L’animatrice de la TSR confesse une aversion pathologique pour les mecs à grosses pompes. Du coup, on comprend mieux l’affection qu’elle porte à sa Fiat 500 bleu Schtroumpfette de 1967, kilométrage inconnu…
Par
Christian Rappaz - Mis en ligne le 31.05.2010
Il se chuchote qu’un courtisan débarquant à Cully avec sa Ferrari ou
sa Porsche n’aurait aucune chance avec vous?
Pas l’ombre de la
moindre petite chance. Jamais un homme ne me séduira avec sa voiture. Ou
alors je lui dirai: «Si tu tiens vraiment à moi, tu vends ta bagnole et
tu roules avec une voiture normale.»
Pourquoi cette aversion?
Pour
le côté frimeur que ce genre de voiture donne forcément à son
propriétaire. Le sentiment d’être face à quelqu’un qui se cache derrière
un artifice, qui s’appuie sur lui pour se mettre en valeur. Je
l’entends d’ici faire ronfler le moteur pour m’impressionner. Tout ce
que je déteste, en somme.
Celui qui veut attirer votre attention a
donc intérêt à rouler avec une vieille bagnole pourrie?
Il se
trouve que mon compagnon roule justement avec une vieille Golf pourrie
d’un autre âge. Sans doute plus qu’une coïncidence…
Ecolo en plus,
peut-être?
Non. Enfin si, par conviction, mais au quotidien pas
toujours.
C’est-à-dire?
C’est-à-dire que si on m’enlevait ma
voiture, je me sentirais aussi perdue que si l’on m’enlevait mon
téléphone portable. Et pourtant, tout compte fait, je pourrais fort bien
m’en passer.
Vous cédez à la facilité?
Un peu. A ma
décharge, se déplacer de Cully en transports publics, chargée des 12 000
trucs que j’ai toujours avec moi n’est pas très commode. Et puis je
l’adore, ma petite 500.
Elle roule?
Il faut changer la
batterie, la rafistoler un peu comme à chaque printemps, et voilà. C’est
une vieille mamie vous savez, 43 ans. Et Dieu seul sait combien de
kilomètres, le compteur est bloqué à 99 999 km.
Vous l’avez depuis
longtemps?
Dix ans. Je l’ai achetée 4000 francs avec l’un de mes
tout premiers salaires.
Pourquoi elle?
Parce qu’elle est
bleu Schtroumpfette comme je voulais et que j’ai toujours adoré les
petites voitures et, parmi elles, les Fiat 500 surtout. Gamine, elles me
fascinaient quand j’allais en vacances en Italie. Il y a cette image de
Jean Reno dans Le grand bleu, engoncé dans sa petite Fiat aussi. Toutes
ces choses à la fois pittoresques et poétiques qui font remonter en moi
tellement d’émotions et de bons souvenirs.
Au moins, vous ne
risquez pas les excès de vitesse avec ce «pot de yogourt aux mûres»?
Je
suis prudente au volant. Distraite, mais prudente. La vitesse, très peu
pour moi. Je préfère regarder à gauche, à droite, les gens, la nature,
la vie quoi…
Pas de retrait de permis ni de pépins sérieux à
signaler donc?
Si. J’ai cassé la voiture de ma mère il y a
quelques années. Un moment de distraction…
La première voiture écolo
La Fiat 500 «petite souris»
(traduction de Topolino), a sans doute été la première voiture
écologique du monde. Fabriquée dès 1957, la plus petite citadine de la
planète à l’époque ne consommait en effet que 4,5 l d’essence aux 100
km. Remarquez, avec un poids de 470 kg à vide, un moteur de 479 cm3
délivrant une «puissance» de… 13 chevaux et autorisant une vitesse de
pointe (!) de 85 km/h, c’était déjà pas mal. N’empêche, l’arrivée du
«pot de yogourt» italien, dont la particularité était de n’être pas plus
large que haute (1 m 32, pour 2 m 97 de long), fut accueillie avec
enthousiasme. Pour preuve, 3,8 millions d’unités sortirent des chaînes
turinoises entre 1957 et 1975. Pour fêter les 50 ans de son modèle
fétiche, le manufacturier piémontais a repris sa production, en version
moderne bien sûr, en 2007.