes étés dans la station. Mes parents louaient un grand chalet. Nous nous retrouvions parfois jusqu’à quinze personnes.»
Troisième de huit enfants, cinq garçons et trois filles, Martine Brunschwig Graf se souvient avec nostalgie du déménagement que constituaient ces séjours: «Il fallait une camionnette uniquement pour les bagages.» Elle habitait alors la ville de Fribourg. La route qui monte de Bulle en direction de ce Paysd’Enhaut était celle des vacances. Puis la tradition s’est perdue. Les gens se sont éloignés. A 28 ans, elle s’est installée à Genève, canton où elle gravira les échelons de la politique. Un parcours qui la mènera au Conseil d’Etat, puis à Berne. Il y a quelques années, Martine Brunschwig Graf a ressuscité la coutume familiale. Comme un besoin de sentir les siens autour de soi. «Nous louons un chalet toujours dans la région, à Rougemont. Il est devenu un point de ralliement. Les gens arrivent pour quelques jours, repartent. C’est moi qui fais la cuisine pour tout ce petit monde.»
Pour rejoindre le lieu de la prise de vue, il faut marcher. La candidate se propose spontanément pour porter l’un des éclairages. «J’aime me promener dans les Préalpes, raconte-t-elle, chemin faisant, lampe et trépied sur l’épaule. C’est moins abrupt que les Alpes. Les reliefs permettent de se balader tranquillement, l’esprit libre, de regarder autour de soi, d’admirer.» Souriante, Martine Brunschwig Graf engage la conversation avec tous les promeneurs croisés, ici une famille de touristes hollandais, là des gens du Simmental. «En altitude, des gens qui ne se salueraient pas en plaine se disent bonjour. La montagne, c’est un lieu et un moment où l’on peut être soi-même. On est libre d’imposer le rythme que l’on souhaite. Et pour moi, elle représente surtout l’enfance et la famille.»
Pourquoi les parlementaires devraient-ils voter pour vous?
«Plus que pour mon expérience, pour ma compréhension de ce pays. J’ai vécu la moitié de ma vie à Fribourg, l’autre à Genève, des cantons très différents. Cette double appartenance est un atout.»
Carte d’identité
Age: 59 ans
Parti: libéral
Domicile: Genève
Formation: économiste
Etat civil: veuve, sans enfants
Parcours politique: au Conseil national depuis 2003. Ancienne conseillère d’Etat à Genève (1993-2005) et députée au législatif cantonal (1989-1993)