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«Je vous avoue que...»
Il est le meilleur et le mieux payé des joueurs de tennis de tous les temps. Du 2 au 8 novembre 2009, Roger Federer joue à Bâle le tournoi le plus important de Suisse. Juste avant, en exclusivité, il explique comment il séduit Mirka, comment il réconforte ses bébés et dans quel autre domaine il ambitionne d’être également numéro un.

Par Stephanie Ringel (Schweizer Illustrierte) - Mis en ligne le 03.11.2009
Il est midi. Nous sommes au dernier étage de Lindt & Sprüngli, à Kilchberg (ZH). Roger Federer vient d’être présenté au monde comme nouvel ambassadeur de la marque de chocolat. Le patron de l’entreprise, Ernst Tanner, a son bureau au troisième, avec un jardin japonais sur le toit. Toute la maison sent le chocolat chaud. Dans la salle de conférence, il y a une immense table ovale et des sièges en cuir jaune moutarde tout autour. Derrière la baie vitrée, on voit le lac de Zurich. Et, devant, Roger Federer en jeans et chemise blanche largement échancrée qui laisse entrevoir sa virile pilosité. Gilet et veston coupés sur mesure, dans un beau gris à tout petits carreaux. Impression d’ensemble: classe et beaucoup de sex-appeal!


Roger Federer, nous avons dix minutes. Vous êtes d’accord de jouer avec moi un set de tennis verbal? Je sers et vous renvoyez aussi sec.

OK!

Vous jouez maintenant à Bâle aux Davidoff Swiss Indoors. Combien avez-vous de raquettes avec vous sur le court?

Douze.

Combien en tout?

Chez moi, à la maison? Cent, dans ces eaux-là.

Combien de chaussures de sport?

Petite info: Roger Federer commence une phrase sur deux par «euheuheuh ». Ça lui donne le temps de réfléchir. Ses yeux bruns brillent tout au fond de son regard. Au bout de quelques secondes…

Euh, peut-être dans les cinquante. Mes affaires de sport sont à la cave. J’ai une pièce à part juste pour elles. Des bandeaux, par exemple, je n’en ai presque pas, je les lance au public à la fin de chaque match. Lors de chaque tournoi, j’en reçois de nouveaux. J’ai une préférence pour les couleurs vives: bleu, rouge, noir.

C’est clair, à homme fort, couleurs pétantes. Jusqu’à présent, il a bien renvoyé la balle. Tournons-nous vers Mirka, dans les tribunes…

Comment prenez-vous congé de Mirka avant un match?

Je lui dis: «Ciao!» et je lui donne un petit bec. Elle me souhaite bonne chance et espère que le match se déroule bien. Alors je lui dis: «OK, on se voit plus tard.»

Ça fait un peu ados qui se quittent timidement. Alors qu’ils sont ensemble nuit et jour depuis neuf ans. Alors je vais l’épingler encore une fois, il doit bien se passer autre chose.

C’est vraiment tout?

Nous ne faisons pas give me five ou un truc comme ça, c’est l’horreur. Bon, j’avoue: nous nous enlaçons.

Ouaah, un aveu!

Qui voyez-vous en premier après le match?

Parfois les journalistes. Parfois d’autres joueurs. Souvent mon coach. A chaque tournoi, c’est différent. J’espère simplement toujours que ce sera mon équipe.

Allons sous l’eau… gel douche ou savon?

Gel douche.

Tongs ou pieds nus?

Toujours des tongs!

Que sentez-vous?

Ça dépend. Actuellement, je suis très branché bergamote. On peut créer soi-même son propre parfum, j’ai déjà essayé et pendant longtemps j’ai utilisé ma propre marque.

Pas de parfum préféré? Vous devez en recevoir des tas?

Oui et non! Ah, que dire, je m’adapte beaucoup. J’en ai plein de différents.

