Elle porte le prénom de la divinité du printemps chez les Romains, mais elle s’appelle aussi ainsi parce qu’elle a été conçue un 1er mai. Maïa a vu le jour samedi dernier, à 18 h 49, dans une clinique genevoise. Ce petit bout de chou de 52 centimètres et 3 kg 780 dort paisiblement dans son couffin sans se soucier de rien. Ni de la nouvelle de sa naissance qui bruisse déjà dans toute la Suisse romande, ni de la folie du monde dont son papa égrène chaque jour les nouvelles au téléjournal. Le portable de la vedette du petit écran, lui, n’arrête pas de sonner, les SMS affluent en même temps que les visites se succèdent au chevet de l’enfant, mais il en faudrait plus à Darius Rochebin pour se départir de son calme légendaire, même si aujourd’hui l’émotion est bien présente au rendez-vous. Pour lui, le 23 janvier 2010 sera à jamais une date pas comme les autres.
Chaudes larmes
A 43 ans, le présentateur-vedette connaît enfin les joies de la paternité, avec sa compagne Marie, 32 ans, médecin de profession et mère comblée. «Curieusement, moi qui ai été très longtemps un vieux garçon endurci, explique Darius, l’appréhension que j’avais d’être père s’est totalement dissipée pendant la grossesse de ma compagne. J’ai souvent senti le bébé à travers le ventre de Marie, c’était quelque chose de très beau. Je palpais un pied, une fesse… Ce qui m’a le plus ému, c’était la première échographie, quand j’ai vu le bébé et entendu le battement du cœur. J’écarquillais les yeux, je regardais ce petit être en me disant que j’allais passer le restant de ma vie avec lui. Là, j’étais vraiment ému, j’ai pleuré à chaudes larmes. C’est vraiment très impressionnant. L’accouchement aussi a été un moment très doux, très harmonieux. Je m’attendais à passer la nuit à la maternité, tout est allé finalement très vite… Mais voir Marie souffrir avant l’accouchement, pendant les deux heures avant la péridurale, ça m’a retourné. On sent que c’est une douleur qui vient du fond des âges… Quand Maïa est venue au monde, j’ai d’abord vu ses cheveux noirs. Ça a été un moment de grâce. On l’a placée sur le ventre de Marie, en l’enveloppant dans des linges chauds. Marie me demandait: «Comment elle est, comment elle est?» Elle n’arrivait pas encore à la voir. J’ai balbutié quelque chose et j’ai pris une petite photo avec mon téléphone portable pour lui montrer. J’aimerais bien qu’elle ait les yeux bleus de sa mère, mais pour l’instant son regard est bleu sombre.»
Quel père être?
Dans les couloirs de la maternité, Darius ne semble pas encore très bien mesurer à quel point sa vie va dorénavant changer. «Ma vie va forcément être différente, dit-il, mais en bien. J’essaierai d’être un papa attentionné. Je ne rechignerai pas à changer les couches de Maïa ou à la promener dans sa poussette. Je ne sais pas encore si je serai un père autoritaire, mais j’essaierai de ne pas être trop papa poule. J’avais une mère un peu froide de temps en temps; ce n’était pas mal parfois, finalement.»
Mais ce qui a le plus bouleversé l’homme le plus connu de Suisse romande, c’est le premier regard de Maïa dimanche soir, quand il lui a changé ses couches pour la première fois. Il lui a parlé doucement, le bébé l’a regardé quelques secondes: «Je suis définitivement tombé amoureux d’elle à cette minute-là. Avant, j’étais encore un peu emprunté.» Quant à son prénom, Marie et Darius ont hésité jusqu’aux derniers jours: «On a beaucoup débattu, confesse le présentateur du téléjournal. Moi, j’aimais bien des prénoms comme Capucine ou Virginie, mais Marie n’en voulait pas. Elle a proposé Maya avec un y, j’ai accepté à condition qu’il y ait plutôt un ï, après avoir consulté un livre d’histoire romaine. Maïa, c’est la divinité de la végétation en croissance, je trouvais ça mignon et très frais.»
Elle aura 20 ans en 2030
Darius Rochebin se voit-il avec d’autres enfants? «A priori, non, avoue-t-il. J’ai déjà beaucoup d’émotions à digérer avec un bébé, j’ai déjà mis dix ans à me laisser convaincre pour avoir un enfant. Alors un deuxième, je ne sais pas trop… C’est seulement à la mort de ma mère, en 2007, que j’ai accepté au fond de moi-même de sauter le pas. De donner la vie.»
Et comment voit-il Maïa lorsqu’elle aura 20 ans? «Je l’imagine bien médecin comme sa mère. J’espère qu’elle n’aura pas mes sourcils. Mais elle fera bien sûr ce qu’elle veut.»