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«Nous qui sommes ici devenons presque complices de cette véritable
traite des hommes», note l’infirmière Friedel Bohny-Reiter dans son
journal en 1941. Employée au Secours aux enfants alors dépendant de la
Croix-Rouge, la jeune infirmière bâloise a œuvré entre 1941 et 1942 au
camp de Rivesaltes, tout proche de Perpignan. Découvrant les bâtiments
en ruine mais toujours visibles et qui font aujourd’hui partie d’un
camp militaire, la cinéaste lausannoise Jacqueline Veuve a imaginé
raconter l’histoire largement méconnue de ce lieu. Une sorte de Drancy,
mais installé en zone libre, un centre de détention dans lequel furent
regroupés des populations juives, tsiganes, espagnoles, avant d’être
déportées à Auschwitz… Le journal de l’infirmière – même s’il n’était
pas destiné à la publication – tient lieu de fil rouge à ce passionnant
travail de mémoire. J.-B.B.
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