Aujourd’hui, il ne sent rien. Du moins rien de perceptible. Roger a fait une raie au milieu de ses cheveux. De la main droite, il essaie sans cesse de repousser derrière son oreille des mèches rebelles. Ça ne marche pas, elle reviennent toujours sur son visage.

Que dites-vous à votre coiffeur?

La réponse fuse: Pas trop court, s’il vous plaît! J’ai toujours peur qu’il «taille» tout. Alors j’explique avec précision quelle longueur je veux. Bien que, peut-être, je pourrais bientôt les couper tout court…

Est-ce qu’il vous coupe les sourcils?

Parfois. Mais je n’aime pas trop ça.

Vous avez eu quatre semaines libres. Quel en a été le plus beau moment?

C’était génial de ne pas avoir de programme journalier. Pas de contrainte, pas de rendez-vous. Je pouvais déterminer ce que j’avais envie de faire. C’était important de pouvoir me détendre enfin et de passer du temps avec Mirka, Myla et Charlene.

«Quand je veux lui faire un compliment, je lui dis: «Mirka, tu as l’air super. Tu es la meilleure»
Roger Federer


Vous avez fait les magasins. Et acheté quoi?

Non, je ne suis pas allé dans les magasins. Mais Mirka…

Mirka est une fashionista connue. Elle aime les sacs à main, les sacs à main, les sacs à main. Elle a 38 de pointure et porte volontiers des deuxpièces en laine depuis qu’elle est maman. Il considère secret tout ce qui concerne Mirka et les enfants. A l’attaque!

Vous gardez vos enfants. Quel est le plus beau jeu que vous faites avec Myla et Charlene?

Je les occupe, simplement, elles prennent mon doigt, je leur chatouille le ventre. J’adore les sentir sur moi.

Que préférez-vous: les langer ou les nourrir?

Eueuheuh…

Ouh là, sujet brûlant. Il a l’air de vouloir dire qu’il ne trouve pas si agréable que ça de les langer, mais en tant qu’homme moderne on ne fait pas tant d’histoires. Elégante mise en touche…

… fifty-fifty, je fais les deux.

Ont-elles déjà régurgité sur vous?

Bien sûr.

Myla crie: vous appelez la nounou?

Il faut prononcer «Meila», pas «Mila». J’essaie d’abord par moimême, sinon je demande l’aide de Mirka. Mais attention, je veux me débrouiller seul. Les filles vont bien jusqu’à présent. Elles n’ont pas encore eu de maladie d’enfant.

Laquelle des deux vous ressemble-t-elle le plus?

Myla me ressemble, Charlene à Mirka. Quand je compare les photos de moi enfant et Myla, il y a beaucoup de ressemblances. Je veux rester avec elles le plus souvent possible. Elles grandissent si vite.

Quand avez-vous dormi une nuit complète pour la dernière fois?

Il y a une semaine. Dormir, pour moi, c’est d’une importance capitale. Sinon, je me blesse. Quand je suis immensément fatigué, je me mets des bouchons dans les oreilles et je dors, quels que soient les cris dans la chambre à coucher.

Un vieux truc de ma mère. Un morceau de chocolat sous la langue aide à s’endormir.

Mmmh, je n’ai jamais essayé ça. Mais bonne idée. Petit, j’aimais déjà le chocolat, surtout le blanc. Aujourd’hui, je préfère le noisette.

Votre gâteau préféré?

Gâteau?!? J’aime pas.

Le patron de Sprüngli se glisse dans la salle de conférence. Vite, une question officielle.

Vous pouvez maintenant vous approvisionner ici sans débourser un centime?

Pas la moindre idée, mais je crois que c’est possible. Monsieur Tanner?

Ernst Tanner opine du chef et ressort tout aussi discrètement. Retour à sa vie privée.

Champagne et chocolat: des ingrédients parfaits pour séduire. Quel a été votre plus grand succès de drague?

Drague? Qu’entendez-vous par là?

Eh bien, quand on fait un compliment à une femme.

