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Coup d’envoi d’une somptueuse série de rééditions anniversaires:
sortie d’un album studio largement inédit de Jimi Hendrix, mort il y a
quarante ans mais toujours bien vivant auprès des mélomanes.«Je
ne suis pas sûr que j’atteindrai 28 ans. Je veux dire qu’au moment où,
musicalement, je sentirai que je n’ai plus rien à donner, je ne serai
plus de ce monde.» Le 18 septembre 1970, lorsque Jimi Hendrix est
retrouvé mort – sans doute victime d’un mélange d’alcool et de
barbituriques – dans sa chambre d’hôtel londonienne, il n’a que 27 ans
et seulement trois albums studio à son actif. Depuis, sa
discographie s’est enrichie de plusieurs centaines (oui, centaines!) de
disques plus ou moins soignés, plus ou moins officiels et qui
exploitent les kilomètres de bandes, concerts, démos, jam-sessions que
le Voo-doo Child avait laissés derrière lui. Le morceau Valleys
of Neptune, qui donne son titre à ce nouveau disque, fait partie des
pépites les plus recherchées par les collectionneurs. Souvent remis sur
l’ouvrage et finalement achevé quatre mois avant sa mort, le morceau,
d’une sophistication psychédélique ébouriffante, avait peut-être trouvé
alors sa pleine dimension. Le reste n’est pas mal non plus. Comme cet
étrange Lullaby for the Summer, exercice de fusion-jazz auquel se
serait tôt ou tard essayé le guitariste. Ou cette version instrumentale
du Sunshine of Your Love, un des hits live de Hendrix composé par
Clapton pour Cream. Ou pour ne pas oublier que le plus grand
révolutionnaire de la guitare était d’abord un pauvre gamin battu de
Seattle et que tout avait commencé par un blues: un Red House de huit
minutes vingt avec un Noel Redding déchaîné sur sa basse – il ne jouait
pas sur la version originale. Ajoutée en prime une version
impeccablement restaurée de Lover Man (enregistré à Londres en 1969),
une reprise du Bleeding Heart du bluesman Ellmore Leonard et une
version de Fire beaucoup plus près de l’os que celle figurant sur Are
You Experienced. Cet album de légende, le premier, sorti en 1967, ainsi
que les trois suivants bénéficieront à leur tour d’une réédition aux
petits soins. Jamie Hendrix, la sœur du guitariste, veille désormais
sur le précieux patrimoine et a signé un grand contrat avec un label
qui s’y connaît en matière de légende: Sony Legacy, connu notamment
pour avoir remis en selle Johnny Cash grâce à ces American Recordings. Prévues
pour durer toute l’année, les festivités anniversaires atteindront leur
comble en septembre et la sortie annoncée après Guitar Heroes et
Beatles Heroes d’un jeu Hendrix Heroes. A essayer d’imiter le
guitariste galactique, les jeunes générations devraient rapidement
succomber à ces déflagrations électriques. J.-B.B.
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