LA BONNE FÉE DE LA RANDONNÉE
La montagne, ses écosystèmes, sa faune, sa flore gagnent à être (re)découverts sous la conduite d’un accompagnateur en moyenne montagne. La Genevoise BARBARA FETZ en a fait son deuxième métier. Récit d’une reconversion pas si simple.

Par Philippe Clot - Mis en ligne le 15.09.2010

L’année passée encore, Barbara Fetz était coordinatrice de projets dans une grande entreprise genevoise. Elle est aujourd’hui accompagnatrice en moyenne montagne. Il y a dix ans, cette universitaire de 42 ans ressent le besoin de réorienter sa carrière en se rapprochant de sa passion pour la montagne. Une solution s’était présentée dès 1995, avec la création du diplôme d’accompagnateur/ accompagnatrice en moyenne montagne. Tout en continuant à travailler à plein temps, cette femme volontaire suit donc les 80 jours de cours répartis sur deux ans à Saint-Jean, dans le val d’Anniviers. Une fois son diplôme en poche, elle réduit son temps de travail à 60% et commence à se faire une clientèle de randonneurs avec sa petite entreprise, Grandeur Nature. «Le retour à la nature et à la simplicité nous ammène de plus en plus de gens. Et, pour mieux les fidéliser, je renouvelle chaque année mes offres de randonnées. Entre le Jura et les Alpes, c’est inépuisable.»

«Mon job s’arrête là où celui des guides de haute montagne commence, c’est-à-dire dès qu’il faut enfiler un baudrier, sortir un piolet ou chausser des skis de peau de phoque.»

En hiver, les randonnées se font à raquettes. «Mon métier permet à des gens pas ou peu montagnards de découvrir cet environnement en sécurité.

PLUS-VALUE INFORMATIVE

Des randonneurs avertis font aussi appel à mes services pour se décharger de l’organisation.» Et un accompagnateur apporte une plus-value informative: flore, faune, écologie, géologie, patrimoine, économie pastorale… Il rend visible et compréhensible un environnement qui, sans lui, se limiterait à la beauté des paysages.

A la fin de l’année passée, Barbara Fetz fait le grand saut en démissionnant de son job principal, se met à son compte à 100% et déménage à Charmey (FR), une station idéalement située pour son activité. Elle ne regrette rien mais va rectifier le tir: «On ne peut pas sortir un salaire correct. Et ce n’est pas assez valorisant à mon goût de rester dans le même milieuet de passer tous mes week-ends à travailler. Je n’ai plus de vie privée. Il y a aussi le stress des conditions météorologiques.»

L’indépendante cherche un job salarié à temps partiel pour rééquilibrer sa vie entre ce job «où on donne beaucoup de soimême» et «un emploi assurant un peu de sécurité».

Le métier d’accompagnateur de moyenne montagne sera reconnu au niveau fédéral et rebaptisé «accompagnateur de randonnée». La formation coûte 12 000 francs. Les qualités nécessaires? «Connaître la montagne; avoir une bonne condition physique; être dynamique et hyperorganisé; être ouvert aux autres.»

Site de Barbara Fetz: www.grandeurnature.ch Sites d’information sur la formation: www.accompagnateurs.ch et www.randonnee.ch