Plus besoin. J’ai bien arrangé le coup avec Mirka. Quand je veux lui faire un compliment, je lui dis: «Tu as l’air super! Tu es la meilleure!»

Combien de fois par jour vous brossez-vous les dents?

Au moins trois fois. Brosse électrique.

Du chocolat pour emmagasiner de l’énergie sur le court?

De temps en temps à l’entraînement. Quand je sens que j’ai besoin d’une petite poussée d’énergie, je mange du sucre. Mais pas durant un tournoi.

De la musique avant le match?

Non.

Au fait, écoutez-vous de la musique?

Quand je conduis. Tout ce qui sort de la radio. Sinon de la pop et du rock. Là, je suis complètement ouvert. Je n’utilise jamais d’iPod. Parfois, je mets un CD.

Votre chanson préférée?

Euheuh…

Il n’en a pas! Merveilleusement bizarre. Il ne dit même pas Gavin Rossdale, bien qu’ils soient amis.

Votre pire juron?

J’essaie de ne pas le prononcer. Je ne peux pas en dire un maintenant, ça ne va pas du tout!

Vous avez du plaisir à être numéro un?

Oui, et même beaucoup.

Dans quel autre sport aimeriez vous être numéro un?

En football. J’aimerais être un attaquant pour pouvoir pousser des cris de joie à chaque but marqué. En Suisse, mon équipe préférée est le FC Bâle, sur le plan international je m’attache plutôt aux joueurs: Thierry Henry, Luis Figo, Fabio Cannavaro, ils sont les trois très bien, je les connais personnellement. J’ai aussi déjà rencontré Beckham et Raul.

Le Suisse le plus connu n’a jamais été attiré par le monde branchouille. Cependant, il a des affinités avec quelques people eux aussi numéro un: la femme la plus puissante du monde de la mode, la directrice de «Vogue» Anna Wintour, la reine de la pop Gwen Stefani, le golfeur Tiger Woods.

Faites un compliment à Bâle!

Chère Bâle, j’aime la façon dont tes citoyens sont normaux. Vous êtes une ville détendue, serviable et ouverte au monde. Vous me donnez de bonnes sensations quand je marche dans la ville.

Que doit répondre Bâle?

Rien du tout. Je suis juste heureux de venir de là. Et de pouvoir y jouer. Mon rêve d’enfant s’est réalisé: de ramasseur de balles à triple vainqueur du tournoi. Quand je peux suivre de temps en temps un match du FC Bâle, je suis content.

Traduction et adaptation: Jean-Luc Ingold



Federer et ses garçons d’honneur


Ils s’appellent Yves, Reto, Severin, Marco. Ils sont ses plus proches amis, les seuls qu’il a invités à son mariage. Ils sont les quatre piliers de son équilibre. Ils sont tous dans le tennis mais aucun n’a jamais fait partie de l’élite mondiale.


«Séverin a fait un travail fantastique depuis deux ans»

Séverin Lüthi

Le coach
33 ans
Biennois
Capitaine de l’équipe de Suisse de Coupe Davis
Meilleur classement: 622e (23 octobre 1995)
Gains en tournois: 520 $


Méconnu et sans doute sous-estimé, le capitaine de Coupe Davis est devenu, sans qu’on sache trop comment, un proche de Federer.

Modeste joueur suisse, Séverin Lüthi était considéré comme un tennisman talentueux mais trop «cérébral». Un défaut dont il a fini par faire une qualité mise au service de Roger Federer. Très discret, «fade» selon ceux qui ne lui trouvent pas la carrure d’un capitaine de Coupe Davis, le Biennois a le soutien de Federer et, dans le tennis suisse, c’est tout ce qui compte. «Severin a fait un travail fantastique depuis deux ans», souligne le Bâlois. Mais quel travail? Celui, officiel de capitaine de l’équipe de Coupe Davis? Ou celui, jamais formalisé, de coach du meilleur joueur de l’histoire du tennis? Lüthi reconnaît s’occuper de l’organisation des entraînements, servir de sparring-partner et offrir son regard sur le jeu du Bâlois. Le masque est tombé à l’US Open: Lüthi préféra rester jusqu’au bout à New York (la finale avait été reportée à cause de la pluie) et laissa l’équipe de Coupe Davis seule quelques jours à Gênes.

