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Julie pose tout en haut de l’affiche
Sept semaines après avoir donné naissance à son premier enfant, à 25 ans, la top-modèle genevoise décroche la timbale en posant pour la cultissime édition maillots de bain du magazine américain «Sports Illustrated». Une première pour une Suissesse!

Par Blaise Calame - Mis en ligne le 16.02.2010
Des yeux de chatte, un corps à damner un saint, le genre de jambes qu’on aimerait prendre à son cou: Julie Ordon est bien la Suissesse la plus courtisée sur la planète mode. En apparaissant parmi «les plus belles filles du monde» dans la célébrissime édition maillots de bain du fameux magazine américain Sports Illustrated (lire encadré), la top-modèle genevoise va encore faire des jalouses! La naissance de Mathilda, son premier enfant, il y a six mois à Genève, aurait pu lui coûter sa carrière, à 25 ans. Elle lui a au contraire donné un coup de fouet!

Egérie de Biotherm, de Chanel (Rouge Allure) en Europe, exposée à la une de Playboy, édition française, en décembre 2007, la pétillante Genevoise fait désormais fantasmer l’Amérique entière. Elle-même n’en revient pas. «Pour un modèle, ce numéro de Sports Illustrated, c’est énorme!» confie-t-elle dans la limousine venue la chercher au Mirage, célèbre casino de Las Vegas, après une séance de dédicace.

Sous escorte policière

La veille encore, Julie était à New York – où elle travaille et partage sa vie avec son ami, le producteur français David Mimran, 42 ans, et leur fillette Mathilda, âgée de 6 mois –, pour le lancement officiel du nouveau Sports Illustrated. «A l’issue de la party, on nous a toutes emmenées en autocar à l’aéroport, sous escorte policière, raconte la Genevoise. Un avion, spécialement affrété par Sports Illustrated nous a conduites à Las Vegas où nous sommes arrivées à 2 heures du matin et, à 8 heures, nous enchaînions avec une journée promotionnelle.» Jamais une Suissesse n’avait connu pareil honneur.

«Je ne poserai plus seins nus, par égard pour ma fille»
Julie Ordon

L’intérêt des éditeurs de Sports Illustrated pour la Genevoise date de près d’un an déjà. «Au moment du casting, j’étais enceinte, se souvient-elle, et la séance photo devait en principe avoir lieu au mois d’août, quand justement je devais accoucher... Malgré leur intérêt, j’ai donc dû renoncer. Je pensais que c’était mort et qu’ils choisiraient quelqu’un d’autre, parce que, franchement, les filles canon, ce n’est pas ce qui manque!» Mais non. Julie est appelée. Elle est enceinte de sept mois. «Je marchais comme un canard! souligne- t-elle en riant. On m’a demandé si je pourrais poser un mois après l’accouchement et j’ai accepté. Je ne pouvais rêver meilleure motivation pour retrouver ma silhouette.»

14 kilos à perdre!

Lorsque le 9 août 2009, à 19 h 45, Julie Ordon donne naissance à sa fille Mathilda, un bébé taille mannequin de 51,5 cm pour 3,950 kg, à Genève, elle n’ignore pas qu’elle va devoir fondre de 14 kilos! «Le médecin m’avait dit de ne pas faire de sport pendant huit semaines, le temps que mon corps récupère de l’accouchement naturel, mais, moi, je me devais d’être présentable pour mon premier boulot, sept semaines plus tard… Au bout de six semaines, j’ai repris doucement: cardio, vélo, sans pouvoir faire de régime, parce que j’allaitais.»

Sept semaines exactement après l’accouchement, parfaitement affûtée, Julie Ordon rejoint le photographe Riccardo Tinelli en Inde, près de Jaipur. Le coin est aride et brûlant. Julie en bave: «Le deuxième jour, j’ai été malade. J’avais de la fièvre, mal au ventre, mais j’étais là pour Sports Illustrated… Je me suis forcée à sortir du lit! Je me souviens qu’à un moment j’étais sur un chameau. J’avais le visage en sueur à cause de la fièvre et je me répétais: «Courage, courage!» J’ai tenu bon.»

«Travailler avec un cobra, c’était trop cool!»
Julie Ordon

Focalisée sur l’objectif, la Suissesse se distingue par son professionnalisme. Elle ne flanche ni sous le soleil de plomb ni plus tard lorsqu’elle doit poser avec un cobra. «Je fais rarement ce genre de photo, avec des animaux exotiques, mais, ça, c’était vraiment trop cool!» Désarmante Julie Ordon, dont la beauté s’exprime pleinement sur les clichés signés Riccardo Tinelli.

