Par
Michel Jeanneret - Mis en ligne le 25.01.2011
Elle s’appelait Lalita. Le 17 janvier dernier, elle a décidé de mettre un terme à sa vie, commettant l’irréparable depuis la fenêtre de sa chambre située au cinquième étage d’un immeuble de la banlieue lyonnaise. L’histoire de Lalita sort toutefois du lot des faits divers que l’actualité draine quotidiennement. Parce que Lalita n’avait que 9 ans. Et parce que le suicide d’un être aussi jeune rappelle avec une folle brutalité à tous les parents que leur vœu le plus cher, protéger leurs enfants, est un projet aussi fragile que le fil qui nous rattache à l’existence.
Comment peut-on souffrir à en mourir lorsque l’on a que 9 ans? Quelle conscience de la vie a-t-on à cet âge-là, pour estimer n’avoir plus d’autre choix que celui de l’abréger? Pourquoi Lalita s’est-elle donné la mort? Derrière le geste de cette fillette se cache un lot de questions aussi douloureuses qu’insolubles. Dans le récit qu’il consacre à la jeune fille, «L’illustré» n’entend pas donner de réponse à ce qui est, comme dans chaque cas de suicide, l’interaction complexe de nombreux facteurs, suivis d’un élément déclencheur. S’il est un enseignement, un seul, que nous pouvons retenir de ce tragique événement, c’est que ce genre d’acte funeste, si exceptionnel soit-il, est une réalité susceptible de toucher chaque famille. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le père de la jeune Lyonnaise a accepté de recevoir nos journalistes. Afin, dit-il, «d’interpeller tous les parents».
Reconnaître que cette possibilité existe – le suicide représente la deuxième cause de mortalité chez des enfants devenus ados – constitue le premier pas pour entrer en dialogue et se remettre en question. Prenons-nous la peine d’essayer de les comprendre? Leur demandons-nous vraiment s’ils vont bien? Sommes-nous capables de les entendre? L’écoute n’est sûrement pas une solution à tout, mais il est évident qu’une oreille attentive peut sauver des vies. Sur un plan familial, bien évidemment, mais également avec l’aide de personnes formées pour trouver les mots justes, comme le relève Didier Burkhlater (lire son interview). Le conseiller fédéral milite au sein de Pro Juventute, afin de soutenir des services tels que le 147, la ligne téléphonique à disposition des jeunes en souffrance. Une souffrance qui nous désarçonne tellement que la tentation est grande de la passer sous silence.