L’an dernier, il a passé 35 semaines avec Federer sur le circuit. Cela s’appelle du plein-temps. Hors du court, il est un excellent joueur de jass et un garçon fiable et discret. Autant de qualités qui ne peuvent que plaire à Federer. «N’oublions pas que Roger a horreur du changement», souligne le biographe Roger Jaunin. «Lüthi était dans son entourage, il y est resté.»

Lorsqu’on lui demande s’il compte embaucher un coach, Federer répond: «J’ai déjà une super équipe en place. Pourquoi changer?» Severin Lüthi faisait partie des rares privilégiés invités au mariage de Roger et Mirka. Le signe définitif qu’il est désormais quelqu’un qui compte pour le numéro un mondial.




«Yves, la vengeance est un plat qui se mange froid…»

Yves Allegro

Le grand frère
31 ans
Valaisan
Tennisman professionnel (103e mondial en double)
Meilleur classement: 34e en double (4 octobre 2004)
Gains en tournois: 704 130 $


Adolescents, ils partageaient un appartement à Bienne. Aux Jeux olympiques d’Athènes, ils étaient encore dans la même chambre.

«En 2005, je gagne le tournoi d’Auckland en double avec Michael Kohlmann. Je reviens l’année suivante avec Stan Wawrinka et, alors que je suis le tenant du titre, le speaker du stade me présente au public comme «Roger Federer’s best friend». Là, ça m’a fait mal. Mais c’est la seule fois.» Pas facile d’être plus connu pour son amitié avec le numéro un mondial que pour ses propres exploits tennistiques. Yves Allegro a appris à vivre avec depuis le jour où, au tennis-étude d’Ecublens, ses copains et lui, qui avaient tous inscrit «figurer une fois parmi les 100 meilleurs mondiaux» dans la case «objectif » du questionnaire qu’ils remplissaient, regardèrent d’un drôle d’œil le petit caractériel au gros accent bâlois qui avait répondu: «gagner Wimbledon et devenir numéro un mondial».

Yves et Roger partagèrent un appartement au centre national de Bienne, à la demande des parents Federer. S’il est souvent avec Roger, s’il squatte chez lui à Dubai et sert de sparring-partner, le Valaisan mène sa vie. «Je ne lui sacrifie pas ma carrière. Je m’entraîne avec lui seulement si ça m’arrange.» Il avoue s’éloigner un peu «sur les grands tournois, parce qu’il y a trop de monde», mais leur amitié est indéfectible. «C’est quelqu’un sur qui l’on peut compter, il me l’a démontré très souvent.» Comme lorsque, tout frais vainqueur de Wimbledon, il vient à Grône (VS) pour une exhibition dans le club de tennis des Allegro. Et, quand Yves, coton dans le nez et veston blanc, se permet de rire de lui lors de la soirée des joueurs à Monte-Carlo, Federer rigole. Mais prévient: «La vengeance est un plat qui se mange froid…»




«Reto était mon témoin de mariage»

Reto Staubli

Le conseiller
38 ans
Argovien
Banquier
Meilleur classement: 530e mondial (8 juin 1992)
Gains en tournois: 1300 $


Ce banquier à temps partiel suit Roger «pour le fun». Il sert de sparring-partner, règle les détails et fait parfois office de coach.