Julie a gagné son pari. Jeune maman, elle a su rebondir. «J’ai très peu travaillé pendant ma grossesse, confie-t-elle, et j’étais impatiente de reprendre. Il faut dire que je ne suis pas quelqu’un qui peut rester chez soi à ne rien faire. J’adore m’occuper de Mathilda, c’est ma principale occupation, mais j’ai aussi besoin d’exercer mon métier de modèle. Là, je suis trop contente!» La Genevoise admet volontiers avoir eu peur: «Quand un client demande à travailler avec tel mannequin et qu’il apprend qu’elle a eu un bébé, il pense parfois qu’elle a pris 20 kilos! Cette série pour Sports Illustrated rassurera tout le monde sur mon état de forme. C’est très important.»

Poser pour l’édition maillots de bain de Sports Illustrated n’est pas forcément très bien payé, précise Julie Ordon sans articuler le moindre chiffre, «mais c’est un job de prestige». «Tout est filmé, du making of des séances photo en Inde aux interviews à Las Vegas, puis diffusé en boucle sur des chaînes télé people aux Etats-Unis. C’est vraiment énorme», insiste la Suissesse.

A Las Vegas, entourée des autres filles de ce numéro collector de Sports Illustrated, Julie Ordon est aux anges. Il ne lui manque que Mathilda, restée avec son père, à New York. Julie, qui allaite toujours sa fillette, a dû s’organiser. «C’est un peu galère, reconnaîtelle, mais ici, parmi les filles, c’est vraiment le grand sujet de discussion. Elles sont toutes fières de moi.»

Un déchirement

S’envoler sans sa fille a été un vrai déchirement. «C’est vrai, j’ai pleuré, avoue-t-elle, et ça a ruiné mon maquillage. Heureusement, David m’envoie des tas de photos, et puis il y a la webcam.» Julie a beaucoup mûri depuis la naissance de son enfant. Elle a aussi pas mal réfléchi sur son propre rapport à l’image. «Même si j’ai toujours autant de plaisir à travailler, il y a certaines choses que je ne veux plus faire, comme poser seins nus, explique-t-elle. Je n’aimerais pas que cela puisse nuire ou embarrasser ma fille plus tard, à l’école.»

Que ses admirateurs se rassurent tout de suite, Julie Ordon n’a pas l’intention de se métamorphoser tout de suite en mère au foyer. En plus du numéro de février de Sports Illustrated, la Genevoise pose cette semaine en couverture du magazine français Marie-Claire et elle vient de tourner dans un film intitulé Henry’s Crime au côté du séduisant Keanu Reeves et de l’increvable James Caan, héros de la série télé Las Vegas, diffusée en Suisse sur TMC.

De passage dans la ville du jeu, la belle Julie a-t-elle rêvé que son compagnon, David Mimran, ne la rejoigne pour un mariage express et rock’n’roll, avec prêtre déguisé en Elvis Presley et bague tête de mort? Dans un ultime éclat de rire, la belle s’en défend: «Le jour venu, j’espère bien avoir droit à quelque chose de plus romantique.»




Un phénomène de l’édition

Créé pour meubler la pause hivernale, le spécial maillots de bain de «Sports Illustrated» bat des records.

En 1964, le magazine Sports Illustrated lance Swimsuit Issue, un numéro spécial consacré aux maillots de bain. Maillots de bain = nage, nage = sport. Le lien est aussi ténu qu’un bikini, mais, en offrant une fois l’an la possibilité à l’amateur de sport de se rincer l’œil sans honte - «Ben quoi, chérie, c’est mon magazine de sport, comme chaque semaine…» -, l’hebdomadaire a créé un phénomène de l’édition.

Au fil des ans, le Swimsuit Issue est devenu un best-seller qui fait exploser les ventes et les recettes publicitaires. Tiré à 4,5 millions d’exemplaires (contre 3 millions le reste de l’année), il est lu par 66 millions d’Américains. Comme les photos sont superbes et que les maillots existent vraiment, le numéro compte 35% de lectrices et a une durée de vie plus longue que la normale: deux mois. L’an dernier, il a rapporté 45 millions de francs de recettes publicitaires.

L’Australienne Elle McPherson a fait cinq fois la couverture. L’Américaine Kathy Ireland posa treize années consécutivement et décrocha la couverture de l’édition du 25e anniversaire, la plus vendue à ce jour. En 1997, Steffi Graf fut la première sportive invitée. L’édition de 1978 montra pour la première fois des seins nus et provoqua le record de lettres et de désabonnements: 340. Il est possible de souscrire un abonnement comprenant tous les numéros, sauf celui-là.




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Tags: Julie Ordon, top-modèle, «Sports Illustrated» Aller en haut de page Haut de page

 

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