Avant même ses 15 ans, Roger Federer disputa ses premiers matchs pour le championnat Interclubs avec les Old Boys de Bâle. On a de la peine à le croire aujourd’hui mais, à l’époque, il était très impressionné. «Il y avait dans l’équipe de grands noms comme Patrick Mohr, Sandro della Piana et Reto Staubli», a-t-il raconté dans une newsletter sur son site internet. Staubli avait remporté en 1991 à Coire le titre de champion de Suisse, aux dépens de Marc Walder et en l’absence de Rosset et de Hlasek. «Il était le numéro quatre dans notre équipe, mais il avait une main très sûre et était déterminant dans les moments décisifs. Nous nous sommes tout de suite bien entendus», se souvient encore Federer.

En juin 2002, Roger, éliminé à Wimbledon, débarque à Oberlunkhofen pour encourager son ami Reto qui joue (et perd) la finale des championnats d’Argovie. C’est alors Reto qui commence à suivre Roger. En 2004, il fait office de coach entre le licenciement de Peter Lundgren et l’arrivée de Tony Roche. La veille de la finale de Wimbledon, Federer appelle tardivement un journaliste, qui rédige un article sur Staubli: il veut apporter des précisions pour être sûr que son ami n’aura pas de soucis avec son employeur. Lorsque Roche est débarqué, en mai 2007, Federer reçoit plus de 40 offres d’emploi, mais c’est Reto Staubli qui l’accompagne à Wimbledon, où il emménage avec sa copine dans la maison louée par Roger et Mirka. L’an dernier, on l’a vu à l’US Open et aux Masters de Shanghai. Roger et Mirka étaient invités à son mariage, le 13 septembre 2008 à Majorque. Lorsqu’ils se sont mariés à leur tour, à Pâques, Reto Staubli était le témoin de Roger.




«Je suis émerveillé de voir Marco à ce niveau»

Marco Chiudinelli

L’ami d’enfance
28 ans
Bâlois
Tennisman professionnel (77e mondial)
Meilleur classement: 77e (19 octobre 2009)
Gains en tournois: 660 500 $


Ils ont tout partagé. Sauf les résultats. Mais Federer continue de suivre la carrière de son ami d’enfance, qui décolle enfin.

Vol Genève-Dubaï, février 2007. Marco Chiudinelli est à nos côtés dans l’avion. Lui aussi part voir Federer, mais lui seul aura droit à une voiture envoyée par son copain et logera dans le somptueux 600 m2 du maître dans la marina. Eliminé au premier tour des qualifications, il restera encore plusieurs jours chez son ami, profitant du gîte et d’un partenaire d’entraînement prestigieux. C’est ainsi, discrètement, que Roger Federer aide ses copains.

Originaires tous deux de Münchenstein, ils se rencontrent à 8 ans au TC Old Boys. Coup de foudre immédiat et mutuel. Ils hésitent ensemble entre foot et tennis, partagent les mêmes goûts pour le sport, le jass et le hard rock. A l’entraînement, ils font les 400 coups, crient, chantent, se font virer, se laissent pousser les cheveux. Et puis Roger se calme. Pas Marco. Il mûrit plus tardivement, court après les filles, subit un contrôle antidopage positif et finit par être lâché par Swiss Tennis.

Roger, lui, n’abandonnera jamais Marco. C’était déjà comme ça quand ils avaient 8 ans. «Un jour, on a joué l’un contre l’autre durant la Bambino’s Cup, à Arlesheim, raconte Chiudinelli dans le livre de René Stauffer. Roger mène rapidement au score; je me mets à pleurer. Il fait vite le tour du court. Et vient me consoler: «Ne t’en fais pas, tu n’as pas encore perdu, accroche-toi.» Effectivement, je remonte, et là, c’est lui qui se met à pleurer et moi qui vais le consoler.» Aujourd’hui, Roger n’a plus besoin de consoler son ami. Après des mois de galère, Marco Chiudinelli a réalisé la plus grosse progression de l’année: + 700 places et une entrée dans le top 100.




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Tags: Roger Federer, Mirka, Bâle, tennis, bébés Aller en haut de page Haut de page

 

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